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Actualit�s : Easybourse : articles, interviews, études graphiques
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Johnson&Johnson rachète Mentor Corporation |
Le groupe pharmaceutique américain Johnson & Johnson a fait savoir ce lundi qu'il comptait racheter le groupe Mentor Corporation, spécialisé dans la fabrication d'implants mammaires, et ce à hauteur... |
Voitures neuves en France, les ventes reculent |
Le mois de novembre aura été un nouveau mois de recul pour les ventes de voitures particulières neuves en France, enregistrant un repli de 14% selon les chiffres du Comité des constructeurs français... |
Londres dément envisager de se mettre à l'euro |
Un porte-parole du gouvernement britannique a indiqué ce lundi que la Grande-Bretagne n'envisageait pas de passer à l'euro, comme avait pu le laisser entendre José Manuel Barroso, président de la... |
BayernLB supprimera 29% de postes d'ici à 2013 |
La banque publique allemande BayernLB a fait savoir ce lundi qu'elle prévoyait des réductions d'effectifs de l'ordre de 5 600 postes sur les 19 200 employés, soit près de 30% de ses effectifs d'ici à... |
Les achats de Noël s'annoncent maussades aux US |
Selon America's Research Group, les ventes de fin d'année, période des fêtes, pourraient être encore moins bonnes que les prévisions des enquêtes réalisées lors du week-end du 'Black Friday' (le jour... |
Citigroup rachète Itinere à l'espagnol Sacyr |
La banque américaine Citigroup va racheter le groupe d'autoroutes et d'infrastructures espagnol Itinere auprès du groupe de BTP espagnol Sacyr Vallehermoso. Citigroup devrait faire l'acquisition... |
Ryanair propose 748ME pour racheter Aer Lingus |
La compagnie aérienne irlandaise Ryanair a formulé une proposition d'offre d'achat auprès d'une autre compagnie irlandaise, Aer Lingus, à hauteur de 748 millions d'euros. Ryanair détient actuellement... |
Un plan de 24 Mds d'euros pour la Pologne |
Afin de luter contre la crise actuelle, la Pologne a annoncé dimanche dernier un plan de stabilisation et de développement pour les deus ans à venir à hauteur de 91,3 milliards de zlotys, soit 24... |
Actionaria 2008 : le petit porteur reste stoïque |
On aurait pu penser que le moment s'y prêtait mal, pourtant la 11ème édition du salon Actionaria, qui se tenait au Palais des Congrès le week-end dernier, a non seulement ouvert ses portes comme... |
Actualit�s : Les Echos - analyse de la séance boursière
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Actualit�s : animafac
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Revalorisation des bourses : calculez votre échelon |
Le CNOUS a fait savoir le 28 novembre 2008 que le serveur de dépôt de demande de bourse pour l'année 2008-2009 serait réouvert du 1er au 5 décembre. En effet, le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche vient de décider de la revalorisation de 5 000 ? des plafonds de ressources pour bénéficier d'un échelon 0. Pour connaître votre échelon, consultez le site du CNOUS. Un simulateur de bourse vous aidera à connaître vos droits ! Deux cas de figure peuvent ainsi se présenter : Les étudiants qui n'ont pas (...)  |
Une semaine francilienne pour lutter contre les discriminations |
Du 1er au 6 décembre, dans toute l'Ile-de-France, la Région initie un nouvel événement pour lutter contre toutes les formes de discriminations. Afin de sensibiliser le plus grand nombre, la Région a voulu mobiliser des collectifs et structures franciliens engagés dans cette lutte. Ainsi, ce sont plus de 180 initiatives qui jalonneront ce moment choisi, pour alerter à toutes les formes de discriminations quotidiennes. Acteurs incontournables de ce combat contre les discriminations, les (...)  |
"L'engagement bénévole des jeunes" au coeur des débats le 4 décembre |
France Bénévolat organise un colloque national sur l'engagement bénévole des jeunes. Aboutissement d'un an de travaux auxquels le réseau Animafac a été associé, cette journée réunira des acteurs divers qui ont tous un rôle à jouer pour faciliter l'engagement des jeunes ! |
A vos marques,...prêts, partez ! |
La France veut encourager la mobilité des jeunes en Europe Les étudiants sont souvent prêts à partir à l'aventure, à aller se frotter à leur homologues en Europe, voire même plus loin. Pourtant, nombre d'entre eux sont rebutés par les multiples démarches à accomplir. A cela s'ajoute les nombreuses inquiétudes à l'idée de quitter leur environnement connu et rassurant. Certains se découragent alors, remisant à plus tard leur envie d'ailleurs. Une étude de réflexion, publiée par le Conseil d'Analyse de la Société, fait des (...) |
Des Derniers Hommes plutôt en forme... ! |
Les Derniers hommes ? C'est d'abord Charlotte...Ah bon ? Et Romain aussi...Ah oui ! Et puis plein d'artistes qu'ils entraînent dans le grand tourbillon de créativité qu'est devenue cette association dijonnaise...Retour sur une association pleine d'ingéniosité... C'est sur les bancs de l'université de Lettres Modernes à Nancy que ces deux compères se sont rencontrés. Très vite ils échangent sur leur passion du théâtre... : étudier les Lettres Modernes oui, mais ils les veulent vivantes, actives, punchy ! Aussitôt dit, (...)  |
Fiche 82 : Nouer des partenariats européens |
Les échanges, la mobilité des étudiants en Europe, même si elle doit être soutenue et amplifiée, ne date pas d'hier. Une " internationale du savoir " existe depuis l'Antiquité qui a mené les étudiants par delà les frontières, a diffusé les connaissances à travers l'Europe. Les organisations étudiantes ont su tirer parti, parmi les premières, de la constitution de réseaux européens. Aujourd'hui, ces réseaux, les institutions européennes, les nouvelles (...)  |
Les rencontres régionales : un coup de boost pour vos projets ! |
Ne ratez pas la rencontre régionale qui se tiendra près de chez vous ! Du 22 novembre 2008 au 24 janvier 2009, les assos du réseau se retrouvent dans chaque région. L'occasion pour chacun de se rencontrer ; de découvrir ce qui se fait parfois juste à côté, dans la même ville, sur le même campus ; d'imaginer de nouveaux partenariats interassociatifs... Envie d'un bain d'énergie ? de découvertes stimulantes ? de rencontres motivantes ? Venez mettre votre grain de sel dans ce grand shaker associatif ! N'hésitez plus et (...)  |
Chacun son asso, c'est parti ! |
Après la rentrée administrative, voici venu le temps de la rentrée associative. Le moment pour vous de trouver de nouveaux bénévoles parmi tous ces futurs associatifs qui s'ignorent encore. De la campagne "Chacun son asso" aux conseils et témoignages pour recruter son équipe de bénévoles, voici quelques astuces pour bien démarrer votre année. |
Actualit�s : Ressources pédagogiques en ligne - enseignement :
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sinterklaas |
Discipline : Cours de Langues modernes Niveau : Enseignement fondamental Description : Petite poésie inventée de toute pièce afin justement d'avoir le vocabulaire que je souhaitais dans le texte. Après avoir appris le texte (grâce à des images et mîmes), je fais un kimspel de toucher selon les mots ds le texte...Objectifs : Poésie: apprendre qqs mots sur ST Nicolas en ndls Année : 2e année |
examen de francais 2eme professionnelle |
Discipline : Cours de Français Niveau : Enseignement secondaire Description : types de phrase, formes affirmative et négative, homophones, formes active et passive, CDV et conjugaison, examen en 2ème professionnelle. Peut aussi servir comme exercice dans les matières traitées.Objectifs : grammaire et conjugaison Année : 2e année |
the colors |
Discipline : Cours de Anglais Niveau : Enseignement secondaire Description : Vocabulaire des couleurs. Attention, ce document est enregistré sous word 2007, si vous le désirez pour word 97/2003, contactez moi.Objectifs : les couleurs Année : 1e année |
countries |
Discipline : Cours de Anglais Niveau : Enseignement secondaire Description : Ce document reprend divers pays et leur nationalité, ainsi que la théorie sur l'orthographe des nationalités. Attention ce document est enregistré sous word 2007.Objectifs : vocabulaire pays/nationalités Année : 1e année |
carte d identite de la lune |
Discipline : Cours de Eveil scientifique Niveau : Enseignement fondamental Description : A l'aide d'un texte documentaire, établir la carte d'identité de la Lune.Objectifs : établir la carte d'identité de la Lune Année : 4e année |
les differentes phases de la lune |
Discipline : Cours de Eveil scientifique Niveau : Enseignement fondamental Description : Leçon inspirée de documents trouvés sur le site de l'agence spatiale canadienne. Elle permet d'expliquer et de faire comprendre aux enfants pourquoi nous ne voyons pas toujours la Lune ronde et pleine. Cette leçon peut aussi bien être donnée de la 1ère à la 6ème primaire.Objectifs : identifier les différentes phases de la Lune Année : 4e année |
sinterklaas |
Discipline : Cours de Langues modernes Niveau : Enseignement fondamental Description : Voici un petit texte...je me suis basée sur un poèsie tirée du livre "open oren 3". Mais je l'ai fortement adaptée et transformée. il ne s'agit donc plus vraiment d'une poésie mais bien d'une lettre. Lisez et voyez;)Objectifs : Apprendre de nouveaux mots, apprendre éventuellement à rédiger une petite lettre, transmettre un message de "paix" en rapport avec st nicolas Année : 6e année |
sinterklaas |
Discipline : Cours de Langues modernes Niveau : Enseignement fondamental Description : ici vous trouverez un petit "wie is het" introductif du sujet. Ensuite, en se basant sur le texte du "wie is het" un petit exercice pour le vocabulaireObjectifs : Connaître "l'histoire" de st Nicolas et apprendre de nouveaux mots Année : 6e année |
examen de francais 2eme professionnelle corrige |
Discipline : Cours de Français Niveau : Enseignement secondaire Description : types de phrase, formes affirmative et négative, homophones, formes active et passive, CDV et conjugaison, examen en 2ème professionnelle. Peut aussi servir comme exercice dans les matières traitées. CORRIGEObjectifs : grammaire et conjugaison Année : 2e année |
a an |
Discipline : Cours de Anglais Niveau : Enseignement secondaire Description : Exerci sur a/an. Attention document enregistré sous word 2007.Objectifs : maîtrise de "a-an" Année : 1e année |
examen de francais 3eme professionnelle |
Discipline : Cours de Français Niveau : Enseignement secondaire Description : formes active et passive, accord du participe passé employé seul et avec "être", homophones "ez"/"er"/"é", accord de l'adjectif, examen en 3ème professionnelle. Peut aussi servir comme exercice dans les matières traitées.Objectifs : grammaire Année : 3e année |
examen de francais 3eme professionnelle corrige |
Discipline : Cours de Français Niveau : Enseignement secondaire Description : formes active et passive, accord du participe passé employé seul et avec "être", homophones "ez"/"er"/"é", accord de l'adjectif, examen en 3ème professionnelle. Peut aussi servir comme exercice dans les matières traitées. CORRIGEObjectifs : grammaire Année : 3e année |
be negative form short answers |
Discipline : Cours de Anglais Niveau : Enseignement secondaire Description : Petit exercice sur la forme négative de "be" et l'utilisation de short answersObjectifs : short answers Année : 1e année |
30 add et soustractions |
Discipline : Cours de Mathématiques Niveau : Enseignement fondamental Description : 30 ADDITION ET SOUSTRACTIONObjectifs : ADD ET SOUSTR 30 Année : 2e année |
passive voice |
Discipline : Cours de Anglais Niveau : Enseignement secondaire Description : Théorie sur la voix passiveObjectifs : la voix passive Année : 3e année |
exrecices varies de francais autour du texte la petite fille aux allumettes |
Discipline : Cours de Français Niveau : Enseignement fondamental Description : A partir du texte "La petite fille aux allumettes", exercices de grammaire et d'orthographe.Objectifs : analyser des mots soulignés dans un texte, retrouver dans un texte des mots dont la nature ou la fonction est précisée, identifier des participes passés ainsi que leur emploi, effectuer des variations orthographiques. Année : 6e année |
sous main lettres |
Discipline : Cours de Français Niveau : Enseignement fondamental Description : Les elèves utilisent cette fiche pour passer de l'écriture imprimée minuscule (script) à l'écriture cursive (entre autre). Objectifs : Outil de référence Année : 1e année |
nieuwjaar |
Discipline : Cours de Néerlandais Niveau : Enseignement secondaire Description : voeux à partager avec collègues,élèves classe parallèle... L'éditeur autorise l'emploi de ce document à condition de mentionner le nom de la dessinatrice comme dans l'exemple.Objectifs : Extension vocabulaire, compréhension à la lecture Année : 1e année |
sur et sous evaluations de comptes clients et fournisseurs |
Discipline : Cours de Sciences économiques Niveau : Enseignement secondaire Description : Compendium actuellement limité à l'analyse des sur et sous évaluations des comptes clients et fournisseurs. Soixante situations d'erreurs possibles y sont dénombrées. Le contenu n'est pas exaustif et sera complété par des exemples d'écritures comptables rectificatives.Objectifs : Corrections au bilan et résultats. Année : 6e année |
table de 8 |
Discipline : Cours de Mathématiques Niveau : Enseignement fondamental Description : évaluation sommative visant à évaluer les efts en fin d'apprentissage.Objectifs : multplier par 8 Année : 3e année |
Actualit�s : IDEES CADEAUX : strip-tease à domicile , cours , chippendales , épicerie coquine , dj , location
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Dîner spectacle chippendales à Paris |
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Actualit�s : MoneyWeek
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Qui veut encore de mon baril de pétrole ? |
Si les membres de l'OPEP étaient à Vienne ce week-end, ce n'était pas pour danser une valse. Pourtant, la "réunionite" du cartel pétrolier est aussi répétitive qu'une valse à trois temps.
De cette derrière réunion, on connaissait déjà la musique. L'OPEP, qui contrôle environ 40% de la production mondiale, fait des cauchemars depuis que le prix du baril a chuté autour des 50 $ et que ses principaux clients sont à la diète forcée. Les rentrées de pétrodollars ont fondu et l'organisation menace de fermer ses robinets en espérant que les prix remontent.
Menaces sans grands effets. En octobre, le cartel a réduit sa production de 1,5 million de barils par jour (mbj pour les intimes) sans que les prix repartent à la hausse. La production totale de pétrole dans le monde était de 86,5 mbj au troisième trimestre 2008, selon l'Agence Internationale de l'Energie (AIE). La réduction de l'OPEP correspond à moins de 2% de ce total. L'organisation peut bien menacer, force est de constater qu'aujourd'hui son influence s'est réduite à peau de chagrin.
Si l'OPEP seule serre un peu plus ses robinets, les prix ne reviendront pas pour autant sur le chemin de la hausse.
Spéculation et récession, le couple infernal Durant toute la première moitié de l'année, les prix du brut se sont envolés, jusqu'à flirter avec les 150 $ le baril. L'OPEP n'y était pas pour grand-chose. Le pétrole faisait alors figure de valeur refuge. Les spéculateurs s'étaient entichés du baril, qui les protégeait contre la chute du dollar. L'or noir était devenu, comme l'or jaune, un antidollar. Même aujourd'hui, il est difficile de faire la part des choses entre l'ampleur de la spéculation et la flambée "naturelle" du pétrole dans le contexte qui était celui d'alors. La hausse appelait la hausse.
Aujourd'hui, le prix du pétrole est revenu à des niveaux étonnamment bas. Mais la dérive de l'économie mondiale, qui implique une moindre consommation, ne peut à elle seule expliquer cette glissade.
Dans l'Edito Matières Premières & Devises, de lundi dernier, notre collègue, Isabelle Mouilleseaux écrivait : " cette forte baisse du cours du baril est à mon avis exacerbée par la spéculation, qui accentue la tendance fondamentale. Quelle est sa part dans l'effondrement du baril ? Difficile à dire…" Bref, à la hausse ou à la baisse, la spéculation reste reine dans la vie des marchés pétroliers.
Malgré la spéculation, le lien entre la croissance économique et la demande en pétrole est prépondérant.
Merril Lynch, dans une note datée du 21 novembre, s'attend à une contraction de la demande globale de pétrole de 0,5% l'année prochaine, ralentissement économique oblige.
L'AIE est plus précise. Dans un joli graphique, elle met en parallèle l'évolution de la croissance mondiale et la demande de brut.
En juillet dernier, avec un PIB mondial en croissance d'à peine moins de 4%, la demande était de 88 mbj. En novembre, avec un PIB en croissance de 2,25%, la demande avait fléchi à 86,6 mbj. Et cela malgré le plongeon du prix du pétrole.
Oui, vous avez bien lu : la croissance mondiale augmente. Elle ne fait que ralentir de 4% à 2,25%. Et pourtant, la consommation de pétrole diminue. Un ralentissement de la croissance de 1,75% conduit à une diminution de consommation de 1,60%.
De ce constat, en apparence absurde, il ressort que l'économie des pays émergents, qui "font" la croissance, est moins consommatrice de pétrole que la nôtre, qui régresse. Jusqu'à quand ? Pas longtemps, estime l'AIE.
Qui consommera le plus de pétrole demain ? En 2007, la demande en or noir des pays hors OCDE représentait 43% de la demande totale. Cette proportion pourrait passer à 46% en 2009, si l'on en croit les prévisions de l'AIE. Si ce rythme se maintient, le rapport de force changerait en 2013, date à laquelle les pays hors OCDE seraient les plus gros consommateurs. Si ce n'est pas ce qu'on appelle du découplage économique, comment nommer ce processus ?
Dans les pays occidentaux, la récession freine la consommation de brut. Sur le Vieux Continent, la demande a baissé de 57 000 bj (barils par jour) cette année et devrait chuter de 205 000 bj par jour l'an prochain. Aux Etats-Unis, c'est -1,1 mbj cette année, et -429 000 bj en 2009, chiffre l'AIE.
Malgré ce coup de frein, la demande mondiale totale sera très légèrement plus forte en 2009 (86,5 mbj) qu'en 2008 (86,2 mbj).
Qui va tirer cette demande ? D'abord la Chine. Elle absorbe aujourd'hui plus de 9% de la production. Certes, l'empire du Milieu n'échappe pas à la crise, mais la croissance chinoise devrait rester au dessus de 8% cette année et en 2009. Pékin a sorti les grands moyens avec son new deal de 460 milliards d'euros. La Chine a consommé 7,5 mbj en 2007, selon l'AIE, et sa demande devrait continuer de croître de 5,2% en 2008 à 7,9 mbj, et de 3,7% en 2009 à 8,2 mbj. Même si l'économie chinoise faisait moins bien que prévu, son besoin de pétrole augmenterait. Il n'y a qu'en cas de passage de sa croissance sous les 5% qu'elle réduirait sa demande, estime Merril Lynch.
Et puis, il n'y a pas que la Chine. La demande indienne a augmenté de 7% entre septembre 2007 et septembre 2008, informe l'AIE. Elle est dopée par une demande croissante en gasoil, aussi bien pour alimenter les moteurs de voitures que les générateurs d'électricité, et ce malgré des prix très élevés en Inde.
La demande russe a elle grimpé de 7,2% sur le même laps de temps. Elle devrait progresser d'environ 3% en 2008 comme en 2009, pour atteindre près de 3 mbj. Pourtant, la croissance du PIB russe devrait ralentir de 5,5 à 3,5%.
Pas de régulation par le prix Une baisse du prix de 10% ne correspond qu'à une augmentation de la demande de 0,1 à 0,5%, calcule Merrill Lynch. Les conséquences d'une baisse des prix sur la consommation dépendent des pays et du régime de taxation des Etats.
Le prix du baril pourrait se reprendre et atteindre un peu moins de 80 $ à la fin de l'année et les 90 $ au premier trimestre 2009, d'après la banque.
Le point de retournement Les spéculateurs parient sur le fait que la réduction de la production est en retard sur la réduction de la consommation, ce qui tire les prix à la baisse. Jusqu'à présent, ils ont raison. Avec la récente remontée du dollar, le pétrole est moins utilisé comme couverture.
En outre, la faillite de nombreux fonds de couverture, les fameux hedge funds, fait qu'il y a moins d'intervenants sur le marché pétrolier.
Mais le sursaut du dollar n'aura qu'un temps, et les pays émergents connaissent toujours une croissance. Le retournement se profile. |
Investir sur le vin : les ingrédients d'une belle vendange |
Ah, la France et ses trois mille crus ! Qui n'a jamais choisi une bouteille sur le seul critère de son étiquette ou de son prix ? Bouteilles chères, mauvaises surprises gustatives, changements de modes de consommation, chaque Français ne consomme plus que 55 l de vin par an, selon l'Insee. C'est presque trois fois moins qu'en 1965.
Les viticulteurs doivent aujourd'hui faire un savant assemblage entre tradition et modernité, terroirs et impératifs commerciaux.
Voici quelques ingrédients de leur renouveau. La politique d'arrachage des vignes, instaurée dans les années 1980 par Bruxelles, a été un mal nécessaire pour moderniser une filière qui produisait trop et mal. Le vignoble du Languedoc-Roussillon fournit désormais 800 000 hl de moins par an qu'il y a quatre ans.
Les exportations viticoles ont pâti de l'érosion de leur réputation et subissent le ralentissement économique. Celles de vins de table et de pays ont reculé de 3,5% au premier semestre, selon UbiFrance. Celles des AOC, de meilleure qualité, ont baissé de 1% en volume mais progressé de 18% en valeur.
La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) anticipe une année 2009 "difficile". "Les bons chiffres attendus avec la Chine, l'Inde et la Russie auront du mal à compenser les pertes sur les marchés américain ou britannique, principaux débouchés des vins et spiritueux français", pronostique-t-elle.
Nos crus subissent aussi la concurrence de ceux du Nouveau Monde. D'après une étude britannique, citée dans la revue Réussir Vigne, d'ici cinquante ans, la Chine sera le premier producteur mondial et la Grande-Bretagne aura une surface de vignoble équivalente à la nôtre.
Le pichet se modernise Pour conserver leur part de marché, les producteurs doivent comprendre leurs clients. À côté des consommateurs réguliers, fidèles à quelques vins de table mais de moins en moins nombreux, les "occasionnels" voient le vin comme une boisson plaisir, réservée aux grandes occasions. Ils dégustent un Bourgogne aligoté comme un Deen De Bortoli australien. Ils consomment moins, mais sont prêts à y mettre le prix, à condition d'avoir le bon produit et le service qui va avec. D'où le succès des cavistes, comme Nicolas ou Lavinia.
Pour autant, le vin s'achète surtout dans les hypermarchés. Même le hard discount s'y est mis : il s'y vend près d'un litre sur deux, selon une étude Onivins de 2005. Y acheter son vin n'est pas plus avantageux financièrement que dans un supermarché mais le choix y est réduit, donc plus simple.
Car l'achat de vin se veut un achat plaisir. Or, cépage, cuvée, château..., il y a de quoi perdre son latin. À l'offre de s'adapter. Certains producteurs ont eu la bonne idée de miser sur la marque. "Sud de France" regroupe ainsi les producteurs languedociens de vin de pays. Chez Nicolas, les gammes Petites Réserves ou Graines de Cépage se déclinent sur des bouteilles aux étiquettes épurées et colorées.
L'avenir des récoltants passe pour beaucoup par leur talent à nous mettre "le vin à la bouche" en multipliant les innovations marketing. Le bouchon à vis convainc de plus en plus de partisans du liège. Au Canada, le vin français se vend dans des tétra-bricks aux couleurs vives et la marque French Rabbit fait un carton. On est bien loin du "cubi" en plastique.
Autant d'adaptations indispensables à la modernisation de la filière viticole française. Chez les quelques producteurs de vins cotés en Bourse, comme Pernod Ricard ou le groupe languedocien JeanJean, ce n'est pas la grande forme. Ceux qui, comme Laroche, en revanche, ont su faire le bon mélange entre tous ces ingrédients devraient réaliser de belles vendanges.
Première parution : 30/10/2008 |
Tabac et alcool : la carte du vice s'éapanouit dans les Emergents |
Les derniers chiffres du chômageen France sont mauvais : + 45 000 pour octobre. Sans activités, ces chômeurs vont-ils se réfugier dans l'alcool et le tabac ?
Sobres Occidentaux Cela arrangerait sûrement les professionnels de l'alcool et du tabac, deux secteurs en quête de nouveaux consommateurs. Dans les pays occidentaux, les interdictions de fumer dans les lieux publics ont en effet pénalisé les fabricants de cigarettes, mais aussi les ventes d'alcool dans les bars. En France, le nombre de débits de tabac est ainsi passé de 33 000 en 2002 à 29 000 aujourd'hui, selon l'association des buralistes.
Au cours du premier semestre 2008, le marché du tabac a vu son volume diminuer de 4,4%, conséquence à la fois de l'interdiction de fumer dans les lieux publics et de la hausse de 6% du prix des cigarettes instaurée en août 2007. Le phénomène est le même aux Etats-Unis, où la baisse de la consommation pour l'année 2008 devrait se chiffrer à 3%.
Cette chute de la consommation, couplée à une recherche de coupe des coûts depuis son rachat d'Altadis, pousse le géant Imperial Tobacco à mener des plans de licenciements en France. A la suite de l'acquisition du Franco-espagnol, Imperial Tobacco a annoncé en juin dernier la suppression d'environ 2 440 emplois, dont 1 060 en France. Cela représente environ 6% de ses effectifs mondiaux. Le groupe a également prévu de fermer six usines en Europe, sur les 58 qu'il y possède.
Merrill Lynch prévoit pour 2009 un ralentissement global de l'activité alcool et tabac en Occident. Il s'attend à une baisse de 10% des gains réalisés dans cette zone par les entreprises du secteur.
Résultat, les cours de ces sociétés sont sévèrement touchés en Bourse. Pourtant, Merrill Lynch relativise et conseille même à l'achat deux titres du secteur : Diageo (spécialiste des alcools et spiritueux) et British American Tobacco (BAT). Les raisons : leur implantation dans des pays émergents. D'une manière générale, Merrill Lynch juge que les entreprises qui commercialisent des produits addictifs et possèdent des marques fortes devraient sortir de la crise moins abîmées que les autres.
Consommateurs émergents Absence de lois anti-tabac aussi contraignantes que les nôtres dans les pays émergents et apparition d'une classe moyenne qui abandonne les marques locales pour des produits internationaux, autant de facteurs qui soutiennent les ventes des produits du secteur alcool-tabac dans les pays émergents.
Dans le magazine anglais Investors Chronicle, Bruce Davidson, analyste chez Blue Oar, détaille la part des pays émergents dans les activités des géants du secteur.
BAT : 52% de son résultat d'exploitation provient des marchés émergents. En tête, l'Afrique du Sud (14%), suivi du Brésil (9%), de la Russie (3%), du Mexique (3%) et du Venezuela (3%).
Imperial Tobacco : sa présence sur les marchés émergents est beaucoup plus importante depuis son rachat d'Altadis. La moitié des ventes en volume de ce dernier se font en effet en Russie, au Maroc, en Pologne et au Moyen-Orient.
SABMiller : le spécialiste de la bière réalise 88% de son résultat d'exploitation dans les pays émergents.
Philip Morris International : lors de l'annonce de ses résultats du troisième trimestre, il a révélé que la croissance en volume avait nettement progressé en Russie (13%) et en Indonésie (8%).
Rémy Cointreau : le groupe français de vins et de spiritueux vient d'annoncer pour le premier semestre un bénéfice net en hausse de 26,7%. Il s'en explique : "Ce premier semestre a été marqué par l'amélioration de la rentabilité du champagne, la bonne progression des cognacs très haut de gamme ainsi que la croissance soutenue de l'activité sur les marchés émergents, notamment en Chine et en Russie". Les plus fortes progressions pour le cognac ont d'ailleurs été enregistrées "en Chine et sur l'ensemble du sud-est asiatique, tant en volume qu'en valeur".
Un possible ralentissement de la croissance des pays émergents vient tout de même réveiller les craintes pour 2009. Dans les pays émergents, les consommateurs pourraient se retourner vers les marques locales, nettement moins chères que les produits internationaux. Pour avoir fumé des cigarettes chinoises, j'imagine cependant que la qualité des grandes marques internationales, comparée aux produits locaux, pourrait fidéliser nombre de nouveaux consommateurs. |
L'Inde : un nouvel Eldorado pour l'investisseur ? |
L'Inde est courtisée. José Manuel Barroso déclarait la semaine dernière à Pékin que, pour trouver une réponse à la crise : "Nous avons besoin de l'Asie et plus particulièrement de pays comme la Chine, l'Inde ou le Japon."
Un rôle que le Premier ministre, Manmohan Singh, est prêt à donner à son pays, déjà dixième économie mondiale : "Les pays en développement comme l'Inde sont eux aussi touchés par la crise et doivent participer à son règlement." Effectivement, l'Inde subit certains effets de la crise : sa croissance ralentit. De 9%, elle pourrait descendre jusqu'à 6%.
Malgré ce ralentissement, l'Inde est en bonne position pour se sortir des turbulences avec les honneurs. Grand avantage sur nos économies occidentales : ses banques sont relativement épargnées, car elles sont restées éloignées des produits toxiques. Cette année, son agriculture se porte bien, grâce à une mousson plus que satisfaisante.
Et, tout simplement, le pays n'est que très faiblement endetté. Une rareté, par les temps qui courent. Certes, l'Inde vient d'emprunter 3,5 Mds€ au Japon. Ils sont cependant destinés à un beau projet : construire un nouveau chemin de fer entre New Delhi et Bombay. Cela améliorerait le transport des marchandises. Emprunter pour renforcer ses infrastructures, voilà qui peut même sembler sage.
L'Inde est dépendante de ses exportations et subira, dans un effet de domino, le marasme économique dans lequel s'enfoncent les économies occidentales, rétorqueront les détracteurs. En effet, et cela pourrait ralentir sa croissance. D'autant que la rentrée de capitaux a déjà été freinée. Depuis le début de l'année, les investisseurs étrangers ont vendu pour 9 Mds$ des actifs qu'ils possédaient en Inde.
Les Indiens : la véritable force du pays Relativisons. D'une part, les investissements étrangers en Inde entre 2003 et 2007 se sont élevés à 42,5 Mds$, d'après la société de gestion Franklin Templeton. D'autre part, l'Inde s'en sortirait bien même sans les étrangers. D'après le directeur de Templeton en Inde, Sukumar Rajah, la croissance indienne se monterait à 7,5% même si les investissements étrangers devaient cesser.
L'économie du pays est de plus en plus portée par les Indiens eux-mêmes. Il est loin le temps où les Indiens étaient principalement des agriculteurs. Aujourd'hui, l'agriculture ne représente plus que 15% des activités, tandis que l'industrie tourne aux alentours de 26%. La part des services s'élargit. Le nombre d'étudiants qualifiés ne cesse de croître. D'après Sukumar Rajah, l'Inde pourrait bientôt compter le plus grand nombre d'ingénieurs au monde.
La nouvelle force de l'Inde est son marché intérieur. Les produits de consommation et les services se destinent de plus en plus à la population locale. McKinsey estime que la consommation intérieure va quadrupler d'ici 2025, pour représenter un total de 1 521 Mds$. Il faut s'attendre à ce que l'Inde devienne le cinquième plus grand marché de consommateurs au monde.
Non seulement l'Inde aura de moins en moins besoin d'exporter, mais imaginez les opportunités que cela représente pour les entreprises. Cela vous donne envie d'investir sur le marché indien ? Malheureusement, après tant de bonnes nouvelles, il faut modérer son enthousiasme.
Il est encore un peu tôt pour investir sur le marché actions. De janvier à septembre 2008, la Bourse indienne a perdu environ 37 % et rien n'indique que la chute soit terminée. À cause du contexte mondial, la Bourse reste très volatile.
En revanche, certaines compagnies devraient à l'avenir connaître un véritable essor. Nous pensons en priorité aux entreprises qui fabriquent des biens de consommation courante, mais aussi à celles liées aux activités de construction. Les infrastructures représentent aujourd'hui 4,5% du PIB indien. Pour être en phase avec la croissance du pays, ce taux devrait être de 8 ou 9%. Investir en Inde n'est qu'une histoire de patience.
Première parution : 30/10/08 |
Comment sauver les systèmes de retraites ? |
Pour le moment, les dirigeants américains ne se sont guère souciés du sort des fonds de pension, trop occupés qu'ils étaient à renflouer la barque percée des institutions bancaires. Mais la prise de conscience se fait que la ruine du système des retraites est un mal profond pour l'économie, américaine d'abord, mondiale ensuite.
La crise s'annonce d'autant plus durable. "Il va falloir apprendre la frugalité et travailler plus longtemps ! Un des effets attendus de la crise actuelle sera une présence accrue des seniors sur le marché du travail.
Actuellement, 16,4% des Américains sont encore actifs, le pourcentage le plus élevé depuis trente-huit ans, selon les statistiques officielles", avertit Le Monde, alors qu'en France le travail des seniors est un chantier à peine entamé.
Les Américains peuvent à peine compter sur les tuteurs de leur système pour espérer voir la couleur de leur retraite. "Quand le fonds de pension est un fonds d'entreprise, il existe, en général, un système de garantie élaborée par l'État afin de se substituer à l'entreprise en cas de faillite, explique Le Monde.
C'est le cas, par exemple, aux États-Unis, où depuis 1974 existe le Pension Benefit Guaranty Corporation (PBGC). Financé par les cotisations des employeurs, il vise à couvrir les millions de salariés et de retraités bénéficiaires d'un plan de retraite à prestations définies." "Quand un employeur ne peut plus maintenir un plan de pension, souvent après l'annonce de sa banqueroute, le plan est stoppé et le PBGC hérite de ses actifs et de ses dettes et garantit les rentes qui sont souvent plus basses que promises", poursuit The Washington Times. Mais le PBGC "se retrouve en grand besoin d'argent", déplore The Washington Times.
Recapitaliser les fonds de pension En Pologne, le jeune système des fonds de pension semble mieux pensé. "Il y a plusieurs niveaux de garantie", explique l'économiste de l'OCDE, Rafal Kierzenkowski, au Monde. "Les quinze opérateurs privés actuellement sur le marché – polonais et étrangers – ont une obligation de performance minimale, ce qui est une première garantie. En cas de rentabilité insuffisante, l'opérateur doit puiser dans un fonds de réserves qu'il a dû constituer au fur et à mesure de son activité. Et si les sommes accumulées ne suffisent pas, il peut prélever le solde dans un fonds de garantie constitué par l'ensemble des fonds existants. En dernier recours, l'État intervient et couvre le déficit."
Surtout, en Pologne, "environ les deux tiers des fonds collectés sont investis dans des actifs sans risque – bons du Trésor et obligations d'État" et les fonds ont même réduit leur exposition aux marchés actions avec la crise, explique l'expert.
Un exemple pour les Pays-Bas où "il n'existe pas de système de garantie, mais (où) leur solvabilité est assurée, en principe, par des règles prudentielles très strictes. Ainsi, le niveau de couverture des engagements ne peut pas être inférieur à 105%", note Le Monde.
Toutefois, deux fonds de pension "sont tombés sous le ratio de solvabilité fixé par la banque centrale nationale, les obligeant à mettre en oeuvre des programmes de rétablissement", révèle The Wall Street Journal. Les retraites néerlandaises semblent mal embarquées. "Les fonds de pension affrontent la pire année de leur histoire", résume le Financial Times.
Des dégâts qui prendront bien plus que quelques mois à se réparer. Il y a encore de l'argent dans les caisses pour assurer le versement des retraites les prochains mois. Qu'en sera-t-il dans un an ? Nul ne le sait.
Avant la crise, les fonds de pension répertoriés dans le monde géraient environ 18 000 Mds$, selon une étude de DB Research de septembre 2007. Ces quinze derniers jours, "la tornade boursière", selon le terme des Échos, leur a fait perdre 2 000 Mds$. Échaudés par le krach, les fonds de pension devraient boycotter les marchés actions pendant un certain temps, qu'importent les mesures de soutien, comme la baisse des taux de la Réserve fédérale américaine.
Ce fly to safety qu'ils pourraient opérer vers des actifs réputés sûrs, comme des obligations d'État, est un écueil de plus sur le chemin du rebond boursier. Nous avons là un "krach dans le krach".
Première parution : 30/10/08
Articles conseillés : - Retraites : le système des fonds de pension mis à mal par la crise, par Alexandra Voinchet |
Crise financière : la guérison est encore loin |
"C'est historique". "Du jamais vu". Hier matin, les gérants de La Française des Placements n'avaient que ces mots à la bouche pour qualifier l'ampleur de la crise financière et économique à laquelle nous sommes confrontés.
Le plus dur est devant nous Les gérants de La Française des Placements ne manquaient pas d'arguments pour attester de l'unicité de la période que nous traversons.
Depuis cet été, tous les indicateurs montrent la déroute de l'économie américaine avec, parallèlement à une hausse du chômage, une chute de la consommation et de la production. Et cette récession devrait encore durer de longs trimestres, même si La Française des Placements estime que le plus dur est devant nous. Les dernières semaines de cette année et les premières de 2009 s'annoncent périlleuses.
Seul motif de réjouissance pour La Française des Placements : les Etats-Unis devraient échapper à une déflation durable bien que les prix soient sur la pente descendante.
"Avec un temps de retard, rien de meilleur en Europe...", prévient la société de gestion. En fidèles suiveurs, les Européens doivent donc s'attendre à des jours plus noirs. Comme si cette analyse ne suffisait pas à nous saper le moral, les marchés en ont rajouté une couche hier, avec toute une salve de données macroéconomiques sur l'état de santé de l'immobilier tricolore, sur le moral des industriels français ou sur la chute de la croissance allemande. Une litanie de chiffres propre à filer la migraine. Alors, de par le monde, les économies se gavent d'aspirine.
Céphalée carabinée... Le Royaume-Uni a pris une dose de cheval en injectant 20 milliards de livres, soit 1% de son PIB, et en décidant de baisser sa TVA à 15%. Gordon Brown, médecin malgré lui, n'y est pas allé de main morte. C'est les étrennes avant l'heure.
Aux Etats-Unis, Obama prépare une prescription médicale carabinée. "Obama veut un électrochoc pour l'économie", résume à juste titre Le Figaro.
Même le Pakistan, pays insignifiant sur la scène économique mondiale, est passé par la pharmacie du Fonds monétaire international pour obtenir un crédit stand-by de 7,6 milliards de dollars.
Mais l'aspirine a des effets secondaires. Prise à trop fortes doses, elle peut entraîner des maux bien plus graves qu'un simple mal de tête. Or les prescripteurs du moment semblent l'avoir oublié.
Pourtant, le stimulus fiscal de Londres ne sera pas indolore. Hier, nos collègues de la version anglaise de MoneyWeek lançaient une mise en garde : "plus d'emprunts, plus de dépenses, et – éventuellement –, plus de taxes pour payer tout cela". "Ce gouvernement encourage le shopping et décourage le travail". Et rien n'est gagné pour autant.
Et il ne faut pas compter sur la croissance outre-Manche pour aider au rétablissement du malade, au moins dans un premier temps.
... avec effets secondaires à la clé Le Royaume-Uni, qui se vantait autrefois d'être un champion de l'équilibre budgétaire, devra bien payer un jour pour ses cadeaux fiscaux. Il faudra attendre 2015-2016 pour renouer avec la discipline d'avant la crise, prévient le chancelier de l'Echiquier, Alistair Darling. Les mesures de relance "vont littéralement faire exploser les déficits et la dette britanniques", écrivait hier Le Monde.
Mais, "jusque-là, les prévisions de croissance et des finances publiques sont tout autant énigmatiques que les analyses", s'offusque The Guardian. D'ici à 2015-2016, "la dette publique du Royaume-Uni sera montée jusqu'à 57% du PIB en 2012, contre 41% cette année. Et encore ce chiffre ne tient-il pas compte des 37 milliards de livres dépensés par le gouvernement pour sauver de la faillite et pour partiellement nationaliser Lloyds TSB, Royal Bank of Scotland et Halifax Bank of Scotland", analyse Le Monde.
En France, déjà mauvais élève de la Zone euro, le déficit public grimpera à 3,9% en 2010, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Aux Etats-Unis, on ne compte même plus. Sous Georges Bush, la Maison Blanche a déjà signé un chèque de 700 milliards de dollars. Sous Barack Obama, elle en fera un autre du même montant environ. Il y a un an, de telles injections monétaires étaient inimaginables ; aujourd'hui, s'en passer serait un suicide. Les économistes de la banque Goldman Sachs l'attestent : une dépression coûterait beaucoup plus cher à l'Etat. Le choix est vite vu.
Est-il besoin de préciser que, comme au Royaume-Uni, le contrecoup pour les finances publiques va être rude ? Car ce qu'on donne aujourd'hui devra être remboursé demain. La note sera salée pour des Etats-Unis déjà endettés à hauteur de 77% de leur PIB. De plus, la reprise, qui s'annonce molle, ne sera pas d'un grand secours pour rembourser ces dettes.
Qui paiera le prix fort ? Nous mêmes, contribuables et consommateurs. Selon PricewaterhouseCoopers, cité par The Guardian, tout Britannique gagnant 40 000 livres sterling par an verra son impôt annuel augmenter de 1 000 livres en 2011 à cause des mesures de ce plan. Et la TVA reviendra dès 2010 à son niveau habituel. Décidément, le rétablissement sera long. |
La crise pèse sur le moral des petits patrons et sur l'emploi |
La crise est devenu l'ennemi public numéro un. Près de huit Français sur dix s'en inquiètent, selon un sondage TNS Sofres publié mi-novembre. 64% redoutent que cette crise financière n'entraîne une récession durable et profonde en France.
"Il faut savoir résister au pessimisme des autres", ironise l'humoriste grinçant Guy Bedos. Plus facile à dire qu'à faire. En ce moment, nous sommes noyés sous les sondages et autres enquêtes en tous genres qui nous rappellent à quel point l'économie va mal. Très mal ! Même la boulangère m'a tenu un monologue déprimant ce matin alors que je venais simplement lui acheter un croissant, en consommatrice fidèle.
Les petites entreprises connaissent aussi la crise La boulangerie du coin de ma rue a peut-être moins de soucis à se faire que certaines autres petites entreprises. Malgré la baisse du pouvoir d'achat, nous viendrons toujours lui acheter du pain. D'autres TPE sont plus mal loties.
Selon le baromètre Fiducial-Ifop de novembre, 62% des patrons de TPE (très petites entreprises, de moins de 20 salariés) redoutent la désertion de leurs clients. Les entrepreneurs ont vraiment le moral dans les chaussettes, à en croire cette étude. 29% craignent même de devoir déposer le bilan avant la fin de l'année. Et l'accès au crédit, qui pénalise pour le moment 12% d'entre eux, leur semble de plus en plus incertain.
Les petits patrons anticipent une phase de très forte récession (à 79%), craignent une hausse du chômage et des plans sociaux (à 72%) et, pire, une augmentation de la misère (à 52%). Pas de quoi mettre du baume au coeur.
53% des entrepreneurs se disent pessimistes. C'est un "niveau rencontré une seule fois auparavant, en février 2003, quelques jours avant le déclenchement de la guerre en Irak", analyse Fiducial.
Un tel malaise n'est vraiment pas bon signe pour l'économie tricolore. On compte 2,6 millions de TPE en France. Elles pèsent 28% du produit national brut et emploient 4 millions de salariés. Impossible de les laisser tomber. Début octobre, Nicolas Sarkozy avait annoncé le déblocage de 22 milliards d'euros pour les PME. Elles attendent toujours d'en voir la couleur. Les défaillances se multiplient, déplore l'assureur crédit Euler Hermes SFAC.
Les cadres s'inquiètent Il n'y a pas que les PME qui trinquent. Même les cadres ne sont plus à l'abri. En début d'année, on parlait encore pour les cols blancs de "plein emploi", avec un taux de chômage estimé à 3,8%, soit "deux fois moins que l'ensemble des salariés", selon des chiffres de l'APEC.
Aujourd'hui, La Défense craint d'être logée à la même enseigne que les usines de Renault. "Le secteur financier devrait licencier 200 000 personnes en 2008 aux Etats-Unis et en Europe", prévenait Le Monde il y a un mois.
On ne pourra "pas éviter qu'il y ait des licenciements", renchérit Nicolas Sarkozy. 95% des personnes interrogées par Fiducial estiment que la crise aura des conséquences importantes sur le chômage. Et ils ont bien raison. La barre symbolique des deux millions de chômeurs se rapproche. L'INSEE anticipe même un taux de chômage de 7,4% à la fin de l'année.
Chez les cadres, les scénarios d'embauche ont été revus à la baisse de près de 10%, selon l'enquête de l'APEC sur "Les cadres en Europe 2008-2009". Tout le monde se retrouve dans la même galère. Le Bureau international du travail s'attend à voir le nombre de chômeurs dans le monde augmenter de 20 millions, à 210 millions fin 2009.
Quand la finance veut aider l'emploi, méfiance Le gouvernement a promis de soutenir l'emploi avec des contrats aidés. Il en promet 60 000 de plus que prévu cette année et 100 000 pour l'an prochain. Nous voilà presque revenus à l'époque de Lionel Jospin.
Une banque fait également cette promesse. Il s'agit du Crédit Mutuel. Il propose un fonds commun de placement dédié à l'emploi en France. L'objectif de CM CIC France Emploi (Isin : FR0007481858) : "participer à la création et à la pérennisation d'emplois, ainsi que conforter et consolider les entreprises solidaires", peut-on lire sur son prospectus. Un exemple parfait de ce que certaines structures, comme Finansol, proclament haut et fort comme étant l'avenir de la finance : l'épargne solidaire.
A première vue, ce fonds a un certain mérite. Sa performance croît de 3,72% depuis le début de l'année. Tout le monde ne peut pas en dire autant !
En creusant à peine plus, on voit très vite l'emballage marketing qui l'entoure. CM CIC France Emploi se veut un fonds monétaire principalement investi sur des produits à taux fixes et a renforcé sa part de liquidités depuis septembre dernier. On voit mal comment, avec des produits à taux fixes, ce fonds peut servir la bonne cause dont il se réclame. Pour grappiller quelques euros, autant le faire avec un Livret A qui vous rapporte 4%, et c'est du sûr.
Entre l'aide à l'emploi via ce FCP et l'aide au logement social apportée par les fonds des Livrets A, on peut s'acheter une bonne conscience. Même si cela rapporte peu. |
L'uranium : un biais pour investir dans le nucléaire |
Pour profiter de l'essor quasi incontournable de l'énergie nucléaire, pourquoi ne pas revenir à sa source : l'uranium ?
Quel est l'état des stocks, faut-il craindre un uranium peak, une pénurie de cette matière première ? La production d'uranium traverse en effet une décennie délicate. Selon les données de l'Agence internationale de l'énergie, la production d'uranium a explosé pendant trente ans, des années 1960 à la fin des années 1990, accompagnant l'essor de la technologie nucléaire.
Au tournant des années 2000, le stock d'uranium disponible, provenant des activités d'extraction et de recyclage, a presque fait oublier la nécessité de poursuivre les efforts de prospection. Nous en faisons aujourd'hui les frais. La consommation d'uranium est désormais supérieure aux quantités extraites du sol. Ça coince.
Les acteurs de la filière nucléaire en ont pris conscience récemment. De nouveaux projets ont vu le jour, à l'instar de Cigar Lake, au Canada. Il faudra néanmoins attendre 2011 pour en voir la couleur : en effet, entre la prospection et la mise en production, cinq à dix ans s'écoulent. D'ici là, les sources relais seront épuisées.
Depuis la fin de la Guerre Froide, le démantèlement des arsenaux militaires a donné beaucoup de matière pour faire marcher les réacteurs mais cette source s'épuise. Ensuite, si les déchets de l'uranium se recyclent, il faut cependant les mélanger avec une matière pure pour alimenter les centrales. Sa quantité disponible s'amenuise. Donc logiquement, disposer de moins d'uranium de première main signifie disposer de moins d'uranium de seconde main.
Et pourtant, les réserves d'uranium ne manquent pas. Il est mille fois plus abondant que l'or sur la terre. Même l'eau de mer contient de l'uranium en quantités infimes. En fait, l'état des réserves dépend des technologies disponibles : plus elles s'améliorent, plus les filons seront nombreux, surtout si l'on fait fi de la question économique. "La disponibilité de l'uranium dépend du prix que l'industriel est prêt à payer pour extraire le minerai et des dépenses de prospection qu'il peut engager. Tout en recherchant le meilleur rapport entre les efforts d'exploration investis et les quantités découvertes…", publiait le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) en mars dernier.
"Les réserves mondiales identifiées, du moins celles estimées récupérables à un coût inférieur à 130 $ par kilo d'uranium, étaient en 2006 de 3,3 millions de tonnes, auxquelles s'ajoutent 1,4 million de tonnes de ressources présumées. […] Elles correspondaient à plus de soixante-dix ans de fonctionnement dans les réacteurs actuels".
Quant aux réserves en uranium "cher", si elles ne sont pas inépuisables, elles pourraient, selon le CEA, comme selon le professeur Jacques Foos, durer plusieurs siècles.
Reste que l'approvisionnement en minerai – et ses cours – peut à court et moyen terme dépendre de la dimension géopolitique.
Où se cachent les réserves d'uranium ? Dans les sous-sols du Canada, des États-Unis ou de l'Australie mais aussi dans des pays plus instables politiquement comme dans certains pays d'Afrique, en Russie, en Inde, voire très instables comme le Kazakhstan – l'un des premiers producteurs sur la planète – ou l'Ouzbékistan.
L'uranium peut être exploité dans de profondes galeries souterraines ou d'immenses mines à ciel ouvert. Mais, seule une petite partie du minerai sert vraiment à produire les réactions de fission dans les centrales nucléaires. Entre la mine et le réacteur, l'uranium subit plusieurs transformations, passant par l'état de pâte, le yellow cake, qui cote sur les marchés financiers, tel celui américain du Nymex. C'est sur cette mixture que les spéculateurs se sont penchés récemment. L'uranium, en bonne matière première, n'est pas resté insensible à la flambée des cours l'an passé.
Première parution : 23/10/08
Articles conseillés : - Energie : retour en grâce du nucléaire, par Céline Astruc - Investir dans le nucléaire : attention, danger !, par Alexandra Voinchet |
Obama ressort la recette du new deal |
Les marchés ont encore vu rouge la semaine dernière : -5,3% pour le Dow Jones, -8,4% pour le Standard & Poor 500, -8,8% pour le Nasdaq. Vendredi cependant, le Dow Jones s'est envolé de 6,54%, le S&P 500 de 6,32% et le Nasdaq de 5,18%. La raison : l'annonce de la nomination du futur secrétaire au Trésor, sous la présidence Obama, Timothy Geithner.
Pas de chance, en Europe, les marchés ont fermé trop tôt vendredi pour profiter de cette euphorie passagère. Le CAC 40 a clôturé en baisse de 3,33%. Sur une semaine, c'est la chute libre : -12,46%. Ce matin, si l'indice parisien est reparti en hausse, ce n'est pas tant grâce à Geithner qu'à Citigroup. Le gouvernement américain va voler au secours de la banque, qui licencie à tour de bras.
Obama, dans les pas de Roosevelt Bis repetita. Aux mêmes maux, les mêmes remèdes. L'après-1929 et Roosevelt. L'après-subprime et Obama.
Le "président élu", comme disent les Américains, ne prendra ses fonctions que dans deux mois. D'ici là, il ne compte pas se reposer sur ses lauriers. Il faut dire que Barack Obama a, en grande partie, été choisi sur sa promesse de remettre l'économie américaine sur pied. Lui et son équipe, qui se constitue peu à peu, sont sous pression.
Méconnu chez nous, Timothy Geithner, le futur gardien du Trésor américain, s'est taillé une belle réputation d'homme d'expérience en tant que président de la Réserve fédérale de New York, et surtout d'indépendance vis-à-vis des marchands de sous de Wall Street. Vendredi soir, l'évocation de son nom a suffi pour apporter une bouffée d'air frais à la Bourse américaine. Décidément, le marché va si mal qu'il se raccroche à la moindre parcelle d'espoir. Un nom, un chiffre, le rassurent le temps de quelques heures. Puis, patatras !
Obama prépare son arsenal anti-récession On a donc eu le nom du trésorier ce week-end. On aura peut-être le chiffre aujourd'hui. Il y aura bien un plan de relance, comme Barack Obama l'avait promis pendant la campagne électorale. Mais, quels moyens compte y allouer la nouvelle équipe présidentielle ?
Le candidat Obama avait parlé de 175 milliards de dollars. On évoque aujourd'hui une enveloppe au moins deux fois plus grosse. Certains responsables démocrates se hasardent à annoncer un budget de relance de 300 à 500 milliards de dollars. Même le milliardaire Soros y va de sa petite analyse et a réclamé 300 à 600 milliards, en plus des 700 déjà versés, pour sauver l'économie américaine.
Quoi qu'il en soit, Obama veut mettre les petits plats dans les grands. "Il n'y a pas de remèdes rapides ou faciles pour cette crise, qui était en gestation depuis bien des années, et cela risque encore d'empirer avant de s'améliorer", prévient-il. On remarquera au passage la pique adressée à ses prédécesseurs, accusés à mots couverts d'être responsables de la tourmente actuelle – Obama s'était rarement "lâché" de la sorte.
Ce week-end, le futur hôte du Bureau ovale a donc annoncé tout un "ensemble d'investissements à long terme pour notre avenir économique".
Les leçons de l'Histoire seront-elles utiles ? "Un point positif de cette crise – et crise ne semble pas un mot assez fort pour rendre compte de l'actuel chaos économique – est qu'elle crée un sens de l'urgence", écrivait ce week-end le Wall Street Journal.
Dans les années 1930, le rétablissement des Etats-Unis ne s'était pas fait en un coup de cuillère à pot. Il y a d'abord eu un premier essai, destiné à juguler ce que les économistes appellent "risque systémique", en d'autres termes éviter un effet domino qui entraînerait dans sa chute tout le système économique. Essai qui a duré 100 jours – une référence temporelle fréquente dans l'Histoire. Le président américain Roosevelt s'est d'abord acharné à parer au plus pressé comme le sauvetage des banques. Mais, l'administration américaine y était alors surtout allée à tâtons.
Octobre 2007 – octobre 2008 : branle-bas de combat similaire pour sauver l'architecture financière mondiale de la ruine, à grands coups d'annonces tonitruantes. Mais en 2008 comme en 1933, on voit très bien que cela n'a pas suffi tant les racines du mal étaient profondes.
D'où une deuxième phase de new deal. Sans doute la plus connue, celle des grands travaux destinés à moderniser l'économie et à créer de l'emploi. Obama ne fait que déterrer les bonnes vieilles méthodes de Roosevelt. Programmes de grands travaux, comme la construction de nouvelles infrastructures routières – ce qui, en soit, n'est pas superflu. Amélioration de l'indépendance énergétique du pays, sur fond de discours pro-énergies vertes. Oeuvres sociales autour de l'école, de l'assurance-santé...
Obama n'en attend pas moins de 2,5 millions d'emplois crées d'ici à janvier 2011 alors que le fléau du chômage envahit à nouveau les Etats-Unis.
Objectif : ne pas tomber dans une grande dépression, similaire à celle des années 1930. Tirer les bonnes leçons de ce précédent et ne pas faire les mêmes erreurs. Obama le sait, le plus dur est devant lui. |
HENRY, idéal contribuable |
Vous ne connaissez pas HENRY ?
Pourtant sa vie vous intéresse : c'est sur lui que reposent les espoirs de relance de la consommation américaine. C'est aussi sur ses économies que s'appuient les plans de renflouage aux Etats-Unis. Pourtant, aujourd'hui, HENRY est à bout de souffle.
HENRY est américain ; il gagne plus de 250 000 $ annuels, dont il voit une bonne partie prélevée par les impôts. HENRY est l'acronyme de High Earners, Not Rich Yet (hauts revenus mais pas encore riche) et fait parler de lui car le gouvernement se tourne vers lui pour financer le renflouement du pays. La bonne volonté et le patriotisme d'HENRY commencent à être sévèrement écornés face aux efforts demandés par l'Etat.
En 2006, les 3,6 millions de HENRY représentaient 10% du revenu total des Américains, et pourtant leurs impôts représentaient 17,3% des sommes récoltées à un niveau fédéral. En 2008, le Tax Policy Center estime que les cinq millions de HENRY paieront 24% de tous les impôts fédéraux.
Voilà le coeur du nouveau problème américain : cette part de la population est idéalement taxable. Pourtant, les HENRY sont une des pièces centrales de l'économie américaine. Ce sont eux qui consomment en priorité, qui achètent des voitures, qui emmènent leur famille en vacances et qui construisent une plus grande maison... Ce sont également eux qui créent des entreprises et donc des emplois. A eux seuls, ils possèdent 660 000 PME, qui ont permis la création de deux tiers des 6,4 millions de nouveaux emplois enregistrés entre 2003 et 2007.
Le quotidien de HENRY Cette classe sociale est examinée à la loupe par Shawn Tully dans le magazine américain Fortune. Il raconte l'histoire de plusieurs familles au travers des Etats-Unis, souvent purs produits de l'American dream, c'est-à-dire parties de rien et dont le revenu annuel est aujourd'hui compris entre 250 000 $ et 500 000 $. Les HENRY représentent environ cinq millions de foyers et sont en effet plus aisés que 98% des Américains, car le revenu moyen des ménages dans le pays est de 50 000 $. Ils sont pourtant très éloignés de la frange la plus riche de la population. Et ils sont surtout très lourdement taxés, aussi bien au niveau local que fédéral. Ils sont également dans la ligne de mire d'Obama quand ce dernier parle de hausses d'impôts. "Les impôts sont de loin mon premier poste de dépense", explique l'un des pères de famille. Son revenu annuel familial est de 375 000 $.
Comme l'explique l'article – à part les impôts – les principales dépenses de ces familles sont consacrées à leurs enfants. Il s'agit de payer les nounous des plus jeunes, les écoles privées des aînés, tout en mettant de côté pour l'université. Ce que font par exemple John et Kym, qui épargnent 750 $ par mois envoyer leurs trois enfants dans l'une des meilleures universités du pays. D'après eux, les études de chacun de leurs enfants devraient leur coûter 500 000 $. Ce qui ne leur laisse pas vraiment de quoi économiser pour leur retraite. Un problème commun à nombre de HENRY, comme en témoigne Tony Molino, 50 ans : "J'ai travaillé entre 50 et 60 heures par semaine toute ma vie, et je n'ai pas grand-chose à mettre de côté à la fin de chaque mois. Je vis confortablement, mais quand Joe Biden parle d'augmenter les impôts, je deviens livide".
A l'heure où le secteur automobile se tourne vers le gouvernement pour réclamer de l'argent – comme l'ont fait les banques –, les HENRY ont des sueurs froides. |
L'or déboussolé |
Début octobre, au pire de la crise boursière et bancaire, l'or se lançait dans une échappée époustouflante et à contrecourant de tous les actifs financiers. Passant ainsi de 730 $ l'once à 920 $ l'once, au moment même ou les Bourses sombraient dans les profondeurs abyssales. L'or, valeur refuge, prenait tout son sens.
Depuis, nous avons assisté à un virage à cent quatre-vingts degrés. L'or s'est d'abord essoufflé, a marqué une pause, avant d'inverser la vapeur et se retourner franchement. À la baisse. Nous avions un support solide sur les 730 $ qui aurait dû contenir les pressions vendeuses. Il n'a pas tenu.
Mauvais signe... Car à présent, l'or est probablement parti pour se diriger vers les 690 $ dans un premier temps, puis vers les 650 $.
Vente des fonds spéculatifs et regain du dollar Les fonds spéculatifs, pris à la gorge, sont obligés de vendre leur or "à tout prix". Ils ont emprunté de l'argent aux banques pour maximiser leurs effets de levier. Avec le krach boursier, leurs actifs s'effondrent. Pour rembourser l'argent emprunté, ils sont obligés de vendre les bijoux de famille. Ce qui nourrit d'autant la spirale baissière.
Autre facteur : la forte baisse du cours du pétrole et des matières premières va freiner le risque inflationniste. Le prix du baril de pétrole est ainsi passé de 147 $ à 67 $. De quoi calmer les angoisses concernant l'inflation qui constituent un fort facteur de hausse pour l'or.
Enfin et surtout, l'or est un actif très recherché lorsqu'il s'agit de se protéger de la baisse du dollar. Or le dollar rebondit violemment, passant de 1,60 $ pour 1 € cet été à 1,27 $ actuellement. Encore un facteur baissier fort.
Inflation et endettement réveilleront l'or Fondamentalement, et à plus long terme, l'or n'a probablement pas dit son dernier mot. Car à coups de milliards de dollars et d'euros imprimés pour "financer" la crise bancaire, puis la relance de l'économie, la masse monétaire n'a jamais crû aussi vite.
Tant que cette croissance se fait au même rythme que la croissance économique, tout va bien. Mais si la masse monétaire croît plus vite que la croissance économique, ce qui est le cas actuellement, la conséquence directe ne peut être qu'un regain d'inflation à moyen terme. Ce qui est un facteur fort de soutien à l'or.
L'endettement croissant des États plaide aussi en faveur de l'or, à commencer par l'endettement des États-Unis : 10 500 Mds$ de dette publique auxquels s'ajoutent plus de 30 000 Mds$ d'endettement des ménages. Or plus ces dettes croissent, plus le dollar est voué à s'affaiblir.
Le rebond actuel du billet vert n'est qu'une correction passagère (due à un différentiel de croissance et de politique de taux anticipés entre Europe et États-Unis) dans une tendance baissière longue. Une dépréciation du dollar est un facteur de soutien pour l'or.
L'après-crise et les pays émergents En outre, une fois la crise économique digérée, les pays émergents reprendront leur développement, urbanisation et industrialisation de plus belle. La demande pour les matières et le pétrole mettra à nouveau l'offre sous tension, ce qui fera remonter les prix. La hausse du prix des matières soutiendra le prix de l'or.
Enfin, Indiens et Chinois sont friands d'or. La demande d'or pour la bijouterie va suivre la hausse de leur pouvoir d'achat.
La corrélation entre demande d'or et revenu mondial par habitant est bonne. Cependant, la production baisse, les minières exploitent des filons de plus en plus pauvres. Une équation qui ne manquera pas de pousser les prix de l'or à la hausse à terme.
Se renforcer sous 650 $ l'once Mais la probabilité de voir maintenant l'or se replier autour des 650 $ est réelle. Ce serait alors une bonne fenêtre pour acheter de l'or, sachant que les fondamentaux à long terme sont positifs.
Première parution : 30/11/08 |
Les cours de l'or et du pétrole au plus bas : cherchez l'erreur |
La Russie ne compte pas moins de six entreprises cotées du secteur pétrolier et gazier. Je vous les donne par ordre décroissant de capitalisation : Rosneft, Lukoil, Surgut, Gazpromneft, TNK-BP et Tatneft. En caractères cyrilliques c'est beaucoup plus exotique, mais l'informatique ne permet pas de partager ces fantaisies.
Ces six entreprises produisent 8,4 millions de barils par jour, affichent des résultats 2008 de 44,4 milliards de dollars et ont une capitalisation totale de l'ordre de 130 milliards de dollars.
Que sont la valeur et le prix ? Des concepts philosophiques qui nourrissent des copies de potaches de terminales... mais qui peuvent aussi être utiles à l'investisseur.
Faisons la moitié du tour du globe, puis descendons dans l'autre hémisphère. Au Brésil, il existe un fleuron national de l'énergie : PetroBras. Celle-ci produit 2,3 millions de barils par jour et a gagné 18,4 milliards de dollars en 2008. Sa capitalisation est de 110 milliards de dollars.
Oui, vous avez bien lu, et, pour une fois, il ne s'agit pas d'une erreur d'un imbécile de journaliste qui n'y connaît rien.
Amusons-nous au petit jeu des ratios : les entreprises russes sont capitalisées à 15 500 $ le baril produit ; PetroBras vaut 48 000 $ le baril produit. Laissons de côté les résultats, très liés au cours du baril. Remarquons juste au passage que les Russes s'achètent trois fois les bénéfices 2008, tandis que notre belle Brésilienne se paye six fois les bénéfices 2008.
Le marché se trompe rarement L'adage du mensonge peut très bien s'appliquer au marché. Soit on ment un peu à beaucoup de monde, soit on ment beaucoup à très peu de gens.
Pareil sur les marchés : les évaluations peuvent être très fausses pour de petites entreprises cotées qui intéressent peu de monde, mais elles sont en général assez exactes pour les grosses entreprises très visibles. C'est le cas des pétrolières. Lorsqu'il y a un décalage, il n'est pas aussi criant que celui sur lequel nous venons de nous pencher.
Le marché a donc décidé que les Russes ne valaient pas lourd par rapport à la Brésilienne. Bien sûr, les Russes (enfin, les investisseurs et les actionnaires desdites entreprises) crient à l'injustice.
Mais les investisseurs considèrent les réserves et les risques du pays. Or les réserves de PetroBras sont colossales -- bien que très profondes. Le robinet russe, de son côté, commence à avoir un débit un peu riquiqui.
Quant aux risques, on parle beaucoup d'une dévaluation du rouble.
Le rouble se trouble Bien entendu, la Russie fera tout pour éviter la honte suprême : une dévaluation du rouble. Elle y emploiera ses réserves de change et son énergie, au sens propre comme figuré.
La Russie possède un peu plus de 475 milliards de dollars de réserve de change. Cependant la manne est un peu écornée par la baisse des cours du baril. Au sommet du pétrole, en août, le trésor russe se montait à 598 milliards de dollars. Le prix "indolore" du baril pour le budget de Moscou est de 65 $. En dessous, les soucis de fin de mois commencent.
Heureusement, l'inflation, qui avait connu un pic en raison de l'augmentation des denrées alimentaires, se calme.
"Il n'y aura pas de dévaluation du rouble. Il faut comprendre le terme dévaluation comme un changement brusque du cours de la monnaie nationale vers le bas, et il n'y en aura pas", déclarait le 27 octobre dernier le vice premier ministre Igor Chouvalov.
Le retour des ors Pendant ce temps, la prime de l'or, c'est-à-dire la différence de prix entre le cours officiel du fixing et le prix de l'or contenu dans une pièce atteint un niveau record. Ainsi, la pièce de 5 roubles, qui pèse 3,87 grammes, s'échange un peu plus de 73 euros, soit le double du cours de l'or.
Et, vous vous souvenez, le marché se trompe rarement...
Du côté du pétrole, il n'y a pas que la Russie que le cours actuel de l'or noir dérange, les pays du Moyen-Orient n'apprécient pas non plus. Même le Brésil pourrait commencer à grincer des dents à 55 $ le baril.
L'or jaune, comme l'or noir, prépareraient leur vengeance qu'il n'y aurait rien d'étonnant. |
La crise, l'argent et nous |
Le modèle de la banque en ligne, qui avait jusqu'à présent peu pris dans le paysage bancaire, sera-t-il une victime collatérale de la crise financière ?
Ma banque est "traditionnelle". Je peux me rendre à son agence, dans le bureau de mon conseiller bancaire pour négocier et rouspéter. Un face à face humain que les Français apprécient d'autant plus qu'ils sont inquiets sur la santé de leur établissement financier.
A titre très personnel, j'en suis toujours à me dépêtrer dans les tracasseries administratives pour obtenir mon prêt immobilier. Voilà deux mois et demi que les retards s'accumulent et que je revendique mon dû – ces fameuses offres de prêt – et réclame à mon banquier un "geste commercial" à la hauteur de mon agacement. Pour le moment, mais rien n'est encore signé, je suis assez fière de mes talents de négociatrice. En ligne, tout ceci serait impossi | |