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Actualités : MoneyWeek
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Fin d'été, début de bilan |
Quel n'est pas mon étonnement en voyant les titres des journaux : les chiffres du tourisme pour cet été n'ont pas été aussi mauvais que prévus. Pourtant, combien de reportages n'ai-je pas vus à la télévision en août sur ces Français qui se serraient la ceinture en vacances : "avec deux salaires, ce couple qui n'a qu'un enfant ne mange que des pâtes pendant son séjour au bord de la mer", "nous n'irons pas au parc d'attraction cette année, c'est hors de notre budget".
Alors, marasme ou pas pour le secteur du tourisme ?
L'art de la langue de bois Qui a raison ? Depuis le 1er septembre, la bataille des chiffres fait rage sur le bilan touristique de l'été. Dans un coin du ring se trouve Hervé Novelli, secrétaire d'Etat chargé du tourisme et de l'autre côté se tient Protourisme, un cabinet d'étude spécialisé.
Du coté d'Hervé Novelli, l'optimisme est de mise : "Cette saison est tout à fait acceptable, car elle est comparable à la saison 2007 et nous n'avons pas à en rougir". Officiellement, tout va donc bien pour les hébergements touristiques, même si quelques nuances sont à apporter. La fréquentation hôtelière et les locations de meublés ont connu une légère baisse, tandis que la fréquentation des campings est stable et que celle des résidences de vacances s'est améliorée.
Autre son de cloche du côté de Protourisme. Le cabinet évoque une baisse de 3% des nuitées dans les hébergements touristiques en juillet-août. Les Français auraient boudé les hôtels et les résidences de tourisme, les meublés et les villages de vacances. En revanche, quitte à partir, ils ont privilégié la qualité et évité les logements au confort spartiate.
Les échos, du moins de la côte atlantique, victime de la météo, ne sont pas très bons. La Provence-Alpes-Côte d'Azur s'en sort mieux – du moins c'est que dit M. Novelli. Je me souviens pourtant avoir entendu un reportage dans lequel le patron du fameux café Sénéquier à Saint-Tropez déplorait une chute fulgurante du nombre de clients. Je ne doute cependant pas que nombre de vacanciers aient fui la grisaille des bords de l'Atlantique pour trouver le soleil méditerranéen.
Au plus proche de la réalité, les offices du tourisme ne se font pas non plus l'écho de l'optimisme de M. Novelli. Odit France a mené une enquête auprès de ces offices qui démontre que "l'année 2008 est celle qui est, de 2003 à 2008, la moins souvent citée comme meilleure année touristique". 2007 est avant dernier.
Reconnaissons tout de même un certain mérite au secrétaire d'Etat au tourisme : il veut améliorer les performances du secteur touristique : "Si nous ne faisons rien, nous sommes menacés. L'Espagne est passée devant (la France) en terme de recettes touristiques étrangères".
Nous aurions plutôt tendance à faire confiance à l'analyse de Protourisme. J'imagine que Denis Sarget, l'expert en petites capitalisations de MoneyWeek, partagerait mon avis. Alors qu'un autre journal financier recommandait à l'achat Pierre et Vacances – spécialiste des villages de vacances –, il conseillait de l'éviter. "L'activité de l'entreprise est (...) particulièrement saisonnière et dépend largement de la situation touristique de l'été" écrivait Denis Sarget à la fin du moins d'août. De plus, le groupe fait face à un nouveau problème : le départ surprise de son directeur général, Eric Debry.
Compagnies aériennes : la valse des pertes Lorsque le prix du pétrole avait commencé à baisser, les cours des compagnies aériennes s'étaient envolés. Nous vous avions prévenu de ne pas céder à l'emballement car le secteur reste soumis à de nombreuses contraintes et ne va pas connaître un retournement si subit. Une vision confirmée par la dernière annonce faite par l'Association internationale du transport aérien.
Elle prévoit en effet que les compagnies subiront des pertes supplémentaires en 2009. Sur la base d'un prix moyen du baril de 113 $, elle estime que les pertes cumulées des compagnies en 2008 seront de 5,2 milliards de dollars puis de 4 milliards en 2009. Les principales victimes : les compagnies américaines qui n'avaient pas su se couvrir contre la hausse du pétrole par des contrats à terme. Contrats qui ont évité trop de casse du côté des compagnies européennes, mais qui, malheureusement, ne sont pas éternels.
Le tourisme et l'aérien sont donc des secteurs à éviter. Avant de vous quitter tout de même, je ne résiste pas à l'envie de vous raconter quelques anecdotes sur les compagnies aériennes. Le meilleur moyen de dépenser le moins de carburant possible est d'avoir un avion léger. Les compagnies sont donc entrées dans une frénésie de "coupe du poids". Chez Air France, les gobelets pèsent désormais 9 grammes au lieu de 14. A raison de 73 millions de passagers par an, cela fait 360 tonnes de moins à transporter. La low cost Air Canada Jazz a moins de scrupules. Elle a gagné en légèreté en supprimant les gilets de sauvetage, qui pèsent 500 grammes. |
Quand la Monnaie de Paris mène l'arnaque |
Depuis lundi, les nostalgiques de monnaie en métal précieux peuvent se jeter sur des pièces de 5 euros en argent, et rongent leur frein pour quelques semaines encore en attendant celles de 15 et 100 euros – cette dernière étant en or. La Monnaie de Paris frappe à nouveau des pièces et il est vrai que faire tourner une pièce ronde et brillante entre ses doigts a toujours été plus agréable que de tenir un billet froissé. Ces pièces sont à destination des collectionneurs, mais nous pourrons tout de même faire nos courses avec en France – et seulement en France. Une légère entorse à la monnaie unique.
Le PDG de la Monnaie de Paris, Christophe Beaux, cite à l'envi les grands-parents qui pourront offrir ces "Euros Or et Argent" à leurs petits-enfants. Et ainsi leur enseigner la valeur de l'argent et de l'épargne. Chers grands-parents, méfiez-vous.
Un système de calcul biaisé La première offre de la Monnaie de Paris consiste en des pièces de 5 et 15 euros en argent et des pièces de 100 euros en or, en attendant, pour 2009, des pièces de 10 et 25 euros en argent et une de 250 euros en or. Puis, en 2010, des pièces de 50 et 500 euros en or. Chaque année, les "Euros Or et Argent" seront réédités avec un millésime différent. De quoi ravir collectionneurs et grands-parents. Et pourtant, s'il est vrai que la valeur sentimentale d'un objet peut être inestimable, ces pièces-là ne valent pas les euros bien ordinaires qu'il faudra débourser pour les acquérir.
Le cours de l'argent et de l'or et la composition des pièces sous les yeux, une calculatrice dans la main, nous avons trouvé que la pièce de 5 euros valait en réalité 1,50 euros d'argent pur. Nous la payons donc 3,33 fois son prix d'argent pur. Celle de 15 euros représente une valeur de 4 euros en argent pur, soit moins de trois fois son prix. C'est encore la pièce de 100 euros en or qui est la plus intéressante : elle équivaut à 60 euros d'or pur. Nous payons donc 1,66 fois l'or qu'elle contient. Quant aux futures pièces de 2009 et 2010, leur poids en métaux précieux n'a pas encore été fixé.
Certes, il faut frapper et distribuer ces pièces. Mais n'est-ce pas payer un peu cher la silhouette de Marianne ?
Les poches trouées des économies occidentales Pourtant, nous comprenons le pouvoir d'attraction de ces pièces en métaux précieux. Il s'agit d'une tradition, disparue à l'apparition de l'euro, avec laquelle certains seront heureux de renouer. Mais surtout, les métaux précieux attirent de plus en plus de monde, même si le dernier repli de l'or a donné quelques sueurs froides aux propriétaires de métal jaune.
L'or sert de refuge face à des monnaies fiduciaires à la dérive. Comme nous vous l'expliquions, ni le dollar ni l'euro ne sont forts, malgré leurs hausses alternées. Aujourd'hui, notre confiance s'est érodée et notre bon sens nous indique que notre argent ne vaut plus grand chose. L'économie mondiale a plongé dans un gouffre dont, n'en déplaise aux optimistes, nous ne connaissons pas encore la profondeur.
Les Etats-Unis se déchargent de leurs dettes sur les épaules du reste du monde et continuent de creuser leur déficit. Celui prévu pour 2009 pulvérise d'ailleurs tous les records : il atteindra 482 milliards de dollars. Le sujet est au coeur de la campagne présidentielle américaine, les candidats étant sans cesse questionnés sur leurs méthodes pour limiter – nous n'oserions dire combler – ce déficit.
Quant aux pays occidentaux, ils n'ont aucune maîtrise de leurs déficits commerciaux et nationaux. Or quand les nations n'ont plus les moyens, elles font chauffer la planche à billets. Aujourd'hui, la masse monétaire en circulation dans nos pays est bien supérieure à la création de richesse. Une équation dont le résultat ne peut être que l'inflation. Des dépréciations de monnaies pourraient certes rééquilibrer la balance.
Personne pourtant n'a envie de voir ses économies dépréciées ou perdre leur valeur sous l'effet de l'inflation. L'or est un rempart contre ces deux problèmes. C'est pourquoi son cours est passé de 250 $ en 2003 à 850 $ en 2007. Soit une augmentation de plus de 35% par an pendant quatre ans. S'il connaît aujourd'hui un repli autour de 800 $, il devrait à nouveau grimper.
Si, en attendant, votre sentimentalisme vous pousse à acheter des "Euros Or et Argent", rien n'est perdu. Il vous suffit de vous armer de patience. Lorsque l'or aura atteint 1 000 euros l'once et l'argent 30 euros l'once, ces pièces ne seront plus une arnaque. Aujourd'hui, une once d'or, qui pèse 3,1 grammes se négocie 572 euros.
| Pièces Or et Argent |
Poids en métal précieux |
| 5 euros |
10 grammes d'argent |
| 15 euros |
15 grammes d'argent |
| 100 euros |
3,1 grammes d'or |
Le poids des pièces Or et Argent en métaux précieux |
Misez sur les jeux d'argent en ligne |
Moroses, les Français s'en remettent à la chance pour voir grossir leur portefeuille. Ils jouent, grattent, misent et parient à tout va. Le secteur des jeux d'argent se porte très bien.
Au niveau mondial, le produit brut des jeux, soit la somme misée par les joueurs défalquée de leurs gains, a dépassé 244 Mds€ en 2007 selon le rapport de Global Betting and Gaming Consultants. Il progresse vite. Dans l'Hexagone, la croissance annuelle du secteur est de 5% depuis 1998.
Avec la légalisation des paris sportifs et des jeux de casino en ligne prévue courant 2009, tout va s'accélérer. D'ici à 2012, les analystes prévoient une explosion des jeux en ligne : + 123 %. Légaux ou non, les jeux en ligne existent…
Déjà, la mission sur l'ouverture du marché des jeux d'argent et de hasard conduite par Bruno Durieux, inspecteur général des finances, estime que "75% du produit brut des jeux d'argent en ligne seraient réalisés par des opérateurs non autorisés en France".
Il faut dire que les 28,5 millions de joueurs français n'ont pas forcément conscience de mener une activité illégale en allant jouer au poker sur un site comme celui d'unibet.com ou PartyGaming. Tout comme la Française des jeux ou le PMU, ils sont accessibles en un clic de souris, leur contenu est traduit en français…
Mieux, ils sont cotés.
Les acteurs traditionnels furieux Une situation qui agace les groupes de casinos français comme Partouche, Barrière, Joa Casinos ou Tranchant, interdits d'Internet pour l'instant. Leur activité en est bien évidemment pénalisée. Sur les neuf analystes financiers qui suivent le groupe Partouche(PAR, Paris), dont près de 30% du capital est coté à la Bourse de Paris, sept recommandent de vendre ou d'alléger son portefeuille des titres du groupe.
A l'inverse, ces spécialistes préconisent l'achat de la plupart des titres de groupes de jeux en ligne : Unibet (UNIB, Stockholm), Bwin (BWIN, Vienne) et PartyGaming (PRTY, Londres). Ce dernier, créé en 1997, propose des jeux de roulette, du craps, des machines à sous, mais aussi du poker ou du bingo, il semble d'ailleurs être le mieux orienté pour l'avenir. Hébergé à Gibraltar, cet acteur a le mérite d'être diversifié en termes tant de services proposés que géographiquement.
L'Europe pèse 30% de son chiffre d'affaires, l'Amérique du Nord, 19 % et le reste du monde, 51 %. Ce positionnement le protège des décisions brutales d'états à l'encontre des acteurs des jeux en ligne. Cela a été le cas en 2006.
Les états-Unis ont décidé, en dépit des condamnations de l'Organisation mondiale du commerce, de bloquer les gains de leurs ressortissants jouant en ligne. Pour y parvenir, le Congrès américain a adopté une loi interdisant les transactions bancaires vers les sites de jeux d'argent off shore.
Aux banques de gérer le problème.
Des états en mal de recettes fiscales L'action du gouvernement américain avait porté ses fruits, provoquant un krach dans le secteur. En l'espace de quelques mois, les sites de jeux en ligne cotés en Bourse ont tous vu leur cours s'effondrer : – 57,94% pour PartyGaming à l'époque, – 64,18% pour Sportingbet, – 26,11% pour 888 holdings…
Cette initiative américaine ne s'est pas encore exportée, mais elle pourrait faire des émules. L'Allemagne est à deux doigts de l'appliquer, la France la juge "pertinente", l'Italie et la Suède s'y intéressent. La raison en est simple : ils veulent contrôler un secteur jugé dangereux mais qui rapporte beaucoup d'argent.
En France, les taxes sur les jeux d'argent rapportent près de 5,3 Mds€ à l'état pour qui il est hors de question que l'ouverture des jeux en ligne soit pénalisante. Celle-ci devrait donc être particulièrement encadrée, des licences devraient être vendues, comme c'est le cas pour les casinos physiques. Une des conditions d'obtention prévues est, bien sûr, un hébergement en France.
Mais ce schéma ne saurait exister sans mesure efficace pour lutter contre les sites installés dans les paradis fiscaux ou par des états bienveillants à leur égard. C'est le cas de Malte, qui pourrait accueillir sous peu Gigamédia (GIGM), une société immatriculée à Singapour avec un siège social à Taïwan, des sites hébergés près de Montréal, en proie aujourd'hui à des tracasseries juridiques de la part du Canada.
Certes, le temps que les états harmonisent leurs politiques de contrôle sur le secteur, les groupes de jeux en ligne peuvent avoir de beaux jours devant eux, quitte à déménager. Mais, à long terme, prendre des actions dans leurs affaires paraît hasardeux. D'autant que les acteurs du secteur traditionnel vont se lancer dans l'aventure avec un atout dans leur manche : la notoriété. |
J'aimerais savoir ce que veut dire certificat, mais j'ai honte de poser la question… |
Un certificat est une valeur mobilière cotée en continu. Le certificat se réfère à un sous-jacent, par exemple un contrat à terme sur une matière première, un panier d'actions, ou encore un indice.
Les certificats permettent donc de diversifier ses placements. Mais, contrairement aux valeurs boursières traditionnelles, les certificats ont des durées de vie limitée. Les échéances vont de un à cinq ans.
Une fois arrivé à terme, le contrat est remboursé en fonction du prix du sous-jacent. Avant son terme, le certificat est parfaitement liquide et négociable en continu. Il existe des certificats, dits "turbos", à effets de levier permettant de jouer la hausse ou la baisse et même la stabilité du sous-jacent. Mais attention à la liquidité.
Certains certificats sur les contrats à terme de matière première affichent de très faibles volumes journaliers de transactions. |
Cours du pétrole : Sacré Gustav ! |
"Les cours du pétrole repassent sous les 110 $, malgré la menace de Gustav", tel était l'un des titres d'une page des Echos du mardi 2 septembre. Avant le passage de l'ouragan Gustav, les compagnies pétrolières ont appliqué le "principe de précaution" (traduire : ne rien faire pour ne rien risquer, surtout quand on ne sait rien). Elles s'étaient donc mises au chômage technique depuis dimanche. Bilan : une perte de production de 1,3 million de barils par jour.
Loin de s'enflammer, le pétrole est venu titiller les 105 $. Il est vrai que Gustav a en plus été déclassé, passant de la catégorie 3 à 2 sur une échelle de 5. Eh oui, même les ouragans connaissent des chutes de cours. Bref, Gustav s'est déballonné et le pétrole aussi.
Le lendemain, le Wall Street Journal titre "le reflux du pétrole renforce le dollar". Le quotidien financier américain nous apprend cependant que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (l'OPEP) a le doigt sur la gâchette : "l'OPEP pourrait couper sa production la semaine prochaine si les prix du brut descendaient sous 100 $".
S'ensuivent diverses considérations sur les intérêts de l'OPEP. Trop cher, le pétrole ne se vendra pas, les goinfres réduisant leur consommation. Pas assez cher, l'Arabie Saoudite n'équilibre plus son budget : son point mort se situe à 90 $.
Au fait, quel dollar ? me direz-vous, subtil lecteur. Celui à 1,60 euro ou à 1,45 euro ? Aïe, au milieu de toutes ces flottaisons à la dérive sur leur marée de liquidités, on a un peu le mal de mer. Pour tout compliquer, le Wall Street Journal nous dit que "la montée du yuan vis à vis de l'euro, et non du dollar, est le signe d'un changement". Lequel ? Ce n'est pas très clair. En attendant, la livre sterling sombre aussi. Mais le Brent de la mer du Nord se vend en dollars.
La vérité, c'est que la clairvoyance se fait rare, en ces temps troublés. On ne lit plus grand-chose sur les histoires d'offre et de demande. Et pourtant, à MoneyWeek, il nous semble qu'à long terme, c'est bien là ce qui fait les prix. Le reste n'est que turbulence anecdotique. En ce qui concerne ces lois de l'offre et de la demande, il ne nous semble pas que tout ce que nous écrivons depuis des années soit subitement devenu faux au motif que : - les Jeux olympiques sont terminés ; - les 4x4 se vendent moins bien.
Les autruches, la tête dans les sables pétrolifères Dans le nord du Canada, des forêts sont rasées, un désastre écologique s'étend pour pouvoir exploiter les fameux sables bitumineux. Ces sables pétrolifères ne sont rentables qu'à partir de 60 $ le baril (prix qui date du temps du dollar à 1,35 euro). Les Canadiens sont des gens pragmatiques et écologiques. Ils ne saccageraient pas de vastes territoires de leur beau pays pour de simples soubresauts de marché.
Mais, sur le court terme, les cours du pétrole bénéficient d'une aide inattendue pour baisser : la faillite du fonds Ospraie, spécialisé dans les matières premières et pesant trois milliards de dollars. Manque de chance, Lehman Brothers (décidément de tous les mauvais coups) possédait 20% d'intérêts dans ce fonds. Trois milliards de dollars, ce qui fait 30 millions de barils à 100 $, en supposant qu'Ospraie n'ait que des contrats à terme sur le pétrole. Cette faillite va peut-être dissuader les spéculateurs de revenir sur l'or noir, dont le cours pourrait bien se stabiliser autour de 100 $ durant un certain temps. Ce qui fait, rappelons-le, une substantielle augmentation (50%) par rapport à l'année dernière.
Et l'uranium, dans tout ça... Le pétrole cher, en principe, il n'y a rien de mieux pour le nucléaire. Quid de l'uranium, me demandait-on hier soir ? Eh bien, l'uranium est toujours en phase de purge de bulle, pauvre bête. Il se traîne autour de 65 $ la livre. Loin, très loin, des 95 $ de la fin de l'année 2007. Loin, très loin de son sommet de 135 $ la livre atteint en avril 2007. Son cours est totalement inerte face aux turbulences pétrolières. L'uranium affiche un électroencéphalogramme plat. Les bipèdes investisseurs ne s'y intéressent plus.
La bulle de l'uranium est typique de notre époque. Il ne semble pas que le pétrole soit à loger à la même enseigne. L'uranium est abondant et plus facile à extraire que le pétrole. |
Après les JO, la Chine n'attire plus |
L'aubaine des JO n'a pas eu lieu. Si, politiquement et sportivement, ces Jeux sont une totale réussite pour la Chine, économiquement, le bilan est plus mitigé.
La Bourse de Shanghai s'est effondrée cet été, les touristes ne sont pas vraiment venus en masse. La compagnie Air China a annoncé une baisse de son trafic en juillet et les hôtels n'étaient pas pleins au mois d'août. La production industrielle aurait même diminué de 15% en juillet pour limiter la pollution afin de ne pas gêner les athlètes.
La Chine vient de tomber du podium des pays les plus attrayants.
Adidas remballe ses usines Les Jeux olympiques de Pékin se terminent et les Occidentaux quittent la Chine. Adidas, l'un des grands sponsors de ces Jeux, va peut-être partir avec ses usines sous le bras. C'est en tout cas ce qu'a annoncé Herbert Hainer, patron d'Adidas, dans l'hebdomadaire allemand Wirtschaftswoche.
La célèbre marque aux trois bandes estime que les salaires chinois sont trop élevés. Selon Heiner, Adidas, qui produit actuellement la moitié de ses modèles en Chine, préférerait se tourner vers l'ex Indochine ou les pays de l'Est, avec comme préférence le Cambodge et le Laos. "Les salaires, qui sont fixés par le gouvernement, sont progressivement devenus trop élevés", a estimé le dirigeant d'Adidas.
Selon Reuters, le salaire minimum à Shenzen aurait quadruplé entre 1992 et aujourd'hui. Le salarié devient presque un privilégié avec ses 93 € par mois. Il a même de quoi s'acheter une paire des fameuses chaussures qu'il produit. Dans certaines grandes villes, il peut espérer toucher 200 €.
Dans ces conditions, le Vietnam, avec un salaire mensuel moyen aux alentours de 50 €, fait saliver le patron d'Adidas. Mais, Herbert Hainer oublie l'eldorado du Bangladesh ou la moyenne est à 20 €, soit dix fois moins qu'en Chine. Adidas pourrait donc décider de délocaliser une bonne partie de ses 265 usines chinoises vers des zones encore plus attractives. Le P-DG d'Adidas exagère sur l'intérêt d'une délocalisation de la production chinoise vers des pays à main-d'œuvre encore meilleur marché. Un déplacement des usines coûte cher.
Cela dit, le mouvement est bien réel. L'empire du Milieu est de moins en moins attractif, c'est la rançon du succès. La Chine, qui attirait surtout pour son immense quantité de main d'œuvre bon marché, a peut-être trouvé plus forte qu'elle à ce petit jeu. Certes, on trouve de plus en plus d'ouvriers qualifiés attirant des entreprises différentes, mais l'usine du monde va se vider de ses investisseurs.
Comme Adidas, beaucoup d'entreprises cherchant des ouvriers peu ou pas qualifiés préféreront les pays de l'Est ou les plus pauvres des pays asiatiques. Pas question de retourner en Europe ou aux États-Unis (où le déficit commercial vers la Chine a coûté 2,3 millions d'emplois depuis 2001). Tant qu'il y aura moins cher, une relocalisation n'est pas envisagée.
Les entreprises n'ont, en plus, pas intérêt à déserter la Chine totalement car elle va rapidement devenir le plus grand marché du monde. Adidas a cette fois vu juste. La preuve, la marque de sport vient d'ouvrir son plus grand magasin du monde à Pékin (plus de 3 000 m2). Adidas compte sur l'effet JO (qui devrait motiver les sportifs du dimanche chinois) et... sur la hausse des salaires. Ce qui est mauvais pour la production est bon pour les ventes. Plus les Chinois sont payés, plus ils peuvent acheter de baskets. Adidas aurait ainsi accumulé 1,1 Md$ de bénéfices avant impôts en 2007 rien qu'au pays de Mao, soit un boom de 68%.
Selon l'association Play Fair, "la valeur du marché chinois des articles de sport se situerait entre 4,2 et 5,6 Mds$ par an et les analystes prédisent que les dépenses des [...] consommateurs continueront à connaître une croissance à deux chiffres". La Chine a changé de discipline, passant du statut d'"usine du monde" à celui de "plus grand marché mondial". |
Ne négligez plus l'argent pour l'or |
Ah l'argent ! Petit frère terrible de l'or, à la fois indomptable et surtout très capricieux. Beaucoup le fuient, lui préférant son grand frère bien plus posé et "prévisible" ; cet aîné qui ouvre la voie, donne la tendance et en qui on a tellement plus confiance...
Mais ne vous fiez pas aux apparences. Le vilain petit canard pourrait bien se transformer en cygne majestueux et envié de tous...
Une équation simple et fondamentale Vous le savez, la matière première c'est avant tout une équation basique : la confrontation d'une offre, d'une demande et d'un stock. Elle est à la base de toute tendance, c'est elle qui donne le ton.
Après, bien sûr, viennent se greffer bien d'autres éléments -- souvent plus psychologiques, voire spéculatifs -- qui vont en général exacerber la tendance de fond.
Cap sur les fondamentaux ...
La demande sur une tendance franchement haussière Le chiffre vient de tomber. La demande s'est élevée à un peu plus de 911 millions d'onces en 2006 (911, un chiffre mythique...).
Bon, d'accord... c'est un peu moins que les 925 millions d'onces consommées en 2005. Mais rappelez-vous que 2005 a été une année de record absolu. Avant cette date, jamais la demande d'argent n'avait dépassé les 900 millions d'onces.
Au diable la photo argentique Je sais ce que vous allez me dire... Vous avez parlé de l'argent avec votre courtier qui vous a répondu que c'était une très mauvaise idée du fait de l'implosion de l'industrie photo argentique.
Les faits sont là. La demande de ce secteur reflue inexorablement. En 2002 il a absorbé 204 Mio. d'onces d'argent, en 2005 162 Mio. et l'an passé 146 Mio.
Le numérique triomphera, cela ne fait aucun doute. Ce qui ne m'empêchera jamais de me lever à 5h du matin pour photographier Paris en noir et blanc avec mon Hasselblad adoré... Encore un "engin" mythique, quoique plus abordable qu'une 911 ! Mais je m'éparpille...
Ce qu'oublie de vous dire votre courtier, c'est que l'activité photo est loin de représenter l'essentiel de la demande d'argent. Il y a d'autres composantes, qui elles, sont en hausse constante. Et qui font bien plus que neutraliser la baisse de la demande d'agent constatée dans le secteur photo argentique.
70% de la demande est tirée par l'industrie, 30% par la bijouterie joaillerie.
Une tendance lourde Le secteur industriel a de plus en plus besoin d'argent. Là aussi, il s'agit d'une tendance lourde. Regardez plutôt : 335,6 millions d'onces absorbées en 2002, 364 Mio. en 2004, et 430 Mio. l'année dernière !
Les applications industrielles sont de plus en plus nombreuses, y compris dans les hautes technologies (je n'entre pas ici dans le détail). Et l'appétit de la Chine et de l'Inde est gargantuesque.
L'offre est à la peine Voyons un peu la production minière (dite primaire). 646 millions d'onces produites l'an passé. C'est bien. Mais on est très loin des 911 Mio d'onces demandées. Une différence de plus de 250 millions d'onces, ce n'est pas rien. C'est un gouffre...
Heureusement, il y a la production secondaire : le recyclage. Mais là encore, même en ajoutant l'argent recyclé, le compte n'y est pas.
Alors que fait-on pour combler ce trou ? On puise dans les stocks d'argent, allègrement et inlassablement.
L'an dernier, les marchés ont une fois encore puisé dans les stocks à hauteur de 78 Mio. d'onces. Un record depuis 2003.
Mais le stock d'argent n'est pas le tonneau des Danaïdes... Voulez-vous que je vous dise ? On puise ainsi dans les réserves d'argent depuis 1998. Cela fait 17 ans que l'offre ne satisfait plus la demande. Que la production minière est très insuffisante. Que le recyclage suffit de moins en moins.
A ce rythme, les stocks, aussi importants soient-ils, s'épuisent inéluctablement.
En 1996, le stock mondial d'argent s'élevait à 1,2 milliards d'onces. Nous sommes largement passés sous les 500 millions d'onces aujourd'hui.
Aux Etats-Unis, les stocks étatiques d'argent sont déjà vides. Il est loin le temps où les réserves atteignaient 2 milliards d'onces... Et tôt ou tard, les stocks des autres états le seront aussi.
Et que se passera-t-il lorsque les stocks ne seront plus là pour combler le marché structurellement déficitaire ? Que feront les cours à votre avis ? Je vous laisse méditer sur ce splendide feu d'artifice potentiel...
Le marché de l'argent est à long terme porteur. Pour ses fondamentaux, et pour tout un tas d'autres raisons sur lesquelles nous aurons l'occasion de revenir. A commencer par l'évolution prévisible du dollar...
Le vilain petit canard à toutes les chances de devenir le superbe cygne blanc aux yeux fardés de noir...
Source : L'Edito Matières Premières & Devises |
Pétrole et Bourse de l'Amérique latine : perspectives ? |

Depuis 2000, le sort des bourses des pays d'Amérique du Sud suit le cours du pétrole. Lorsque le pétrole baisse, les indices de l'Amérique latine baissent aussi, et inversement.
Pourquoi ce couplage ? Le Brésil, le Mexique et le Venezuela sont des pays producteurs et exportateurs de pétrole et, dans le gratin de la cote de ces pays, on trouve des compagnies pétrolières. Ce qui vaut pour le CAC 40 et Total vaut aussi pour l'Ibovespa et Petrobras.
Plus généralement, l'économie de cette région est tirée par l'exportation des matières premières. Un pétrole cher implique une extraction minière moins rentable. |
Jouer avec les déchets |
Nous rejetons en moyenne six fois notre poids en déchets par an. Imaginez ce que cela représente à l'échelle d'un pays. Imaginez également le nombre d'entreprises qui travaillent ensuite pour traiter ces déchets, cela vous donnera une idée de l'importance de ce secteur, dans lequel un grand nombre d'entreprises sont cotées.
Des montagnes de déchets à traiter... La société Eco-Emballages vient de publier une étude sur le recyclage en France. Pour une fois, nous nous distinguons par nos bons résultats, dépassant les objectifs fixés par l'Union européenne. "Trois millions de tonnes d'emballages ménagers ont été recyclées et réintégrées au cycle de production de nouveaux produits" en 2007. Ce qui fait plus de 61% de nos emballages quotidiens, quand Bruxelles en demande 55%.
Le geste écolo des Français est à souligner, mais finalement, ces 3 millions de tonnes d'emballage recyclés ne sont qu'une colline face à la montagne de nos 849 millions de tonnes de déchets annuels en France. Qu'en faire ?
La question se pose à l'échelle de la planète. Nos émissions de déchets sont proportionnelles à la croissance démographique et économique, avec une nette avance tout de même pour les pays riches. Un Américain produit en moyenne 700 kg de détritus par an, contre 150 kg pour un Indien.
... et donc un marché croissant Si nous ne voulons pas voir la Terre se transformer en une vaste poubelle et sautiller entre les déchets, le traitement de nos rejets est une priorité. En France, le poids des déchets a plus que doublé en 30 ans, passant de 217 kg par habitant et par an en 1975, à 373 en 2000, puis à environ 450 aujourd'hui.
Avant la révolution industrielle, la question ne se posait pas. Dans les campagnes, les détritus passaient encore parfois dans des rigoles sous les fenêtres, mais les principaux déchets étaient organiques et alimentaient le bétail. Ce n'est pas vraiment le cas de nos plastiques, textiles synthétiques ou autres matériaux issus de processus chimiques, qui ne sont pas biodégradables.
Voilà pourquoi le traitement des déchets a peu à peu été rendu obligatoire, notamment au travers de la convention de Bâle, en 1986. Qui ramasse et traite les 2,5 milliards de tonnes de déchets que les humains rejettent par an ?
Une affaire rentable Vous ne pourrez pas miser sur eux. Parmi les champions du traitement des ordures se trouvent les mafieux. Problème : leurs intentions sont souvent troubles. Comme dans le film Gomora, où la mafia napolitaine s'empare du marché des déchets en Italie du sud. Elle fait le tour des municipalités et des sociétés industrielles et remporte des contrats de traitement de déchets dangereux grâce à des coûts imbattables. Et pour cause : le principal investissement qu'elle ait fait est d'avoir acheté une carrière désaffectée dans laquelle elle entrepose les déchets, les recouvrant simplement de gravats. Pire encore, après que les manutentionnaires se soient fait la malle – l'un d'entre eux avait été brûlé par l'acide s'écoulant d'un fut abîmé –, la mafia recrute des enfants des HLM voisins pour effectuer le sale boulot.
Heureusement, il y a aussi d'honnêtes entreprises dans ce secteur, sur lesquelles il est possible de miser. Il existe différents types de déchets et différentes manières de les traiter. Il faut donc chercher les spécialistes de ces différents sous-secteurs.
- La destruction : Nombre de détritus, notamment en France, sont détruits par incinération. L'avantage : cela permet une récupération d'énergie, une donnée appréciable en ces temps de hausse des prix des ressources énergétiques. La vente ou l'utilisation de cette énergie produite par combustion permet de réduire de 20% le prix du traitement des déchets urbains. Jean-Claude Périvier, de la lettre Défis et Profits, rappelle d'ailleurs que la production d'énergie issue de la combustion de déchets équivaudrait à 600 000 barils de pétrole par jour. Ce mode de traitement devrait se développer dans le monde entier, mais plus particulièrement dans les pays émergents, à la traîne dans ce domaine.
- Le recyclage : Le recyclage de matériaux est une activité qui a le vent en poupe. Matières organiques, bois, papiers/cartons, verre, plastique, métaux, batteries, déchets d'équipements électriques et électroniques, textiles... autant de matériaux concernés par ce processus de recyclage. Le marché des matériaux issus de la récupération pèse plus de 600 millions de tonnes, emploie 1,5 million de personnes et représente un chiffre d'affaires de 160 milliards de dollars.
Faites les poubelles Le secteur des déchets est dynamique et devrait être rentable pendant plusieurs années. Les sociétés les plus importantes se trouvent en Europe et aux Etats-Unis. Il commence à s'en développer en Asie, mais évidemment, c'est plus compliqué pour un investisseur français de se lancer sur ces marchés du bout du monde.
En France, les acteurs purs sont rares. La majorité des sociétés sont à la fois dans les déchets, l'environnement et le retraitement des eaux usées.
Ce qui est le cas de Suez Environnement. Ce spécialiste français de l'eau et des déchets a publié ses résultats la semaine dernière. Son chiffre d'affaires est en hausse de 7,5% au premier semestre, mais son résultat net part du groupe a baissé de 14%. Miser sur Suez Environnement est un pari qui se justifie par ses objectifs financiers pour la période 2008-2010. De plus, ses activités dans le domaine des déchets se portent bien, elles ont progressé de 8,5%. Suez Environnement intervient aussi bien en France qu'à l'étranger, dans des pays où les déchets vont constituer sous peu un enjeu majeur. Attention, Suez Environnement n'est tout de même pas une valeur sûre, un investissement "bon père de famille".
Vous pouvez également suivre les conseils de Jean-Claude Périvier et miser, à long terme, sur le FCP Performance Environnement, de la Financière de Champlain, dont près de 40% du portefeuille sont investis dans le traitement des déchets. |
Coup de grisou sur les matières premières |
"Jusqu'où ira la baisse des matières premières", s'interrogeait La Tribune dans sa Une du 20 août. Pas loin, pensons-nous.
Le pétrole, les métaux de base, les produits agricoles : rien n'a échappé au ménage de l'été. Le grand cycle haussier touche-t-il à sa fin, sapé par la dégradation des prévisions sur la croissance économique de l'OCDE ou ne s'agit-il que d'une consolidation de parcours ?
La baisse du pétrole est de 24% depuis son sommet du 11 juillet. Deux raisons principales l'expliquent. D'abord, la Chine s'était constitué des réserves stratégiques avant les Jeux olympiques, un stock tampon dans lequel elle tape actuellement, réduisant ainsi sa demande. Ensuite, elle avait volontairement réduit son activité industrielle dans la zone de Pékin afin d'épargner les poumons des athlètes et touristes peu habitués à un brouillard polluant digne de l'Angleterre de Dickens.
Enfin, la récession frappe la consommation de l'Europe et des États-Unis : les automobilistes y ont levé le pied, calant sur des prix à la pompe amputant leur pouvoir d'achat. Quel est le prix plancher du pétrole ? "60-70 $ le baril est à peu près le prix auquel la récupération du pétrole non conventionnel, comme les sables bitumineux ou l'ultraprofond, se rentabilise", indique notre correspondant britannique James Ferguson. C'est également le prix qui équilibre le budget de l'Arabie Saoudite. Mais Mohammed-Ali Zaini, du Center for Global Energy Studies pense que l'Arabie Saoudite diminuera sa production si le pétrole tombe en dessous de 90 $ le baril. Or le baril était à 60 $ au début de 2007. Donc, même avec un retour provisoire à 90 $, cela fait 50% d'augmentation en deux ans à digérer.
L'offre reste cependant serrée Les produits agricoles aussi ont fortement baissé. L'indice RICI agricole perd 8% depuis le début du mois de juillet. En une seule semaine, les investisseurs ont vendu pour 900 M$ de positions, revenant au niveau d'octobre 2007. "Un climat baissier règne sur les denrées alimentaires, à l'exception des céréales", commentait l'Agefi Suisse le 18 août. Mais les céréales ont rebondi : "La forte demande à l'export a soutenu le blé et le maïs (à Chicago NDLR)", souligne Victor Lespinasse de grainanalyst.com, et ceci, malgré une production mondiale record.
Du côté des métaux de base et du London Metal Exchange, le tableau est uniformément sombre : les cours du cuivre, de l'aluminium, du plomb, du zinc, de l'étain, du nickel sont tous en baisse. Au total, l'indice RICI des métaux perd 10% depuis le début du mois de juillet.
Les métaux précieux ne sont pas mieux lotis et l'or a déçu ses aficionados en descendant sous les 800 $ l'once. C'est sa plus grosse correction en deux ans et demi.
Pourtant, "l'offre de matières premières reste très serrée, et les prix vont continuer à être soutenus par la poursuite de la croissance de la population mondiale et des économies émergentes. Le seul risque... serait des changements politiques majeurs consistant pour les pays les plus peuplés à ralentir leurs dépenses d'infrastructure, scenario que nous persistons à trouver improbable", résume Frank Holmes, président de US Global Investors, qui gère au Texas treize fonds spécialisés.
Cette vision de financier recoupe celle du directeur général de BHP Billiton, le numéro 1 mondial de la mine. Marius Kloppers, commentant les résultats de fin d'année de son groupe, a annoncé que le groupe continuerait à investir. Selon lui, le ralentissement de l'économie chinoise n'aurait rien à voir avec celui des économies occidentales. Enfin, il se félicitait d'une augmentation de ses coûts opérationnels limitée à 4,3%, la moitié de la concurrence. Juste pour rappeler que toute augmentation du pétrole pèse tôt ou tard sur tout le reste. |
Monnaies de singe |
Juste remarque de François Hollande : "Il faut prendre la dimension de la gravité de cette crise, ne pas la sous-estimer". Un credo qui est le nôtre à MoneyWeek.
La solution proposée par le chef de file du Parti socialiste à l'université d'été de La Rochelle est "un nouveau Bretton Woods (pour) coordonner les politiques monétaires et la régulation du système financier".
Bretton Woods est le système monétaire mis en place à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Bâti sur les ruines de l'occident, il consacrait la domination de l'Amérique.
La valse des systèmes financiers En 1944, la suprématie du dollar et de l'économie américaine s'impose au monde. Les deux guerres mondiales ont fait des économies européennes des victimes, la livre sterling n'est plus en mesure de faire figure de référence, d'autant que la guerre a contraint l'Angleterre à lourdement s'endetter. Il convient également de tirer les leçons de la crise de 1929, marquée par un manque de coopération monétaire au niveau mondial et par une course aux dévaluations.
Dans ces conditions, les Britanniques ne peuvent imposer leur point de vue, qui est l'abandon de toute référence à l'or. A l'inverse, les accords de Bretton Woods sont signés, imposant le Gold Exchange Standard. C'est-à-dire que la parité fixe des monnaies est établie par rapport à un étalon, l'or. Mais une seule monnaie est "as good as gold", convertible en or : le dollar. Les Américains possèdent alors les trois quarts des réserves d'or de la planète. Le dollar, dont la convertibilité-or est de 35 $ l'once, devient monnaie internationale.
Peu après pourtant, l'histoire se corse pour le dollar : en 1960, la masse monétaire américaine en circulation dépasse les réserves d'or, entreposées dans le célèbre Fort Knox. A la fin de cette décennie, les Américains connaissent l'inflation, voient leur déficit budgétaire enfler et leur crédibilité minée par la guerre du Vietnam. "La référence à l'or était fictive, et le risque de manoeuvres inamicales de pays comme l'URSS, réel", explique Pierre Bezbakh, maître de conférences à l'université Paris-Dauphine, au Monde.
En 1971, le président Nixon décide de "fermer la fenêtre de l'or" et annule le droit de quiconque de convertir ses dollars en or provenant des réserves américaines. Le système de Bretton Woods est mort. Le dollar est dévalué une première fois, puis une seconde fois en 1973. Le système monétaire international bascule dans le régime de change flottant. Nous y sommes encore aujourd'hui. 1971 marque la naissance de notre système fiduciaire. Il sera officiellement entériné par les accords de la Jamaïque, en 1976.
Le dollar poursuit ensuite sa chute jusqu'à ce que Paul Volcker, à la tête de la Fed sous le règne Reagan, décide de relever les taux d'intérêt : ils sont portés à 20% en 1980. Le dollar passe alors de 5 à 10 francs en cinq ans.
Dans les années 2000, au lendemain de la crise des nouvelles technologies, les Etats-Unis ont encouragé la relance économique par la baisse des taux. Problème : une fois la machine relancée, la Fed a essayé de remonter ses taux, ce qui a déclenché une crise liée au crédit hypothécaire, celle que nous traversons.
Le règne des monnaies fiduciaires Au départ, la monnaie que nous utilisions quotidiennement était un certificat qui prouvait la propriété d'un montant d'or, à l'abri dans le coffre d'un bijoutier. En échange de cet or, les orfèvres établissaient des reconnaissances de dettes portant la mention "je promets de payer le porteur sur demande". Une mention qui figurait encore sur nos billets en francs, mais qui a disparu des euros. A la grande époque du franc, vous pouviez échanger un billet de 50 francs contre l'équivalent de sa valeur en or.
Le problème de la monnaie fiduciaire est qu'elle n'a pas de valeur intrinsèque. Elle est soutenue par la confiance que l'on peut porter à une économie. Elle est soumise aux décisions (manipulations ?) des gouvernements, à l'inflation. Comment constituer ses économies, son épargne avec une monnaie dont la valeur peut se perdre en cours de route ? Surtout quand on sait que la plupart des grands états sont en déficit.
Nous recherchons les meilleurs placements, ceux rémunérés à 4%. Pourtant ces derniers ne nous protègent même pas contre l'inflation, qui est – officiellement – de 4% dans la zone euro, et – officieusement – d'environ 6% en France.
Mieux vaut donc constituer son épargne en or, ou en autres produits concrets, réels, échappant aux variations des monnaies. Car, comme le disait Simone Wapler jeudi dernier, "ni le dollar ni l'euro n'achètent davantage de pétrole. (…) Ces deux monnaies ont baissé, puisqu'elles ont moins de pouvoir d'achat. Elles ne sont donc pas fortes". |
Braderie dans la grande distribution |
Secteur traditionnellement refuge pour les investisseurs dans des cycles économiques difficiles, la grande distribution est aujourd'hui boudée par les financiers. Les valeurs chutent, qu'il s'agisse de Tesco, Marks and Spencer, Casino, Carrefour ou Wal-Mart, que les chiffres d'affaires ou les bénéfices soient à la hausse ou à la baisse. Montrée du doigt par le gouvernement et la population, jugée responsable de la perte de pouvoir d'achat des Français, la grande distribution traverse une mauvaise passe.
En premier lieu, la consommation des ménages est de plus en plus limitée, leurs arbitrages en matière d'achats sont de plus en plus sévères. Pour augmenter leurs recettes, les enseignes sont obligées de travailler leur image-prix. Ce travail de longue haleine, débuté dès 2005, qui commençait à porter ses fruits en 2006, a été mis à mal en 2007-2008 avec la hausse des matières premières agricoles.
Les premiers prix des enseignes, sur lesquels les marges étaient faibles, ont augmenté proportionnellement beaucoup plus que les prix des grandes marques et, surtout, plus que les prix des produits des hard discounters, Aldi, Netto, Lidl. Les clients n'ont pas été dupes, TNS Worldpanel le révèle dans LSA, le hard discount a gagné un point de part de marché sur les six derniers mois.
Ces chiffres qui s'intéressent à la vente de produits alimentaires ne dévoilent pas ce qui se passe dans les hypermarchés pour les autres catégories de produits : textile, bazar, high-tech. Dans ces rayons, la grande distribution généraliste est victime de la concurrence des spécialistes dotés d'un réseau physique, ou tout simplement d'Internet. À titre d'exemple, Leclerc vient d'annoncer la fermeture de Musicetmoi, son activité de disquaire virtuel.
Risques de faillites Enfin, la loi de modernisation de l'économie n'arrange en rien les affaires de la grande distribution. Pour l'assureur-crédit Euler Hermes SFAC, la disparition totale des marges arrière, la réforme de la loi Raffarin et la réduction des délais de paiement aux fournisseurs vont peser sur la rentabilité des grands groupes. "Leurs marges d'exploitation devraient passer en France de 5,5% en 2004, à 4,4% en 2008", estime Annie Girac, conseiller sectoriel. Quant à celles des sociétés exploitant des magasins, elles devraient s'éroder aussi, "de 2,7% en 2004 à 1,8% en 2008", anticipe Frédérique Diavet, expert sur le secteur de la distribution.
Des chiffres à faire frémir plus d'un investisseur. D'autant qu'en 2007 les défaillances de magasins, tous formats confondus, ont progressé de 36%. En 2008, ce sera pis. L'assureur de crédit Euler le dit : "on passera en France de 100 faillites en 2007 à près de 150 en 2008."
Dans un tel contexte, sachant qu'il est impossible de miser sur le hard discount, faute de société cotée, mieux vaut regarder les stratégies des groupes à deux fois avant d'y placer le moindre euro. Et ce, même si les cours des actions vous semblent en promotion. Il faut ainsi surveiller la stratégie menée par les groupes à l'international, notamment dans les pays émergents. C'est là-bas que les perspectives d'amélioration de marges existent. Mais elles dépendent d'une taille critique.
Ensuite, il faut regarder le pouvoir de la marque. Il est d'autant plus fort qu'elle s'applique à différents formats de magasins. Carrefour en a pris conscience : Champion va basculer sous la marque Carrefour Market. Il espère réduire ses coûts de fonctionnement et de marketing, comme Tesco avant lui. |
Le secteur pharmaceutique, un remède pour votre portefeuille ? |
Ca bouge dans le pharmaceutique, signe que le secteur est dynamique et qu'il existe des opportunités à saisir.
Les gros ont bon appétit Au cours de ces dernières semaines, plusieurs géants ont tenté d'acquérir des petits spécialistes des biotechnologies, c'est-à-dire des entreprises fondant leurs recherches et produits sur les progrès de la biologie ou des nouvelles technologies.
Rappel des faits : le mois dernier, Roche essayait de racheter Genentech, entreprise à la pointe dans le domaine des biotechnologies, pour 43,7 milliards de dollars. Une semaine plus tard, Britol-Myers Squibb faisait une offre de 5,2 milliards pour ImClone Systems, spécialiste des vaccins contre le cancer. En France, Sanofi réussissait à racheter Acambis, un fabricant anglais de vaccins, pour 276 millions de livres sterling. Evidemment, de tels projets d'acquisitions ont fait grimper la cote des petites sociétés visées. ImClone Systems a par exemple pris près de 40% en une journée.
D'après les spécialistes du secteur, ce boom des fusions-acquisitions devrait se poursuivre – ce qui encourage à miser sur le secteur des biotechnologies. Pourquoi un tel intérêt de la part des grandes entreprises pour ces petits spécialistes ?
Tout d'abord, les entreprises de biotechnologies sont souvent sous-évaluées. Il est donc possible de les acquérir à un prix raisonnable. D'autre part, les grandes pharmaceutiques sont en quête de nouveaux blockbusters, des médicaments phares leur assurant de forts bénéfices. C'est en effet grâce à ce type de produits qu'une entreprise s'impose face à ses concurrents et amortit la recherche. Or il se trouve que les remèdes dont nous avons besoin au quotidien ont déjà quasiment tous été élaborés. L'enjeu est de trouver des traitements à nos "maladies du siècle" : cancer, sida, Alzheimer... Des traitements que sont le plus à même de concevoir des entreprises spécialisées dans la biotechnologie.
Déjouer la volatilité Il existe de nombreuses petites entreprises biotech cotées. La presse anglo-saxonne se fait l'écho de certaines d'entre elles : en Angleterre, le magazine Shares met en avant Concateno et IS Pharma. The Times recommande ProStrakan.
Nos collègues du MoneyWeek anglais mettent cependant en garde leurs lecteurs : il est risqué de choisir une de ces entreprises et de parier dessus. Dans le secteur, la volatilité est très forte, comme le rappelle le journaliste John Stepek. En février dernier, Prophetics cotait environ 50 pence. Il est ensuite descendu, sans réelle raison, à 27 pence, pour finalement remonter à 56 pence à l'annonce de rumeurs de rachat. Beaucoup de sueurs froides pour 10% de gains.
De plus, si certaines de ces entreprises inventent les blockbusters de demain, ce sera loin d'être le lot de toutes. Selon Andy Smith, directeur du fonds Axa Framlington Biotech : "je vois 400 entreprises par an. Les dirigeants de chacune d'entre elles considèrent qu'ils détiennent un produit à un milliard de dollars. (…) Mais la vérité est que la plupart de ces médicaments échouent".
La sécurité vient des Américains Heureusement, il existe un moyen plus simple de miser sur les biotechnologies, afin de ne pas passer à côté d'un secteur en bonne santé – ils sont suffisamment rares en ce moment. La manière la plus facile de profiter de ce boom est de miser sur un tracker de l'indice Nasdaq Biotechs. Un indice qui est haussier : il a pris près de 11% en un an, alors que le S&P 500 chutait d'environ 10%. En cinq ans, ces bons résultats sont encore plus flagrants : +17%. Ce tracker se nomme iShares NASDAQ Biotechnology Index ETF.
Aux Etats-Unis toujours, il existe un autre ETF sur le secteur des biotechnologies. Il comprend les valeurs de nombreuses entreprises biotech de taille moyenne et se nomme le SPDR S&P Biotechs ETF. |
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