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Actualités : MoneyWeek
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Tous concernés par la guerre du rail |
L'ordre vient de tout là-haut, de Bruxelles : terminé les monopoles, le réseau ferroviaire européen doit être libéralisé en 2010 sur les trajets internationaux, puis en 2017 sur l'intégralité du transport passagers.
Sur le fret, le monopole de notre champion national, la SNCF, a déjà été aboli et la compagnie s'est fait grignoter 10% de ses parts de marché depuis 2006 par veolia, Deutsch Bahn ou encore les trains Colas.
Air France : de l'air au rail Que veolia Transport veuille s'imposer sur le rail français est compréhensible. Le groupe gère déjà des réseaux de transport en Europe, en Amérique du Nord et en Australie. En revanche, pourquoi Air France-KLM tient-il à s'associer à veolia et à pénétrer ce marché sur lequel il n'a pas de savoir-faire ?
Air France établit une stratégie sur le long terme. La hausse du coût du carburant vient mettre à mal les compagnies aériennes. Depuis un an, nombre d'entre elles ont mis la clé sous la porte, sans compter les lignes qui ont fermé faute de passagers. Le rail apporte donc une diversification, au cas où l'aérien se transformerait en voie de garage.
De plus, cette libéralisation offre à Air France-KLM l'occasion de reprendre ce qui lui appartenait. Sur les trajets de moins de trois heures trente, en particulier au départ ou à l'arrivée de Paris, le train a pris l'ascendant sur l'avion. La nouvelle suprématie du rail a même contraint Air France à fermer certaines destinations.
Être présent sur les deux modes de transport lui permettrait également de développer de nouveaux types de correspondance bien pratiques : ses trains en provenance du sud de la France conduiraient directement les passagers à Roissy pour un vol vers l'étranger.
Une association entre la SNCF et Air France avait un temps été évoquée, mais La Vie du rail international a été le premier magazine à révéler que veolia et Air France-KLM travaillaient sur un projet commun depuis quatre ans. En juin dernier, les deux compagnies auraient même signé un "protocole d'accord confidentiel".
L'avantage d'une telle association : la complémentarité. veolia fera rouler les TGv tandis qu'Air France s'occupera de la vente de billets.
Où nous conduiront les TGV Air France-Veolia ? En 2010, les concurrents de la SNCF n'auront le droit d'opérer que sur les lignes reliant la France à l'étranger. Ce qui laissait donc supposer qu'Air France-veolia se concentrerait tout d'abord sur les liaisons entre Paris et Londres ou Amsterdam.
D'après Le Figaro, pourtant, telle n'est pas sa priorité. Le nouveau venu aimerait attaquer directement la SNCF sur ses lignes les plus rentables. Comme ParisMarseille, par exemple, où le rail tient 63% des parts de marché.
Puisque la loi ne les autorisera pas avant 2017 à se concentrer uniquement sur la France, les deux associés auraient trouvé la parade : ouvrir, à la place d'un simple ParisMarseille, un Bruxelles-Vintimille. Prochain trajet dans leur ligne de mire, Paris-Nantes, sur lequel la SNCF détient 96% des parts de marché.
À bord de quels trains monterons-nous ? Les deux "nouveaux" se penchent sur la question, car il faudra que tout le matériel soit prêt à l'usage pour le 1er janvier 2010. Air France se montre très tenté par la dernière création d'Alstom : l'AGv (automotrice à grande vitesse).
Ce TGv nouvelle génération pourrait atteindre 360 km/h en vitesse de pointe. Autre solution, dont la SNCF appréciera toute l'ironie : la location de rames à la SNCF.
Les passagers en sortiront-ils gagnants ? Les vingt mille passagers bloqués à la gare Montparnasse vendredi 5 septembre et les milliers d'autres qui ont patienté dix heures afin de rentrer de leur week-end du 15 août voient sans doute d'un bon oeil l'arrivée de la concurrence.
Il est vrai que les pannes à répétition de la SNCF commencent à plomber les avantages que nous trouvions jusqu'ici au rail. Peut-être que les passagers bénéficieront-ils également de tarifs avantageux, car "le nouvel entrant peut espérer avoir des coûts inférieurs à ceux de la SNCF, en termes d'accords salariaux, de statut du personnel", analyse Émile Quinet, professeur et spécialiste des questions d'économie des transports, dans Libération.
Avant de céder à l'enthousiasme, rappelons-nous tout de même que libéralisation n'est pas toujours synonyme de qualité. Ainsi, si nous nous plaignons des pannes de la SNCF, le service sur les compagnies privées dans les transports peut aussi laisser à désirer. Ceux qui ont déjà pris le métro londonien comprendront. Tout comme ceux qui sont montés dans des trains de l'Angleterre du Nord. Avant de pouvoir y grimper toutefois, encore faut-il comprendre leur tarification opaque. |
Energie : GDF limite les pertes |
La "meilleure" performance française du moment est à mettre à l'actif de GDF (devenu GDF-Suez), qui a tout de même reculé de près de 4% entre le 1er janvier et le 26 août. Le cours du gazier français a pleinement bénéficié de l'effet de fusion avec Suez.
Dans les semaines qui ont précédé l'opération, l'action GDF a grimpé en flèche. Elle marque désormais le pas. Seules deux autres entreprises françaises ont perdu moins de 5%, Vallourec et ArcelorMittal.
Les champions de l'énergie qui "tenaient la baraque" du CAC 40 ont tous lâché durant les trois derniers mois. La flambée des matières premières s'est inversée, et Total n'est plus aussi fringant. En huit mois, l'action du pétrolier français a perdu près de 15%.
Pendant le dernier trimestre, ArcelorMittal, qui surfait jusque-là sur la hausse des prix de l'acier, a sombré de près de 20%.
On pourrait croire que les Allemands s'en sortent mieux. Pas sûr. Les pertes sont souvent très importantes de l'autre côté du Rhin. Le géant Eon a perdu plus de 70% depuis le début de l'année. Le secteur énergétique gaulois a donc pris un net avantage.
Première publication : 06/09/08 |
Au coeur du krach et de la GAF |
L'après-midi du 6 octobre a été une journée de capitulation. Les marchés ont jeté l'éponge. Aucun gérant n'a voulu répondre au téléphone à la rédaction de MoneyWeek.
Les indices boursiers de la planète ont dévissé. Les 700 milliards de dollars de Paulson sont effacés, balayés. Tout le monde pense maintenant qu'ils n'étaient pas suffisants.
La crise actuelle ressemble de plus en plus à celle de 1929. Il s'agit maintenant d'affronter la vérité : après l'éclatement de la bulle de 2001 et le point bas de février 2003, toute la croissance a reposé sur une seule chose : de l'émission monétaire.
Le krach d'aujourd'hui n'est que le dégonflement d'une bulle secondaire, gonflée entre 2001 et 2003, pour éviter un atterrissage trop brutal.
Le problème crucial qui se pose maintenant est qu'il n'existe plus de marge de manoeuvre possible. Tout a déjà été fait entre 2001 et 2003.
La grande apocalypse financière est une réalité Nous voyons une première force à l'oeuvre : celle de la déflation. Les actions et l'immobilier valent aujourd'hui moins cher qu'hier et probablement plus cher que demain. C'est vrai aux Etats-Unis, en Europe et même en Chine.
Nous allons voir une deuxième force à l'oeuvre : l'inflation. Toute cette monnaie créée sans richesse va nous revenir en pleine figure sous forme de matières premières plus coûteuses. Peut-être pas immédiatement car, dans un premier temps, l'activité industrielle et la consommation vont violemment freiner. Mais dans un deuxième temps, lorsque celles-ci auront atteint leur point bas, les prix vont remonter. Tout simplement parce que les producteurs ne voudront pas être lésés en se faisant payer en monnaie de singe.
Une monnaie de singe, c'est la mutation du dollar. Les apprentis sorciers de la finance informatisée ont simplement perdu de vue que la monnaie était la mesure d'un travail.
Pour avoir de l'or en tant que monnaie, il faut creuser, extraire, séparer et fondre le précieux métal. C'est du travail. Même pour les peuplades primitives, chez lesquelles les coquillages sont de la monnaie, les coquillages monétaires sont suffisamment rares. Ainsi, les chercher et les trouver représente un travail. Le pêcheur échange ses poissons contre la monnaie-coquillage. Mais il n'est pas sûr que celui qui choisisse de chercher la monnaie-coquillage ait une journée plus fructueuse que le pêcheur.
Hélas, les Américains ont cru que l'on pouvait impunément fabriquer une monnaie qui ne corresponde à aucun travail. Les Européens ont marché dans cette étrange combine. Et maintenant, il va falloir payer.
Le krach sera aussi pénible que celui de 2001 La période qui s'ouvre sera aussi pénible que les années 2001-2003. Le premier abcès n'a pas été crevé. Il y a surinfection. Le deuxième abcès est bien plus grave.
Vous voulez des chiffres, des données "sérieuses" ? Les voilà.
2001 à 2003 : Les taux d'intérêt américains plongent de 6,5% à 1%. Objectif : "relancer" à la suite du krach. La relance porte sur deux axes : l'immobilier et la consommation des ménages.
Pendant ce temps, Wall Street emballe à tour de bras dans des "produits financiers" des crédits hypothécaires et des crédits à la consommation. L'emballage réduit les risques et les disperse. 1 700 milliards d'actifs papier circulent. Les prêts sont de plus en plus risqués.
Tout le monde est content : l'immobilier monte de 10% à 15% entre 2001 et 2005. Les marchés montent. Les financiers empruntent de l'argent pour avoir des "effets de levier". Tout va bien.
2004 à 2007 : Les taux d'intérêt américains remontent de 1% à 5%. La Fed victorieuse a réussi son atterrissage en douceur ! Grave erreur : les premières défaillances d'emprunteurs arrivent.
2007 à maintenant : Les taux de défaillance atteignent 9%, banques et assureurs font faillite, les marchés s'effondrent. La Fed baisse à nouveau ses taux d'intérêt.
Et demain ? Du chômage, des entreprises qui ne pourront plus faire face à leur endettement, un point bas des marchés qui sera peu ou prou celui de février 2003. PLUS DE RELANCE POSSIBLE, comme en 2001. Pourquoi ? Parce que les taux d'intérêts ont déjà été baissés, pardi !
La traversée du désert sera beaucoup plus longue La traversée du désert commence seulement. Combien de temps durera-t-elle ? Je n'en sais rien. Mais elle devrait durer plus longtemps que la précédente. La tromperie a été encore plus grave. |
Les matières premières prêtes à rebondir |
Le cours des matières premières hésite. La hausse pour prendre en compte l'inflation due à une émission massive de dollars créés à partir de rien ? Ou la baisse car la récession se profile ?
Après une période de piétinement, les matières premières devraient repartir à la hausse.
L'inflation va se propager par effet boomerang. On le constate dès maintenant sur le pétrole qui est vu – tout comme l'or – comme une couverture antidollar. Son cours monte, alors que, pourtant, tout le monde sait que l'activité va reculer.

Par ailleurs, pour surmonter la crise, les Etats-Unis devront réinvestir chez eux dans leurs infrastructures vieillissantes. Les pays émergeants continueront à s'équiper.
À terme, la hausse devrait donc l'emporter. |
Fret maritime : misez sur les armateurs |
Le secteur maritime est cyclique. La phase de croissance que connaît le fret depuis cinq ans succède à un cycle négatif de six ans, débuté en 1997, à la suite de la crise financière asiatique. Le déséquilibre entre l'offre et la demande qui se met en place laisse présager un nouveau basculement dans un cycle négatif.
Seul espoir de l'éviter : "Que les armateurs ne parviennent plus à payer toutes leurs commandes de navires et par conséquent les annulent. La diminution des capitaux disponibles avec la crise rend cette hypothèse possible. Ce mécanisme conduirait à une autorégulation du secteur", explique le président de BRS, Jean-Bernard Raoust.
Nous sommes cependant toujours dans une période exceptionnelle pour le fret. Avant un inversement de tendance, les investisseurs audacieux profiteront de belles opportunités en se concentrant sur un type d'acteur : les armateurs, plus précisément les spécialistes du vrac sec.
Les taux de fret dans le vrac restent pour l'instant très élevés. Pour certains types de navires, le prix de location journalier a été multiplié par trois entre 2006 et 2008. Ainsi, même si la cote perdait 50%, la location de vraquiers resterait rentable.
Et, pour l'instant, la cote des navires d'occasion reflète un marché dynamique : les prix de vente des cargos d'occasion ont doublé, voire triplé, entre 2005 et 2007.
À plus long terme, entre crises financières et hausses du pétrole ou des matières premières, le fret pourrait-il être condamné à se réduire comme peau de chagrin ? "Nous n'aurons plus de bananes", imagine Dan Koeppel dans Forbes. Certains prévoient déjà la fin des produits exotiques, un retour à des productions locales, un repli communautaire.
Pour d'autres, aucun retour en arrière n'est possible. "Le monde va continuer de se spécialiser. Il y aura des pays concentrés sur la production de produits comestibles, d'autres deviendront des centres de technologie, comme l'Europe et les Etats-Unis. Il y aura constamment des échanges entre les lieux de production et les centres de consommation", prédit Jean-Bernard Raoust.
L'essence même du transport maritime ne serait donc pas menacée. |
Tempêtes et naufrages du week-end |
Nos politiques et financiers ont oeuvré tout le week-end pour colmater les brèches d'un système financier qui part à vau-l'eau.
A problème global, l'Europe répond solutions nationales Paulson a enfin son plan. Les responsables américains les plus récalcitrants ont finalement adopté cette "loi de stabilisation économique d'urgence 2008". Que ce texte porte bien son nom ! Urgence : il n'a fallu que quelques heures à la Maison Blanche pour écrire un des programmes économiques les plus importants de son histoire. Et ni une ni deux, à peine voté, le texte a été promulgué. Pas de temps à perdre, argumente George Bush. Car le temps, c'est de l'argent.
"Stabilisation économique". Et oui, en si peu de temps, on peut colmater des brèches, pas changer une tuyauterie rouillée. Le plan Paulson doit permettre au système financier américain de tenir. Il ne faut pas lui en demander plus. Il faut au moins sauver les meubles jusqu'au 4 novembre, jour de l'élection présidentielle. Ensuite, George Bush ne devrait pas être mécontent de se délester du dossier.
En Europe, ce week-end aussi c'était réunion au sommet. Ou plutôt mini réunion. Car l'Europe ne se limite pas à Angela Merkel, Gordon Brown, Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy. Pourtant, ils étaient les seuls conviés à la table. L'Europe politique et économique, unie, parlant d'une seule et même voix, ce n'est pas pour demain.
Pas étonnant que la réunion ait été stérile. Même le quatuor n'est pas parvenu à s'accorder. En Europe, pas de plan Paulson à l'horizon mais un catalogue de solutions nationales : chacun interviendra "selon ses propres méthodes", a insisté Nicolas Sarkozy. Quand on voit à quel point les systèmes financiers sont interdépendants, ce "patriotisme" fait grincer des dents.
Les quatre ont bien défini une philosophie commune : soutien "à la solidité, à la stabilité, et à la liquidité". En langage moins politicien, cela veut dire "ne pas laisser tomber les banques".
Pas de répit pour les sauveteurs L'Allemagne a bien compris le message. Hypo Real Estate a flanché. Tout le week-end, elle s'est creusée les méninges : comment stopper la contagion ? Pas question que"la situation critique d'un établissement bancaire entraîne une crise de tout le système financier", a répondu Angela Merkel. Quelqu'un lui a-t-il expliqué que le système était déjà en crise ? Les banques allemandes ont refusé de mettre au pot pour aider leur consoeur, et ce malgré la garantie de l'Etat. C'est bien la preuve que le système court à sa perte. Tout le monde se regarde en chien de faïence. Et tout le monde se dit "mieux vaut être seul que mal accompagné".
Hypo Real Estate l'a quand même bien mérité. La banque n'a pas dit toute la vérité. Et en ce moment, mieux vaut être transparent. HRE a demandé 35 milliards d'euros. Elle avait besoin du triple. Quand ses sauveteurs ont découvert l'étendue des dégâts, ils sont partis en courant.
Le gouvernement allemand se mord les doigts mais il sera bien obligé de bricoler une solution. C'est HRE qui prête de l'argent au secteur de l'immobilier commercial ainsi que des infrastructures et qui finance en partie les projets publics allemands. Une banqueroute de HRE déstabiliserait trop l'économie outre-Rhin pour que Berlin laisse sombrer le navire. La nuit portant conseil, le gouvernement allemand a revu son enveloppe à la hausse : 50 milliards d'euros seront finalement prêtés à HRE.
Chez Fortis, le week-end a également été agité. Le plan de sauvetage du Benelux a échoué. Les Pays-Bas ont dit "stop" et nationalisé les activités néerlandaises de banque et d'assurance de Fortis. En Belgique et au Luxembourg, le nouveau sauveur s'appelle BNP Paribas. En échange, l'Etat belge va devenir le premier actionnaire de BNP.
Solutions nippones Chez Crédit Agricole, on s'est mis au japonais depuis ce week-end. La banque agricole nippone Norinchukin a fait un chèque de 200 millions d'euros et est désormais actionnaire du Crédit Agricole, même si ce n'est qu'à hauteur de 0,5% du capital. Mais le geste est symbolique. Dans la tempête, on avait presque oublié l'Archipel. On le croyait encore empêtré dans le marasme économique depuis la crise de 1997.
Bigre, le Japon est sorti de sa torpeur. Il a de l'ambition et des moyens. Norinchukin qui rentre au Crédit Agricole ; Nomura qui devient le nouveau propriétaire des activités de Lehman Brothers en Europe, au Moyen-Orient et en Asie-Pacifique ; Mitsubishi UFJ Financial Group qui s'intronise actionnaire de 20% de Morgan Stanley ; Sumitomo Mitsui qui place ses billes dans Barclays et Merril Lynch : le Japon revient dans le jeu. Discrètement mais efficacement. Les banques nippones "ont saisi des opportunités" et "ont mené leur raid à une vitesse que l'on ne connaissait pas de la part des Japonais, grands adeptes au contraire des décisions toujours mûrement réfléchies et des risques évalués à la loupe", écrivait vendredi le correspondant à Tokyo des Echos.
La puissance financière japonaise, assise sur une épargne massive, est donc, aux côtés des fonds souverains chinois et moyen-orientaux, un nouveau joker dans un monde financier qui rebat les cartes. |
Comment passer un ordre de bourse ? |
Vous avez décidé d'acheter une ou des valeurs cotées en Bourse. Il vous faut donc passer à la pratique, c'est-à-dire passer un ordre de Bourse ; peut-être êtes-vous peu familiarisé, voire pas du tout, avec ce type d'opération. Pas de problème, laissez vous guider.
Avant tout, à qui vous adresser ? Il vous faut contacter un intermédiaire habilité, c'est-à-dire à une entreprise d'investissement ou un établissement de crédit (Banques, Caisses d'Épargne, etc.).
Ces intermédiaires agissent dans le cadre d'un monopole pour la fourniture de prestations d'investissement à des tiers. Vous devez donc passer obligatoirement par eux pour investir Bourse. Concrètement, pour un particulier, les banques et les courtiers internet sont les plus adaptés.
Vous n'avez que l'embarras du choix.
Que faut-il indiquer quand on passe un ordre ? Quel que soit le moyen de transmission de votre ordre à votre intermédiaire (lettre, téléphone -- pour lequel il vous sera demandé une confirmation écrite -- fax, minitel ou internet), il y a des indications obligatoires à respecter afin que votre ordre soit valide et exécuté dans la plus grande clarté, sans contestation possible. En voici une liste précise :
- le sens de l'opération, soit un achat, soit une vente
- le nom de la société, ainsi que la nature du titre, caractérisée par le code ISIN. Ce dernier indique le nom, la nature et le marché de cotation de chaque valeur. Cette dernière précision est donc de moins en moins demandée car le code ISIN fournit l'indication reprise en clair à l'écran ou sur le bordereau papier ou informatique.
- le nombre de titres souhaités (achat) ou proposés (vente)
- le règlement, au comptant ou au SRD. Par défaut, l'ordre sera considéré comme passé au comptant, c'est-à-dire payable à l'exécution.
- le type d'ordre, au marché, à cours limité, etc. (voir précédemment)
- le prix, cours demandé pour l'achat ou la vente
- la durée de validité, jour, à date déterminée (avec comme limite, pour les valeurs négociées au comptant, le dernier jour du mois), et à révocation (soit une année civile maximum). Attention : à défaut d'indication, c'est la durée jour qui est retenue.
Exemple :
Nous sommes le 1/09/05 et vous désirez acquérir 100 actions SUEZ au comptant et au prix limite de 22,40 euros, avec comme durée de validité le mois. Vous indiquerez :
Nom = SUEZ Code Isin = FR0000120529 Opération = achat Quantité = 100 Type = cours limité Cours/prix = 22,40 € Marché/règlement = comptant Validité = 31/09/05 |
L'audit de MoneyWeek : Will Smith |
Comment est-il devenu riche ? Will Smith grandit à Philadelphie où il intègre l'une des plus prestigieuses écoles secondaires. Élève brillant, il obtient une bourse pour intégrer le fameux MIT. Mais il préfère se lancer dans une carrière artistique.
Il fonde avec son ami Jeff Townes un groupe de hip-hop qui connaît un gros succès aux Etats-Unis. Ensemble, ils obtiennent un Grammy Award en 1989. Will Smith a 21 ans. Il dilapide son magot (environ 6 M$) : "L'argent coulait à flots et je ne me rendais pas compte de sa valeur. Le fisc me réclamait près de 3 M$ et je n'avais plus que 2 $ en poche."
Comment est-il devenu acteur ? En 1993, Will Smith devient le héros de la série à succès Le Prince de Bel-Air qui lui permet de renflouer ses caisses. Il joue le rôle principal, celui d'un jeune enfant des rues de Philadelphie qui débarque chez son riche oncle de Los Angeles.
Le succès de sa série lui vaut l'un des rôles principaux dans le film Bad Boys en 1995. Le film d'action à gros budget lui permet d'être reconnu à Hollywood et d'empocher la coquette somme de 2 M$.
L'année suivante, il tient l'affiche du blockbuster Independence Day, cachet de 5 M$, la même somme que pour son autre grand succès, Men in Black un an plus tard.
Combien gagne le nouveau roi de Hollywood ? Selon Forbes, Will Smith est l'acteur le mieux payé du monde. Au cours de l'année dernière, il a empoché 80 M$. Il ne tourne plus de film si son cachet n'atteint pas les 20 M$.
Sa carrière musicale se poursuit en solo puisque les bandes originales de ses films lui sont souvent confiées, et qu'elles deviennent des tubes internationaux. Il a écoulé plus de vingt-cinq millions d'albums dans le monde. |
La bombe des hedge funds |
Qui seront les prochains à exploser ? Tous les regards se tournent vers l'industrie des hedge funds. Ces fonds spéculatifs sont peu connus en France, si ce n'est d'un microcosme de professionnels de la finance. Du coup, ils ont mauvaise réputation.
Or, il n'y a pas de fumée sans feu. Est-on en train de découvrir qu'ils méritent cette réputation ? Peut-être.
Tirs de mortiers dans le paysage des hedge funds Le petit monde de la finance bruisse de rumeurs. L'une d'elle porte sur Wyser-Pratte Management Co., illustre inconnu jusqu'à aujourd'hui. Ma recherche sur Internet m'a laissée sur ma faim. Pas de site Internet consultable. J'apprends juste qu'il s'agit d'un fonds d'investissement dans des sociétés européennes sous-évaluées. Son patron est un franco-autrichien né en 1940 à Vichy – cela promettait – naturalisé Américain. L'homme s'est créé une réputation d'investisseur aux dents longues en rachetant des boîtes américaines dans les années 1970 et s'est lancé à la conquête du Vieux Continent dans les années 1990. Récemment, le fonds a pris des participations dans le capital de Valeo, de Maurel & Prom, d'Ingenico, de TUI.
Mais ses affaires ont l'air d'aller beaucoup moins bien, laissent entendre les rumeurs. Des fonds auraient été gelés. Plus moyens d'obtenir une date et une valeur pour retirer son argent.
En France, la société de gestion ADI est sur la sellette. Il s'agit de l'une des principales sociétés de gestion alternative de l'Hexagone. Elle gérait 4,4 milliards d'euros fin août. Combien lui en reste-t-il un mois plus tard ? Sans doute bien moins. ADI a fermé 5 fonds, ce qui représente 10 % de ses encours.
Ce gel s'appelle lock-up dans le jargon. Ceux qui ont mis leurs billes dans ces fonds doivent ronger leurs freins. Ils se précipiteront sans doute dès la réouverture pour récupérer leur argent. Une sortie massive de cash qui ne fera qu'empirer la situation des ces fonds.
Une salve de faillites n'est pas à exclure Ce ne sera sans doute pas une exception dans le paysage des hedge funds. Beaucoup en sont conscients, peu en parlent. Notre confrère, L'Agefi Hebdo, a senti le vent tourner. Il vient de sortir un dossier sur cette « industrie en danger ». Une mine de citations toutes plus anxiogènes les unes que les autres. La palme revient à Ken Heinz, président du Hedge Fund Research Inc : « 350 fonds ont été liquidés au cours du premier semestre 2008, soit une croissance de 15% sur un an. Et à ce rythme, nous anticipons la disparition de 700 fonds pour cette année. »
Cela va faire très mal dans le petit monde de la finance. 700 dépôts de bilan sur quelque 7 652 hedge funds enregistrés fin juin dernier, cela fait un taux de faillite de 10% environ. Même les banques s'en sortent mieux.
Qui plus est, les hedge funds n'auront pas la chance des banques d'être généreusement renfloués voire nationalisés, au motif que leur banqueroute ne risque pas de renverser le système.
Raccourci idiot. Les hedge funds sont de véritables pieuvres : ils ont étendu leurs tentacules dans de nombreuses entreprises. Ils sont devenus un maillon indispensable du financement de l'activité industrielle. Sans ces ressources financières, de nombreuses entreprises risquent d'aller encore plus mal qu'elles ne vont. Pas de quoi rassurer !
Et d'où vient leur argent ? Des retraites des petits ouvriers californiens. Sans rire, les hedge funds sont à l'origine des fonds de pension qui complètent le système anglo-saxon. Bien évidemment, les gérants de hedge ont aussi excellé dans l'invention de produits financiers nébuleux.
L'année dernière, on a découvert que des produits pourris avaient été dispatchés de par le monde, croyant que l'on en réduirait ainsi les vices cachés. Cela a donné la crise des subprime : à trop vouloir se débarrasser du risque, on se l'est repris en pleine tête.
Avec les hedge funds, on risque le même retour de boomerang. On découvre que ces fonds ont aussi des avoirs un peu magouillés mais nul ne sait dire combien et quand ils vont nous exploser à la tête. Il n'y a pas de fumée sans feu. Les hedge funds sont les nouveaux diables. |
Vagues sur eBay : passez sous le radar des taxes |
Vous ou votre entourage aimez vendre et acheter sur eBay. Vos enfants y voient un moyen d'arrondir leur argent de poche, tout en se débarrassant de leurs vieilleries. Votre femme utilise eBay pour renouveler sa garde-robe. Tout le monde est ravi. Mais attention à ne pas devenir accro.
Désormais, les particuliers qui auront touché plus de 2 000 € par mois pendant trois mois consécutifs en vendant leurs biens, seront considérés comme des professionnels du commerce. Leur activité sera donc régie et soumise aux mêmes taxes.
Trahison ? Pas sûr, eBay tente peut-être par là d'apaiser les foudres des sénateurs. Le Club Sénat a, en effet, rendu en juillet un rapport sur "les micro-revenus en provenance d'Internet". Et si, dans votre escarcelle, les sommes se comptent en simple dizaine d'euros, à l'échelle de l'Hexagone, les "rapporteurs" les estiment à plusieurs dizaines de millions d'euros.
Une manne qui échappe à l'impôt, aux taxes diverses et variées.
Les caisses étant vides, allez savoir si la préconisation du Club Sénat de les taxer à hauteur de 13% ne va pas être adoptée. La taxe serait prélevée à la source, au moment de la transaction, pour être sûr que nul n'y échappe. Soyez vigilants. |
Moissons et investissements à court-terme : suivez la météo ! |
Avec la volatilité accrue des marchés financiers agricoles, il est tentant de miser sur le court terme. Comment y parvenir ?
Le certificat ciblé, visant une seule matière, plutôt qu'un panier de valeurs, me semble approprié pour un investissement à six mois. Tant que nous étions dans une phase baissière du dollar, il était important d'opter pour un certificat Quanto, qui neutralise la perte de change sur le dollar, monnaie d'échange sur les matières premières agricoles. Aujourd'hui, dans la mesure où le dollar devrait remonter, il est possible de se passer de ce surcoût.
Sur quelles matières premières faut-il miser et quand ?
Il faut retenir des matières premières agricoles sur lesquelles beaucoup d'informations sont disponibles. Donc, favorisez le soja, le maïs et le blé. Pour se placer, il est important d'attendre les premières estimations des semis (novembre) et la sortie en janvier du rapport du ministère américain de l'Agriculture (USDA).
Il donne une indication précise de l'évolution et de la part des terres agricoles allouées au blé, au maïs et au soja. Ainsi, si beaucoup de maïs est planté, alors les cours devraient avoir tendance à baisser, ceux du blé et du soja à monter. A priori, comme la récolte de blé a été record cet été, il est possible que les agriculteurs américains favorisent le maïs, pour lequel on anticipe une forte demande liée à l'éthanol. Mais il faut attendre la sortie du rapport avant de jouer à la hausse ou à la baisse.
Est-il plus avantageux de miser à la baisse ou à la hausse ?
Quel que soit votre pari, il n'est possible de gagner que si l'on suit de très près la météo aux États-Unis, premier producteur et exportateur mondial. L'USDA publie tous les quinze jours des rapports sur l'évolution des rendements estimés, en fonction de la météo. Si vous sentez que la météo va en contradiction avec votre pari, sortez. Sinon, maintenez votre position pour sortir quelques semaines avant la récolte.
Faut-il se limiter au suivi des données américaines ?
Elles donnent le tempo, mais les cataclysmes dans les autres pays producteurs et exportateurs que sont le Canada, l'Argentine, l'Union européenne, la Russie ou l'Australie sont évidemment à prendre en compte. |
Quel argent ? |
Tout le monde s'inquiète : mon argent est-il en sûreté dans une banque, faut-il le retirer ?
Les gros titres les plus alarmants font les unes des journaux financiers. "Course contre la montre pour éviter le chaos financier" pour Les Echos. "Les banques craquent" pour La Tribune. "L'Irlande se trouve prise dans la crise financière mondiale" pour The Wall Street Journal Europe."La garantie bancaire irlandaise pose la question de l'aide de l'Etat" pour le Financial Times.
La presse grand public est plus prosaïque et terre à terre : que se passe-t-il si ma banque fait faillite ? Faut-il retirer son argent ?
Première question : lorsque ma banque fait faillite, la Fédération bancaire française (FBF) m'indique que mes dépôts d'espèces ou de titres sont couverts jusqu'à concurrence de 70 000 euros par déposant et par établissement. Sachant que tout être censé ne dépose pas tous ses oeufs dans le même panier (précaution valable même pour les mammifères), cela rassure... un peu.
Quand le très rare devient trop fréquent Plus inquiétant, cependant, le Fonds de garantie des dépôts a été créé spécialement pour protéger contre un risque de défaillance "heureusement très rare", nous apprend la documentation de la FBF. Si le "très rare" se multiplie, on est en droit de se demander si la garantie fonctionnera. Dans la pratique ce sera plutôt la nationalisation. Si le bastion du capitalisme que représentent les Etats-Unis y recourent, pourquoi pas l'Europe ?
La deuxième question, "faut-il retirer son argent ?" est stupide. Elle a hélas été posée mardi à la une d'un quotidien économique français que je ne citerai pas par charité. Impossible de retirer son argent, on ne peut pas. En tout cas pas 70 000 euros cash. Tout le monde sait que retirer impulsivement plus de 1 000 euros dans une banque de guichet est une mission impossible. Il faut commander la veille ses coupures et le montant est assez limité. Retirer 70 000 euros vous prendra de 35 à 70 déplacements, soit un mois et demi et de nombreux coups de téléphone. Sans compter que cela vous vaudra l'animosité du caissier et le regard excédé des gens qui font la queue.
La dématérialisation outrancière Motif invoqué par les banques pour les restrictions de coupures : la crainte d'un braquage. Pratiquement, les paiements par carte (plastic money comme disent les anglo saxons) se sont multipliés, diminuant l'usage des espèces. Aujourd'hui, si vous présentez un billet de 500 euros, on vous regarde comme si vous étiez un trafiquant de drogue (attitude réservée au porteur de sexe masculin), une prostituée (attitude réservée au porteur de sexe féminin d'âge ad hoc), ou une mère maquerelle (attitude réservée au porteur de sexe féminin d'âge trop avancé et donc justifiant un poste d'encadrement dans le plus vieux métier du monde).
La dématérialisation de la monnaie conduit à une impasse. Le paiement par carte réduit l'argent à une version numérique dont la traduction concrète n'est qu'un chiffre sur un morceau de papier émis par un système informatique. En supposant que les contraintes de retrait n'existent pas, si tout le monde voulait retirer son argent, il n'y aurait tout simplement pas suffisamment de billets imprimés.
La dématérialisation de la monnaie conduit également les gens à faire n'importe quoi avec une matière qui devrait avant tout correspondre aux fruits d'un travail. C'est ce que semble avoir oublié la sphère financière. Elle s'effondre pour avoir prêté de l'argent sur des espérances de plus values. Ces espérances sont parties en fumée dès que les taux d'intérêt des prêts ont été relevés. Nous sommes au coeur du schéma des crédits subprime : des prêts accordés sur des plus values immobilières latentes à des gens pour qu'ils consomment. Où était le travail dans ce circuit ?
Trop de "dématérialisation" nuit à la "responsabilisation". Trop de calculs de risque et d'assurance contre le risque nuisent au bon sens. |
Automobile : investir économique ou écologique ? |
Faut-il obéir à des principes économiques ou écologiques ? L'investisseur que vous êtes préfère la première solution, mais en tant qu'être humain, la seconde semble plus raisonnable.
À Bruxelles, le même dilemme se pose. L'Union européenne a de grandes ambitions en matière de réduction de gaz à effet de serre (GES). L'industrie automobile a d'autres impératifs, à l'heure où le marché décroche. En août, sur seize pays d'Europe occidentale, quinze ont vu les immatriculations de véhicules neufs reculer, avec des baisses à deux chiffres pour de grands pays comme la France, l'Allemagne, l'Italie ou l'Angleterre. Le seul à tirer son épingle du jeu est le Portugal.
Les constructeurs en guerre Alors, évidemment, la nouvelle réglementation européenne de réduction des émissions de GES pour les véhicules neufs suscite un tollé général chez les constructeurs. Son objectif : les contraindre à fabriquer des véhicules émettant en moyenne moins de 130 g de CO2/km dès 2012 et infliger une pénalité de 20 € par véhicule et par gramme de CO2 supplémentaire.
Les premières critiques sont nationales, car ce système se base sur la taille des véhicules, le seuil de pollution autorisé serait proportionnellement plus bas pour les petites voitures que pour les grosses cylindrées. Le Sénat français avait crié à l'injustice en mai dernier, persuadé que le seuil serait plus favorable aux constructeurs allemands, spécialistes des grosses cylindrées, qu'aux français.
Les constructeurs ont cependant fait taire -- momentanément sans doute -- leurs divergences, pour faire front contre la Commission et le Parlement européen. Leur principal grief face à cette réglementation est son coût. Pour ces industriels, la note de la nouvelle législation se monterait à 11 Mds€ sur quatre ans.
Le Financial Times a publié une étude menée par Crédit Suisse et la société de consulting A.T. Kearney. Cette étude porte sur sept des plus grands constructeurs européens. Elle conclut que ce règlement entraînerait un surcoût de 1 500 € par voiture pour Volkswagen, BMW et Daimler Chrysler, et de 800 à 1 000 € pour les plus petits véhicules, comme ceux de Renault, PSA ou Fiat.
Début septembre, l'attaque des industriels a porté ses fruits, puisque les parlementaires européens leur ont concédé quelques faveurs. Les délais de mise en place de nouveaux taux de pollution sont repoussés à 2015 au lieu de 2012 et les sanctions en cas de non-respect sont allégées.
Conciliant, le Parlement s'est appuyé sur une étude de la fédération européenne Transport et Environnement (T&E) qui prouve que les constructeurs ont déjà fait des progrès en termes de réduction de CO2. En moyenne, les GES émis par les flottes de véhicules neufs vendus par les constructeurs ont été de 158 g/km en 2007, contre 160 g/km en 2006.
Bien évidemment, il existe des conclusions à tirer de cette bataille européenne. Bruxelles a beau aller de reculade en reculade, le respect du protocole de Kyoto lui impose des réductions de GES, qu'elle ne pourra tenir sans le concours des constructeurs automobiles. Leur lobby s'est jusqu'à aujourd'hui montré plus puissant que celui des écologistes, mais la voix de ces derniers porte de plus en plus loin et convainc un nombre croissant de citoyens, attirés par la perspective de consommer moins de carburant et de moins polluer.
Quand bien même les délais de mise en place s'allongent, les constructeurs européens devront à long terme s'adapter aux normes européennes. Sachez que ceux qui ont le plus d'efforts à fournir, donc ceux dont les marges vont le plus souffrir, sont Daimler puis BMW. Les Français sont mieux placés, PSA en tête, suivi de Renault. |
Face au krach mondial |
Je t'aime, je te hais Fin du libéralisme, du capitalisme, nouvelle ère de l'interventionnisme. Que de mots en isme pour essayer de comprendre ce qui se passe en ce moment. La Chambre des représentants a dit non au plan Paulson. La raison : l'Américain moyen, le main street ne veut pas payer pour Wall Street.
Comment nous sommes devenus les Etats-Unis de France, voilà le titre d'un article extrêmement drôle publié dans le Time. Les Américains ont beau ne pas vouloir du plan Paulson, ils restent tout de même favorables à des sauvetages au coup par coup, surtout quand il s'agit d'organismes d'épargne ou d'assurances où leurs économies sont entreposées. Ce qui fait dire à Bill Saporito dans le Time que les Etats-Unis se "francisent".
Je ne peux résister au plaisir de vous traduire quelques morceaux choisis de cet article. Entre envie, clichés et mépris, les relations entre les Etats-Unis et la France n'ont rien perdu de leur passion et les nationalisations continuent d'échauffer les esprits : "Voilà l'état de notre grande république : nous avons nationalisé le système financier, pris le contrôle des banquiers de Wall Street en qui nous n'avons plus confiance. Nous sommes sur le point de quasi nationaliser les compagnies automobiles de Detroit au travers de prêts massifs car elles sont une source de fierté américaine, et trop d'emplois -- et donc de votes -- en dépendent. Notre système social est à sec alors que nous nous dirigeons vers un futur où de trop nombreux retraités seront soutenus par de trop peu nombreux travailleurs. Combien de temps encore avant que nous n'ayons une Sécurité sociale ? Assemblez tout ceci, et l'Amérique qui se dessine est une version caricaturale du pays le plus méprisé par les patriotes pure souche : la France. Avec pour seule différence une nourriture moins bonne.
(…)
Vous savez, les Grenouilles n'ont fait qu'augmenter le dédain qu'elles ressentent pour nous -- dans la mesure où c'était encore possible. Et pourquoi ne le devraient-elles pas ? L'Américain moyen a deux boulots et demi, a deux semaines de vacances et autant de sécurité de l'emploi qu'un trapéziste à un bras. L'administration a prôné "la société de propriété" à l'Amérique : soyez propriétaire de votre maison, de votre compte retraite ; vous n'avez pas de besoin du gouvernement dans vos affaires. Les Américains se sont donc endettés jusqu'à l'os pour acheter des maisons surévaluées (…).
(…)
Nous avons toujours dénigré les Français, des pupilles délicatement nourris par leur Etat providence. Ils travaillent, quoi, 27 heures dans leurs bonnes semaines, ont 19 jours de vacances par mois, font la grève pendant deux jours et sirotent un verre de vin chaque déjeuner -- sauf les 25% de la population qui travaillent pour le gouvernement, qui bénéficient d'une situation encore plus douce. Ils partent à la retraite avant que leurs enfants aient terminé leurs études, et ils n'ont pas à économiser pour payer des frais d'université à 45 000 dollars l'année, parce que l'université est gratuite. Pour tout cela, ils payent 103% d'impôts et leurs lois sociales sont si restrictives qu'ils n'ont pas enregistré de créations nettes d'emplois depuis Napoléon. Il n'y a aucun moyen pour que le gouvernement français puisse payer un tel mode de vie indéfiniment, sauf que bizarrement, il le fait".
Traduire l'intégralité de l'article serait trop long, mais l'auteur revient ensuite sur les subventions, subsides et aides que verse le gouvernement américain, pour en conclure "nous sommes plus français que les Français".
L'arroseur arrosé L'ironie de la situation est que les Français, du moins certains politiques, souhaiteraient ressembler un peu plus aux Etats-Unis. Non, nous n'avons pas envie de voir toutes nos banques ou compagnies d'assurances sombrer dans la faillite. Nous ne souhaitons pas non plus être expulsés de nos maisons.
Envoyer balader Mère Europe, en revanche, certains en rêvent. C'est du moins ce qui ressortait en filigrane du discours de Nicolas Sarkozy à Toulon : "Rien ne serait pire qu'un Etat prisonnier de dogmes, enfermé dans une doctrine qui aurait la rigidité d'une religion. Imaginons où en serait le monde si le gouvernement américain était resté sans rien faire face à la crise financière sous prétexte de respecter je ne sais quelle orthodoxie en matière de concurrence, de budget ou de monnaie ?" La limitation du déficit à 3% du PIB imposée par Bruxelles semble indisposer le président.
Il est également intéressant de noter que, au cours du même discours, Nicolas Sarkozy a annoncé que le système bancaire mondial allait être réorganisé et qu'en France l'Etat pourrait prendre part à cette réorganisation. Ce qui se traduirait par des nationalisations temporaires d'institutions bancaires.
Amusant de voir que nous prendrions alors exemple sur les Etats-Unis, le sujet de la nationalisation des banques ayant été soigneusement évité chez nous depuis Mitterrand. Etats-Unis qui ont eux-mêmes l'impression de se transformer en terribles Français avec leurs nationalisations.
Malgré le rejet du plan Paulson, les Etats-Unis ne devraient pas cesser des renflouer les bateaux percés du pays. Surtout que, finalement, il existe tout de même une forte probabilité pour que ce plan, après de petites modifications, soit adopté. C'est du moins l'analyse de Daniel P. Becker, qui gère chez Pictet le fonds d'actions américaines Large Caps. Cet Américain explique que la liste de tous les représentants ayant voté contre le plan sera diffusée dans les médias. Les contrevenants subiront une pression médiatique et politique telle qu'ils devraient finir par céder. D'autre part, Daniel P. Becker explique qu'il suffit de faire comprendre aux Américains le but réel de ce plan pour qu'ils changent d'avis. Loin de vouloir sauver les financiers aux dents longues de Wall Street, le plan sauvera tous ceux qui ont acheté un logement au cours de ces six dernières années. Attendez-vous à voir le plan Paulson adopté d'ici une semaine, conclut Daniel P. Becker.
Pour d'autres, peu importe les manœuvres du gouvernement américain. L'Amérique est "finie". Le jour même du discours de Toulon, le ministre allemand de la Finance, Peer Steinbruck, annonçait la fin de la superpuissance financière américaine et l'avènement d'une finance multipolaire. Et devinez qui pourrait être l'une des étoiles montantes de ce système multipolaire ? Le Financial Times cite Paris. Oh my God…
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J'aimerais savoir ce que veut dire fonds de gestion alternative mais j'ai honte de poser la question... |
Les fonds de gestion alternative sont des fonds spécialisés dans des techniques de gestion non conventionnelles.
Ils se servent de méthodes de gestion inaccessibles pour le particulier et utilisent de nombreux produits dérivés. Ces derniers, souvent très complexes, rendent illisibles les stratégies du fonds.
L'investissement dans un fonds alternatif est un investissement de confiance car on ne sait pas très bien sur quels secteurs et actifs le fonds va miser.
Ceux qui sont efficaces permettent d'investir profitablement, même en période de marché baissier. Ils utilisent, par exemple, la vente à découvert afin de miser sur une baisse des cours.
Ils ont également recours aux arbitrages pour se protéger d'un retournement de marché.
Ils investissent aussi sur des valeurs mobilières comme les matières premières. |
Actualités : MoneyWeek
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L'audit de MoneyWeek : Will Smith |
Comment est-il devenu riche ? Will Smith grandit à Philadelphie où il intègre l'une des plus prestigieuses écoles secondaires. Élève brillant, il obtient une bourse pour intégrer le fameux MIT. Mais il préfère se lancer dans une carrière artistique.
Il fonde avec son ami Jeff Townes un groupe de hip-hop qui connaît un gros succès aux Etats-Unis. Ensemble, ils obtiennent un Grammy Award en 1989. Will Smith a 21 ans. Il dilapide son magot (environ 6 M$) : "L'argent coulait à flots et je ne me rendais pas compte de sa valeur. Le fisc me réclamait près de 3 M$ et je n'avais plus que 2 $ en poche."
Comment est-il devenu acteur ? En 1993, Will Smith devient le héros de la série à succès Le Prince de Bel-Air qui lui permet de renflouer ses caisses. Il joue le rôle principal, celui d'un jeune enfant des rues de Philadelphie qui débarque chez son riche oncle de Los Angeles.
Le succès de sa série lui vaut l'un des rôles principaux dans le film Bad Boys en 1995. Le film d'action à gros budget lui permet d'être reconnu à Hollywood et d'empocher la coquette somme de 2 M$.
L'année suivante, il tient l'affiche du blockbuster Independence Day, cachet de 5 M$, la même somme que pour son autre grand succès, Men in Black un an plus tard.
Combien gagne le nouveau roi de Hollywood ? Selon Forbes, Will Smith est l'acteur le mieux payé du monde. Au cours de l'année dernière, il a empoché 80 M$. Il ne tourne plus de film si son cachet n'atteint pas les 20 M$.
Sa carrière musicale se poursuit en solo puisque les bandes originales de ses films lui sont souvent confiées, et qu'elles deviennent des tubes internationaux. Il a écoulé plus de vingt-cinq millions d'albums dans le monde. |
L'audit de MoneyWeek : Sophie Marceau |
Comment a-t-elle commencé le cinéma ? Sophie Marceau n'a que 42 ans, mais elle a déjà trente ans de cinéma derrière elle. À 14 ans elle, qui décharge des camions sur les marchés pour se faire un peu d'argent de poche décroche le rôle phare du célèbre film La Boum.
Le second opus l'installera dans le coeur des Français et lui fera gagner un césar. Avec son premier cachet, elle s'offre une petite voiture électrique qu'elle se fait voler peu après.
Comment est-elle passée du statut de jeune actrice à celui de star ? Son rôle dans La Boum lui permet d'être considérée comme un jeune talent prometteur. À 19 ans, elle tourne avec Maurice Pialat et Gérard Depardieu dans le film Police. Mais c'est surtout grâce au film L'Étudiante qu'elle prouvera sa capacité à interpréter les rôles de jeune fille romantique.
En 1995, les réalisateurs américains commencent à s'intéresser à la jeune Française. Elle participera au film Braveheart, avec Mel Gibson, un vrai carton. Un petit rôle à côté de celui qu'elle décroche dans Le monde ne suffit pas, épisode de la célèbre saga des James Bond.
Combien gagne-t-elle ? Sophie Marceau gagne entre 1 et 2 M€ par tournage. Entre 2004 et 2007, elle aurait gagné 2,4 M€, malgré des films au succès moyen, comme Anthony Zimmer et La Disparue de Deauville.
En plus de ses cachets, l'actrice réclame 50 000 € pour se déplacer lors d'un événement publicitaire. C'est ainsi que Nesspresso a dû renoncer à la faire venir pour son lancement sur les Champs-Élysées.
Sophie Marceau sait monnayer son image de "petite fiancée des Français". |
L'audit de MoneyWeek : Alexandre Dumas père |
Comment a-t-il commencé ? Alexandre, orphelin très jeune, est élevé par sa mère dans le culte du héros paternel, général de la Révolution. Ses études bâclées, il devient obscur clerc chez un notaire... En 1823, il entre au service du duc d'Orléans, l'homme le plus riche de France, qui mène grand train grâce à une liste civile (rente) de plus de 12 millions de francs.
Il lui inspire Henri III et sa cour, donnée à la Comédie-Française. Enfin le succès ! À 27 ans, Dumas devient l'auteur le plus lu et le mieux payé de France, devant Victor Hugo. Prolifique, le mulâtre s'entoure de "nègres" et publie plus d'une œuvre par an. Son œuvre, Les Trois Mousquetaires, en 1844, marque le sommet de sa fortune.
Que fit-il de son argent ? L'argent est "bon serviteur, mais mauvais maître". Il ne sut jamais l'apprivoiser. Dumas était un flambeur ; son vrai nom, Davy de La Pailleterie, le prédestinait à l'esbroufe. Il fait édifier la réplique du château de Monte-Cristo. Parc anglais, bâtiment Renaissance et dépendance gothique style château d'If...
Dans cette folie architecturale, il écrit quatre pages à l'heure. La pendaison de crémaillère réunit 600 invités qui passent sous l'entrée ornée de la devise "J'aime qui m'aime" ; aux murs, ils découvrent des tableaux de Delacroix. À Paris, Dumas se fait construire un théâtre.
Comment finit-il ? À ce train, l'argent se dépense plus vite que la plume ne le gagne. En 1851, pourchassé par plus de cent cinquante créanciers, l'auteur fuit en Belgique. La "bulle financière" Dumas est crevée. Les procès avec ses nègres l'empêchent de refaire surface financièrement, malgré une production toujours abondante. Dumas père mourra pauvre dans les bras de Dumas fils. |
L'audit de MoneyWeek : Amy Winehouse |
Combien vaut-elle ? Amy a fait son entrée dans le classement du Sunday Times des jeunes talents musicaux britanniques les plus riches. à 24 ans, elle se place à la dixième position.
En cinq ans de carrière, la jeune femme est à la tête de 13 M€. Amy signe à 16 ans un contrat chez Island Records, et sort en 2003 son premier album, Franck. En 2006, Back to Black se vend à sept millions d’exemplaires. Elle prépare son troisième album, et est pressentie pour interpréter le thème du prochain James Bond.
Qui peut se payer Amy ? Amy étant l’icône du moment, sa présence peut rapporter gros et se monnaye en conséquence. La marque Louis Vuitton a déboursé 500 000 £ (633 000 €) pour que la star chante au cours de son défilé parisien, lors de la Fashion Week, en février dernier.
George Clooney et Julia Roberts ont essayé de faire venir Amy à un gala de charité à New York, contre une rémunération de 500 000 $ (321 000 €).
Quel est le revers de ce rêve ? Amy Winehouse est aussi connue pour sa vie tumultueuse. Elle fait régulièrement la une des magazines pour sa consommation de drogue ou ses arrestations. Et ce n’est pas son mari qui la calme. Blake Filder-Civil est en prison pour agression. Les tabloïds anglais annoncent cependant que la jeune femme souhaite divorcer. Une opération coûteuse. Le mari emprisonné réclamerait 3 M£ (3,8 M€), soit 250 000 £, par mois de mariage. Mais ces années de vie commune ne seront pas perdues. La maison d’édition Penguin vient de proposer au couple un million de livres sterling pour un réc | |