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Actualit�s : MoneyWeek
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Bon génie et mauvaise idée : l'Europe n'a pas besoin de fonds souverain |
Nous sommes dans une situation vraiment extrême, qui a une probabilité inférieure à 2,5% de survenir.
L'Université de Yale a étudié l'indice américain Standard & Poors depuis 1825. 183 ans de performance, c'est ce qu'on appelle du long terme. Sur cette durée, 129 années ont été positives et seulement 54 négatives. En somme, vous avez 70% de chance de ne pas perdre d'argent placé sur le S&P500 sur une année. Reste les 30% de probabilité résiduelle.
2008 est une année record dans l'exécrable : le S&P 500 accuse une perte de -41,28%. Seule année "équivalente" : 1931.
Pour ceux qui ont l'optimisme chevillé au corps, cinq années affichaient des rendements de 50 à 60% : 1862, 1879, 1885, 1933, 1954. 55 ans après, il vous est permis d'espérer une année 2009 extraordinairement faste, mais nous n'y croyons pas vraiment.
Le génie de Gauss La "loi normale de distribution" s'applique à la Bourse. Cette loi statistique, établie par Gauss, permet de "prédire" une caractéristique appartenant à une population. C'est ce qu'on appelle une densité de probabilité. Dans notre cas, la population est constituée par les années boursières du S&P 500, la caractéristique étant la performance de cet indice. La caractéristique moyenne du S&P 500, et donc la plus probable, est une performance de l'ordre de 10%. Il existe une probabilité inférieure à 2,5% d'avoir une performance aussi misérable que celle que nous avons en 2008.
Oui, nous vivons une époque extraordinaire, improbable...
L'Europe n'a pas besoin de fonds souverain Je saute du coq à l'âne. La sagesse de l'Inde est réputée. Mon oeil a donc été accroché par un article de Kavaljit Singh (voxEU.org) qui critiquait l'idée de Nicolas Sarkozy concernant "notre" fonds souverain. L'article est intitulé "L'Europe n'a pas besoin de fonds souverain".
"Avec environ 3 000 milliards de dollars, les fonds étrangers souverains sont de larges réservoirs d'actifs possédés et gérés directement ou indirectement par des gouvernements", rappelle Kavaljit Singh.
Pauvre petit Sarkofonds Mmmmmm, oui, 3 000 milliards de dollars. A comparer aux 20 milliards d'euros du Sarkofonds.
"Ils peuvent être financés par des réserves monétaires, des exportation de matières premières, des privatisations et des excédents fiscaux. Les fonds souverains manipulent les devises étrangères indépendamment des réserves monétaires officielles. D'une façon générale, les fonds souverains sont créés pour diversifier et améliorer le rendement des réserves monétaires étrangères ou du produit de la vente des matières premières ; en outre ils protègent l'économie domestique des fluctuations des prix des matières premières", poursuit Kavaljit Singh.
Aïe : la description du Sarkofonds ne colle pas du tout avec celle de Kavaljit Singh. Où sont nos exportations de matières premières, nos excédents commerciaux et fiscaux ? Et surtout, la mission du Sarkofonds est très différente de la mission d'un fonds souverain. Il s'agit en fait d'un fonds de renflouage protectionniste et non pas d'un fonds de valorisation d'un trésor national déjà acquis.
Kavaljit Singh déclare que l'Europe n'a pas besoin de fonds souverain car "créer un fonds souverain afin de protéger des entreprises nationales n'est rien qu'un mouvement politique anti- commercial".
Mauvaise idée Kavaljit Singh est modéré, mais c'est un sage. Je me demande si le Sarkofonds est une bonne idée. Le protectionnisme avec peu de moyens est toujours un échec. Souvenons-nous : au bon vieux temps du protectionnisme communiste, d'un côté d'une frontière VEB Sachsenring Automobilwerke Zwickau produisait des Trabant, de l'autre, Mercedes construisait des... Mercedes.
Et en Allemagne, la blague de l'époque c'était : "pourquoi faut-il toujours prendre l'option dégivrage vitre arrière de la Trabant ? Pour ne pas se geler les mains en la poussant". Si la Trabant avait affronté la concurrence, elle aurait au moins pu rivaliser avec la Fiat 500.
A la longue, le protectionnisme n'a jamais payé. |
J'aimerais savoir ce que veut dire Fair Value mais j'ai honte de poser la question... |
La Fair Value est un concept qui signifie "juste valeur" et décrit par la SEC, l'autorité des marchés américains.
Elle définit le prix d'un actif lorsque les conditions d'achat sont parfaites, c'est-à-dire si les deux parties prenantes de la transaction sont parfaitement informées sur le marché et l'entreprise.
Elle s'appuie notamment sur la valeur des actifs immobiliers pour définir un prix conforme à l'état réel de l'entreprise.
Ce concept de juste valeur est très critiqué. Selon certains, il amplifie la crise actuelle en pénalisant les entreprises qui sont endettées pour l'avenir et dont le bilan immobilier est pénalisé.
Pour d'autres, ce système permet de limiter les bulles spéculatives et de ramener l'investisseur à la réalité de l'entreprise. Ainsi en se référant à la fair value, les incohérences du marché semblent plus évidentes. Voilà peut-être pourquoi le concept est tant décrié. |
J'aimerais savoir ce que veut dire obligation convertible mais j'ai honte de poser la question... |
Une entreprise peut émettre des obligations dites "convertibles" : leur propriétaire peut les échanger, pendant une période donnée et selon des conditions préétablies, contre des actions de cette même entreprise.
Pour l'entreprise, ce type d'émission constitue une alternative au financement par actions et au recours à l'endettement.
Pour le porteur, les obligations présentent davantage de sécurité que les actions : leurs cours est plus stable, elles produisent un coupon fixe pendant leur durée de vie et, surtout, leur conversion n'est pas obligatoire. Si, à ce moment, le cours de l'action est plus bas que le niveau de souscription de l'obligation, la convertir ne vaut pas nécessairement le coup et vice-versa.
Enfin, les obligations d'entreprise étant plus risquées que celles d'état, les premières rémunèreront mieux que les dernières en général, d'au moins 1 %. |
J'aimerais savoir ce que veut dire Gearing mais j'ai honte de poser la question... |
Faire de la dette, c'est utile pour financer son activité à condition de ne pas traîner un boulet trop handicapant.
Les financiers utilisent le gearing pour évaluer le niveau d'endettement d'une société. Ils calculent le ratio entre les dettes financières à moyen et long terme et les capitaux propres.
Au-delà de 1, c'est mauvais signe : la situation financière de l'entreprise étudiée est déséquilibrée, la dette risque d'être difficile à supporter.
En dessous de 1, l'entreprise a encore une marge de manoeuvre.
Comme tout ratio, le gearing ne se suffit pas à lui-même pour expliquer l'état financier d'une société. Il faut étudier son évolution au fil des ans et même lors d'un même exercice.
Si une entreprise vient de contracter une dette pour réaliser, par exemple, une acquisition, pas étonnant le gearing s'envole. Ce n'est pas pour autant une mauvaise nouvelle. |
Fonds de spéculation : tous les coups sont permis |
Opportunisme et volatilité Fonds de spéculation, hedge funds, fonds de couverture ou encore fonds de gestion alternative brassent des milliards, vont et viennent sur les marchés et ont une réputation sulfureuse.
Dans un monde financier parfait, un hedge fund (ou fonds de gestion alternatif) place des capitaux pour obtenir des rendements déconnectés de la tendance générale des marchés actions ou obligations.
Toujours dans ce monde parfait, le gérant d'un hedge fund est un technicien avisé et expérimenté qui engage lui-même une partie de son argent dans sa stratégie de couverture.
Les couvertures sont spécialisées : risques de change, de baisse dans un secteur d'activité donné, dans une région donnée, etc…
Dans un monde financier idyllique, la stratégie de couverture est clairement affichée et stable dans le temps. Le gestionnaire de fonds recourt à des mécanismes bien identifiés : vente à découvert, recours aux produits dérivés, arbitrage sur taux.
Mais le monde financier est imparfait, cruel et peuplé d'investisseurs cupides.
Les hedge funds déstabilisent les marchés Le problème des hedge funds tient à leur paradoxe initial : comment peut-on être totalement déconnecté de la tendance des marchés quand on investit sur ces mêmes marchés ? Et les investisseurs professionnels qui s'en remettent à ces fonds en attendent des performances toujours plus importantes.
C'est ainsi que de couverture, on est passé à spéculation.
La mission du fonds de couverture était avant tout de performer de façon inverse au risque couvert. Mais le client d'un hedge fund n'accepte plus de payer le prix éventuel de la couverture, c'est-à-dire de la garantie de son risque, par une contreperformance, même temporaire. Il veut gagner de l'argent sur son marché principal et sur sa stratégie de couverture : le beurre et l'argent du beurre.
De plus, les volumes d'argent manipulés par ces fonds, plus de 1 000 milliards d'euros en 2005, arrivent à fausser certains marchés.
Traditionnellement, les matières premières sont inversement corrélées aux marchés actions, sur des cycles assez longs. Les fonds de couverture actions se sont donc naturellement tournés vers ce secteur comme rempart contre une baisse des indices boursiers. Ils ont investi massivement dans les métaux de base et ont contribué, probablement à hauteur de 20%, à la hausse constatée sur ce secteur jusqu'au milieu de 2006. Leur départ précipité a ensuite donné lieu à un mini krach minier.
Leur comportement ne fausse pas les tendances de long terme, mais il engendre une forte volatilité qui trouble les industriels qui ont besoin de cours stables. Fort heureusement, les fonds ne peuvent intervenir que sur des secteurs à gros volumes.
Ce qui laisse quelques niches très profitables, sur des secteurs à plus faibles volumes, à l'investisseur avisé.
Source : Matières à profits |
J'aimerais savoir ce que veut dire Bon de souscription d'action mais j'ai honte de poser la question... |
En portefeuille, vous pouvez avoir des actions mais aussi des bons de souscription d'action. Ils vous donnent la possibilité d'acheter une ou plusieurs actions à une période donnée, à un prix fixé à l'avance.
À vous de voir si c'est une bonne affaire au vu du cours de Bourse de la société et si vous voulez profiter de ce droit. Si l'action cote cinq euros alors que votre BSA vous permet de l'acheter à six euros, l'utiliser ne sert à rien, vous paierez l'action moins cher en passant par le marché.
L'exercice des BSA constitue une augmentation de capital et modifie la capitalisation de la société en Bourse.
C'est ce qui s'est passé pour Altamir Amboise : cette société d'investissement a récupéré 20 millions d'euros pour financer ses futures activités. Toutefois, Altamir Amboise aurait pu ne pas en voir la couleur.
L'exercice de BSA est aléatoire, donc toujours incertain pour l'entreprise émettrice. |
J'aimerais savoir ce que veut dire achat à découvert mais j'ai honte de poser la question... |
L'achat à découvert consiste à acheter des actions sans avoir (pour le moment) réglé le prix de la transaction. Cet ordre vous permet donc de ne pas bloquer vos fonds.
Ce type d'achat est particulièrement prisé pour jouer sur les effets de levier. En achetant à découvert une action à 100 euros, si votre pari réussit et qu'elle atteint les 120 euros, vous pouvez donc revendre vos actions 120 euros et ensuite payer vos 100 euros. Votre bénéfice est donc de 20 euros moins les intérêts, alors même que vous n'avez pas sorti un centime.
L'avantage, c'est que vous pouvez spéculer sur un grand nombre de valeurs différentes sur des courtes périodes.
Si vous avez beaucoup d'idées d'investissement et peu de moyens, l'achat à découvert est fait pour vous. Il est tout de même conseillé d'avoir des fonds disponibles.
Si le pari échoue, vous aurez à payer les intérêts et l'écart entre le prix d'achat et le prix de vente. |
J'aimerais savoir ce que veut dire futures mais j'ai honte de poser la question... |
Futures est tout simplement le terme anglo-saxon pour désigner les contrats à terme. Ces contrats sont des contrats de livraison sur des produits, mais servent avant tout de produits financiers. Ils portent sur un actif appelé sous-jacent et sur la quantité mise en vente. Ils définissent également un prix et une échéance au terme de laquelle le produit sera livré.
Les contrats à terme permettent donc de spéculer sur une évolution des prix à long terme sur des produits périssables ou des matières premières.
Si vous croyez à la hausse du prix du pétrole, en achetant un future sur le pétrole, vous pouvez compter le revendre avant son terme à un prix plus élevé que celui payé à l'achat. Ils permettent à l'inverse au producteur de déterminer son prix de vente à l'avance et ainsi de se protéger contre une soudaine baisse des cours. |
Comment passer un ordre de bourse ? |
Vous avez décidé d'acheter une ou des valeurs cotées en Bourse. Il vous faut donc passer à la pratique, c'est-à-dire passer un ordre de Bourse ; peut-être êtes-vous peu familiarisé, voire pas du tout, avec ce type d'opération. Pas de problème, laissez vous guider.
Avant tout, à qui vous adresser ? Il vous faut contacter un intermédiaire habilité, c'est-à-dire à une entreprise d'investissement ou un établissement de crédit (Banques, Caisses d'Épargne, etc.).
Ces intermédiaires agissent dans le cadre d'un monopole pour la fourniture de prestations d'investissement à des tiers. Vous devez donc passer obligatoirement par eux pour investir Bourse. Concrètement, pour un particulier, les banques et les courtiers internet sont les plus adaptés.
Vous n'avez que l'embarras du choix.
Que faut-il indiquer quand on passe un ordre ? Quel que soit le moyen de transmission de votre ordre à votre intermédiaire (lettre, téléphone -- pour lequel il vous sera demandé une confirmation écrite -- fax, minitel ou internet), il y a des indications obligatoires à respecter afin que votre ordre soit valide et exécuté dans la plus grande clarté, sans contestation possible. En voici une liste précise :
- le sens de l'opération, soit un achat, soit une vente
- le nom de la société, ainsi que la nature du titre, caractérisée par le code ISIN. Ce dernier indique le nom, la nature et le marché de cotation de chaque valeur. Cette dernière précision est donc de moins en moins demandée car le code ISIN fournit l'indication reprise en clair à l'écran ou sur le bordereau papier ou informatique.
- le nombre de titres souhaités (achat) ou proposés (vente)
- le règlement, au comptant ou au SRD. Par défaut, l'ordre sera considéré comme passé au comptant, c'est-à-dire payable à l'exécution.
- le type d'ordre, au marché, à cours limité, etc. (voir précédemment)
- le prix, cours demandé pour l'achat ou la vente
- la durée de validité, jour, à date déterminée (avec comme limite, pour les valeurs négociées au comptant, le dernier jour du mois), et à révocation (soit une année civile maximum). Attention : à défaut d'indication, c'est la durée jour qui est retenue.
Exemple :
Nous sommes le 1/09/05 et vous désirez acquérir 100 actions SUEZ au comptant et au prix limite de 22,40 euros, avec comme durée de validité le mois. Vous indiquerez :
Nom = SUEZ Code Isin = FR0000120529 Opération = achat Quantité = 100 Type = cours limité Cours/prix = 22,40 € Marché/règlement = comptant Validité = 31/09/05 |
La bombe des hedge funds |
Qui seront les prochains à exploser ? Tous les regards se tournent vers l'industrie des hedge funds. Ces fonds spéculatifs sont peu connus en France, si ce n'est d'un microcosme de professionnels de la finance. Du coup, ils ont mauvaise réputation.
Or, il n'y a pas de fumée sans feu. Est-on en train de découvrir qu'ils méritent cette réputation ? Peut-être.
Tirs de mortiers dans le paysage des hedge funds Le petit monde de la finance bruisse de rumeurs. L'une d'elle porte sur Wyser-Pratte Management Co., illustre inconnu jusqu'à aujourd'hui. Ma recherche sur Internet m'a laissée sur ma faim. Pas de site Internet consultable. J'apprends juste qu'il s'agit d'un fonds d'investissement dans des sociétés européennes sous-évaluées. Son patron est un franco-autrichien né en 1940 à Vichy – cela promettait – naturalisé Américain. L'homme s'est créé une réputation d'investisseur aux dents longues en rachetant des boîtes américaines dans les années 1970 et s'est lancé à la conquête du Vieux Continent dans les années 1990. Récemment, le fonds a pris des participations dans le capital de Valeo, de Maurel & Prom, d'Ingenico, de TUI.
Mais ses affaires ont l'air d'aller beaucoup moins bien, laissent entendre les rumeurs. Des fonds auraient été gelés. Plus moyens d'obtenir une date et une valeur pour retirer son argent.
En France, la société de gestion ADI est sur la sellette. Il s'agit de l'une des principales sociétés de gestion alternative de l'Hexagone. Elle gérait 4,4 milliards d'euros fin août. Combien lui en reste-t-il un mois plus tard ? Sans doute bien moins. ADI a fermé 5 fonds, ce qui représente 10 % de ses encours.
Ce gel s'appelle lock-up dans le jargon. Ceux qui ont mis leurs billes dans ces fonds doivent ronger leurs freins. Ils se précipiteront sans doute dès la réouverture pour récupérer leur argent. Une sortie massive de cash qui ne fera qu'empirer la situation des ces fonds.
Une salve de faillites n'est pas à exclure Ce ne sera sans doute pas une exception dans le paysage des hedge funds. Beaucoup en sont conscients, peu en parlent. Notre confrère, L'Agefi Hebdo, a senti le vent tourner. Il vient de sortir un dossier sur cette « industrie en danger ». Une mine de citations toutes plus anxiogènes les unes que les autres. La palme revient à Ken Heinz, président du Hedge Fund Research Inc : « 350 fonds ont été liquidés au cours du premier semestre 2008, soit une croissance de 15% sur un an. Et à ce rythme, nous anticipons la disparition de 700 fonds pour cette année. »
Cela va faire très mal dans le petit monde de la finance. 700 dépôts de bilan sur quelque 7 652 hedge funds enregistrés fin juin dernier, cela fait un taux de faillite de 10% environ. Même les banques s'en sortent mieux.
Qui plus est, les hedge funds n'auront pas la chance des banques d'être généreusement renfloués voire nationalisés, au motif que leur banqueroute ne risque pas de renverser le système.
Raccourci idiot. Les hedge funds sont de véritables pieuvres : ils ont étendu leurs tentacules dans de nombreuses entreprises. Ils sont devenus un maillon indispensable du financement de l'activité industrielle. Sans ces ressources financières, de nombreuses entreprises risquent d'aller encore plus mal qu'elles ne vont. Pas de quoi rassurer !
Et d'où vient leur argent ? Des retraites des petits ouvriers californiens. Sans rire, les hedge funds sont à l'origine des fonds de pension qui complètent le système anglo-saxon. Bien évidemment, les gérants de hedge ont aussi excellé dans l'invention de produits financiers nébuleux.
L'année dernière, on a découvert que des produits pourris avaient été dispatchés de par le monde, croyant que l'on en réduirait ainsi les vices cachés. Cela a donné la crise des subprime : à trop vouloir se débarrasser du risque, on se l'est repris en pleine tête.
Avec les hedge funds, on risque le même retour de boomerang. On découvre que ces fonds ont aussi des avoirs un peu magouillés mais nul ne sait dire combien et quand ils vont nous exploser à la tête. Il n'y a pas de fumée sans feu. Les hedge funds sont les nouveaux diables. |
J'aimerais savoir ce que veut dire fonds de gestion alternative mais j'ai honte de poser la question... |
Les fonds de gestion alternative sont des fonds spécialisés dans des techniques de gestion non conventionnelles.
Ils se servent de méthodes de gestion inaccessibles pour le particulier et utilisent de nombreux produits dérivés. Ces derniers, souvent très complexes, rendent illisibles les stratégies du fonds.
L'investissement dans un fonds alternatif est un investissement de confiance car on ne sait pas très bien sur quels secteurs et actifs le fonds va miser.
Ceux qui sont efficaces permettent d'investir profitablement, même en période de marché baissier. Ils utilisent, par exemple, la vente à découvert afin de miser sur une baisse des cours.
Ils ont également recours aux arbitrages pour se protéger d'un retournement de marché.
Ils investissent aussi sur des valeurs mobilières comme les matières premières. |
J'aimerais savoir ce que veut dire un ordre de vente à cours limité mais j'ai honte de poser la question... |
Un ordre de vente à cours limité vous permet de garantir un prix au-dessous duquel vos actions ne seront pas vendues. C'est l'ordre le plus utilisé, car il est très simple.
Si le cours de l'action vaut 100 € et que vous décidez donc de vendre, en plaçant un ordre à cours limité à 100 €, vos actions ne seront pas vendues à 99,99 €. Elles le seront à 100 € et plus.
En revanche ce type d'ordre présente l'inconvénient de ne pas être prioritaire. C'est le prix de l'exigence sur le prix de vente. Tant que les acheteurs trouvent des actions à un tarif inférieur, votre ordre n'est pas traité.
Si des vendeurs sont prêts à vendre leur titre pour moins cher, il se peut que vous ne trouviez pas preneur. Ne mettez donc pas votre ordre de vente à cours limité à un niveau trop haut si vous voulez liquider vos actions dans de bonnes conditions. |
Devenez cambiste durant vos loisirs |
Le Foreign Exchange Currency Market ou Forex (Fx) est le plus grand marché du monde avec 3 100 Mds$ échangés quotidiennement (selon la dernière enquête de la Banque des règlements internationaux). Pas de place centralisée, tous les échanges se font de gré à gré et pas de régulation globale.
Ainsi, les devises n'ont jamais une cotation fixe et égale partout dans le monde au même instant. Plus d'un tiers des transactions sont tout de même faites à Londres, qui reste la capitale du Forex devant New York.
Les principaux intervenants sont les banques pour plus de 50%, suivies des hedge funds et des gestionnaires de fonds institutionnels. De plus en plus d'investisseurs privés viennent se frotter au monde impitoyable du marché des changes, attirés par la facilité d'accès à l'information et la mise à disposition d'outils performants. De nombreuses plateformes informatiques permettent désormais à n'importe quel particulier d'investir facilement et efficacement sur le Forex.
Le Forex : la place où se fait la parité des monnaies Avec le Forex, vous pouvez rester scotché devant votre écran vingt-quatre heures sur vingt-quatre, six jours sur sept. Vous pouvez donc facilement intervenir en rentrant à la maison, le soir, en dehors des heures de travail. La liquidité de ce marché est telle qu'elle garantit des exécutions immédiates.
L'effet de levier fait rêver les nouveaux cambistes qui voient là une occasion de dynamiser leur capital, même faible. Certains brokers vous proposent des mini-comptes à partir de 100 $. Après avoir souvent été l'objet de soupçons, car non régulé et peu transparent, le Forex et ses intermédiaires sont désormais très suivis par les organismes de contrôle tels que la NFA, la FSA ou encore l'AMF.
Si on ajoute à cela la grande guerre que se livrent les courtiers pour séduire un maximum de nouveaux clients, le trading sur Forex devrait devenir le terrain de jeu privilégié de l'investisseur individuel dans les années à venir.
Le Forex : mode d'emploi Ouvrez un compte spécial (un compte Forex). Faites votre choix parmi les dizaines de courtiers qui vous proposeront des plateformes de trading différentes, adaptées à votre style. Certaines vous ouvrent les voies du trading automatique ou assisté par robots, d'autres vous donnent accès à des flux de news en temps réel jusque-là réservés aux élites. Des outils d'analyses graphiques et des calendriers de statistiques commentés sont autant d'outils qui vous serviront à affiner votre méthode.
La plupart des brokers vous offrent la possibilité de tester leur service sur des comptes de démonstration qui reproduisent presque à l'identique les conditions réelles de marché. Vous pourrez ainsi vous essayer à investir des milliers d'euros fictifs sans risque et vous entraîner.
L'EURUSD : la star incontestable Les devises les plus "travaillées" sont le dollar US, l'euro et le yen... suivis de près par la livre sterling.
La cotation de ces devises se fait par paire : une devise est toujours évaluée par rapport à une autre. Ainsi, quand vous achetez de l'eurodollar (symbole: EURUSD), vous vendez des dollars US et achetez des euros. Vous spéculez donc sur la hausse de l'euro face au dollar. Près de 27% des échanges concernent la paire EURUSD.
Aucun marché au monde n'est plus réactif à la macro-économie que le Forex. Il nécessite d'analyser les prévisions et statistiques mondiales. L'inflation fait partie des données les plus scrutées car elle la politique monétaire des banques centrales qui fixent le taux directeur principal. Pour faire simple, un taux directeur fort permet de lutter contre l'inflation et soutient le cours d'une devise dont le rendement est lié au taux.
Un marché éprouvant Tous les traders Forex vous le diront : la gestion du risque et celle de vos émotions seront les pierres angulaires de votre réussite.
La volatilité est énorme. L'utilisation d'un effet de levier trop élevé et une mauvaise gestion de votre exposition vous conduiront directement à la banqueroute. Vos nerfs seront mis à rude épreuve face à des mouvements d'une ampleur rare (regardez la chute de l'euro face au dollar de ces dernières semaines ! Il est passé de 1,60 à 1,40 en quelques jours).
Le Forex est un marché moderne, en pleine expansion (+ 69% d'échanges en plus depuis 2001) et bien adapté à la recherche de hautes performances. Si vous cherchez à dynamiser vos placements, le Fore x est peut-être fait pour vous... Mais soyez conscient des risques. |
Investir dans les trackers ? |
Pour l'investisseur particulier, investir sur un secteur par le biais d'un fonds indiciel, ou tracker, présente de nombreux avantages. Le concept du fonds évite d'avoir à choisir une entreprise cotée parmi une myriade. Avec une seule ligne en portefeuille, on répartit son investissement sur toutes les sociétés qui rentrent dans l'indice suivi par le tracker.
Ce type de fonds, qui est coté en continu, est plus liquide qu'un fonds activement géré : il se négocie en quelques clics de souris durant chaque séance boursière. A l'inverse, acheter ou vendre un fonds activement géré ne peut se faire qu'aux périodes de liquidation : une fois par jour, par semaine ou même par mois pour certains instruments complexes.
Enfin, les performances des trackers sont en moyennes supérieures à celle des fonds activement gérés. Rappelons-le, seuls 10% des gérants arrivent à faire mieux que leur indice de référence. Dans ce cas, on est ravis de payer leurs honoraires, plus élevés que les frais des trackers.
Mais pour ces gérants-là seulement. Sans surprise, les investisseurs sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les fonds indiciels qui se sont popularisés.
Pour ces raisons, les établissements financiers multiplient les trackers, appelés aussi ETF, comme Exchange Traded Funds. Mais, comme souvent, le principe initial tend à être dévoyé. Pour pouvoir faire simple vis-à-vis du client, l'ETF dit répliquer un grand thème porteur, par exemple l'eau, les biotechnologies, les énergies renouvelables, les nanotechnologies...
Les financiers créent ainsi des indices au gré des thèmes à la mode. Seul ennui, tous les grands thèmes à la mode ne se prêtent pas au procédé. En se penchant sur certains fonds indiciels, on s'aperçoit que la "grande idée" est très inégalement indicielle, on s'aperçoit que la "grande idée" est très inégalement représentée.
Prenons deux exemples. Le premier est l'eau. Les acteurs qui interviennent dans l'eau sont très divers : fabricants d'équipements de traitement et d'assainissement, entreprises de services, propriétaires de réseaux d'adduction. Ces derniers sont bien évidemment attachés à une région géographique.
Dans un tracker eau, j'ai cependant repéré Danone et Nestlé, au motif que ces deux entreprises faisaient partie du secteur puisqu'elles embouteillaient de l'eau minérale. Un peu spécieux pour quelqu'un qui souhaite investir dans l'eau en raison des difficultés d'accès à l'eau dans les pays émergents, ou la lutte contre la pollution des nappes phréatiques.
Autre exemple : les nanotechnologies. C'est un secteur porteur de promesses mais encore embryonnaire. La plupart des acteurs purs des nanotechnologies sont des jeunes pousses. Celles qui sont cotées sont souvent de petite taille.
L'achat de leurs actions par un ETF bouleverserait leur vie boursière, car les volumes d'échange augmenteraient massivement au regard de leur capitalisation. En regardant les trackers qui se disent "nanotech", on s'aperçoit qu'ils comportent de grandes entreprises pour lesquelles le chiffre d'affaires nanotechnologique est microscopique... Pour ne pas dire nanoscopique. Ainsi, DuPont, IBM, General electric, 3M, Intel sont des acteurs importants des nanotechnologies.
Mais quant à penser que l'essentiel de leur chiffre d'affaires et de leurs bénéfices en dépendra, c'est une autre affaire.
Les ETF restent un très bon support à condition que la grande idée sur laquelle vous souhaitez investir comporte déjà suffisamment d'acteurs cotés spécialisés. Dans tous les cas, veillez à vérifier les lignes qui constituent 70 à 75% du tracker sur lequel vous avez jeté votre dévolu. |
Profitez des outils de votre courtier |
Certains courtiers ont développé des logiciels qui vous permettent d'ajuster automatiquement vos "stops" en fonction de la volatilité de l'action et des marchés. Utilisez-les, mais n'en abusez pas. Rien ne remplace le bon sens.
Servez-vous de l'analyse technique pour déterminer vos niveaux : s'il y a un domaine où elle est précieuse, c'est bien celui-là.
Assurez-vous régulièrement de la limite dans le temps de validité de vos ordres. En général, il convient de les renouveler en fin de mois.
La plupart des places financières, sauf Londres, acceptent les ordres de vente "stop".
Chez la majorité des courtiers les ordres de vente "stop" simples sont gratuits.
Certains gestionnaires d'assurance vie proposent des contrats avec ordres de vente "stop" et réallocation automatique des actifs. |
Actualit�s : MoneyWeek
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Matières premières : les vraies choses nous trahissent... mais pas indéfiniment |
Les matières premières ont été "massacrées par la baisse la plus agressive de l'histoire de leur marché", indique l'analyste Lawrence Eagle de JPMorgan.
L'indice CRB a touché un plus bas de cinq ans. Vous avez certainement remarqué que le prix du pétrole a été divisé par trois (mais, hélas, pas celui du carburant). Le cuivre a baissé de 60% depuis son plus haut de juillet. Le platine et le palladium ont perdu 66% de leur valeur depuis mars. J'arrête ici ma litanie baissière. Les matières premières vont aussi mal que les marchés financiers. Phénomène rarissime dans l'histoire, leurs cours se retrouvent corrélés à celui des vulgaires actifs papiers. Rarissime donc, mais durable ?
Les sombres cumulus de la morosité économique Les analyses macroéconomiques ne sont guère réconfortantes. La Chine ralentit plus que prévu : sa croissance 2009 sera finalement en-dessous de 8%, son plus mauvais score depuis 1990. Or la Chine est le plus gros consommateur de minerais de fer, d'aluminium, de zinc et de cuivre. Rien que pour ce dernier métal, sa demande a baissé de 14% sur 12 mois. Le plan de relance ne compensera que partiellement la baisse d'appétit.
L'industrie automobile est dans une ornière profonde. Les Big Three (General Motors, Ford et Chrysler) mendient un kit de survie auprès du Congrès américain. Les constructeurs européens voient également leurs ventes s'effondrer. C'est autant de demande de métaux en moins.
Nul ne se hasarde plus à prédire une date de reprise économique. Certains professionnels des métaux espèrent voir leur horizon s'éclaircir en 2010. Nos deux indicateurs avancés sont en berne. Les stocks de cuivre à Londres sont en forte hausse et sont revenus au niveau de début 2004. C'est le signe que l'activité industrielle à moyen terme ne va pas décoller. L'indice de fret maritime BDI (vrac sec et transport de métaux, de minerais et de charbon) s'est effondré, passant de 11 800 à 700. C'est un plus bas depuis 21 ans, 1987 très exactement. Cet indice est un signe de future activité industrielle. Son horizon de temps est plus éloigné que celui du cuivre, les transports en vrac se situant très en amont du cycle industriel.
Les soubresauts nerveux de la spéculation Pour assombrir le tableau, il n'y a pas que les fondamentaux. Les fonds de couverture et les fonds de retraite ont fui les matières premières. Beaucoup y ont laissé des plumes et ne sont pas prêts d'y revenir. "Au moment du sommet de la spéculation pétrolière, les options et les contrats à terme avaient vu leur nombre se multiplier par cinq en quatre ans, dépassant de façon totalement irrationnelle la véritable demande physique", notent nos confrères anglais.
Les spéculateurs survivants ont maintenant empilé les paris baissiers, les contrats de vente à découvert, amplifiant comme d'habitude la tendance sous-jacente.
A moyen terme, les matières premières seront un marché baissier et chaotique. Faut-il pour autant le déserter ? Non bien sûr. Car la situation actuelle porte les germes du futur déséquilibre de demain. Le retour de balancier sera très violent.
Les germes du boom de demain L'Indonésien PT Inco réduirait de 20% sa production...
Norsk Hydro envisage de fermer une usine norvégienne...
Nyrstar réduit encore sa production...
Voici un échantillon de trois annonces publiées le 3 décembre. Une journée très ordinaire. Des annonces de fermeture de mines, ou de mise en veilleuse, il y en a plusieurs par jour.
Et pendant ce temps, "le prix des déchets a tellement reculé que la collecte est en train de s'effondrer", commente La Tribune des métaux.
Il ne faut pas oublier que la croissance mondiale restera positive en 2009, grâce aux pays émergents. Lorsque l'offre se sera asséchée en raison de prix insoutenables pour les producteurs qui auront jeté l'éponge, tous les ferments de la nouvelle hausse lèveront. Le prix des matières premières repartira alors violemment à la hausse. Probablement avant les marchés actions.
Publicité éhontée : aujourd'hui, un nouveau numéro de MoneyWeek est disponible en kiosque. Le dossier central vous explique pourquoi les Etats-Unis sont plus malades que beaucoup veulent bien le dire et qu'ils ne sont pas prêts de nous tirer d'affaire en renouant avec la croissance.
Ensuite, notre confrère Philippe Béchade, spécialiste des marchés, participe à une émission sur BFM, "les grands débats de l'économie" entre 11h et 12h. Vous pourrez le réécouter sur le site de la radio. |
Les effets d'un baril 'bon marché' |
L'or noir a perdu plus de 50% en trois mois et demi. Le baril vaut désormais moins de 50 $. Le 11 juillet dernier, il pointait pourtant son nez à 147,50 $ et allait s'attaquer à la barre psychologique des 150 $. Pour tenter de stopper l'hémorragie, les membres de l'OPEP (l'Organisation des pays exportateurs de pétrole) se sont réunis en urgence à Vienne. Que s'est-il passé depuis la mi-juillet, pourquoi un tel retournement ?
La flambée du brut était due à des craintes sur la production de pétrole et sur la consommation. Les stocks de brut américains alimentaient les rumeurs et chaque annonce d'une baisse des stocks provoquait un mini-pic. Les pays émergents, Chine en tête, deviennent de plus en plus gourmands en matière première et en énergie. En d'autres termes, la quantité de pétrole était trop faible pour alimenter l'activité mondiale.
Mais, depuis, la crise financière s'est intensifiée et la récession frappe les grandes économies développées. Après la France, touchée officiellement par la récession au troisième trimestre, l'économie britannique vient de connaître sa première baisse de production depuis 1992.
Selon le ministre du Pétrole iranien cité par l'AFP, Gholam Hossein Nozari, "compte tenu de la baisse de 8% à 10% de la demande et l'état des stocks, je pense qu'une baisse de l'offre de 2 à 2,5 millions de barils par jour peut stabiliser le marché". L'OPEP a décidé d'abaisser sa production d'1,5 million de baril par jour (bpj) à partir du 1er novembre, pour tenter de rééquilibrer le rapport entre offre et demande.
Les pays producteurs ont été sensibles aux arguments des pays occidentaux qui leur demandaient de ne pas trop serrer le robinet. Ces derniers craignent qu'une remontée des cours du pétrole ne pénalise un peu plus nos économies développées et n'aggrave la récession. Les exportateurs de pétrole espèrent ainsi faire remonter les prix ou tout du moins en modérer la baisse.
Mais ils ne semblent plus avoir de prise sur les cours de leur principale ressource financière. Le jour de l'annonce, le baril a perdu près de 5%. À en croire les marchés, il n'y a plus de souci à se faire en ce qui concerne les réserves de pétrole.
Si les pays du Golfe font grise mine à la vue des cours de l'or noir, le reste du monde s'en félicite. Lorsque le prix du baril baisse, c'est toute l'industrie qui respire. Les coûts diminuent nettement et les prix suivent (en théorie) le même chemin. L'impact pourrait donc s'avérer très positif pour la croissance.
Un effet limité en Europe Mais les effets visibles se font attendre. Les prix à la pompe, qui avaient grimpé en flèche, n'ont pas diminué dans la même proportion que ceux du baril. Selon les données mensuelles de l'UFIP (Union française des industries pétrolières), le prix du gazole a perdu environ 12% depuis son plus haut au mois de juin. À 1,24 euro/l, son prix est encore supérieur de 4 cent à celui de février dernier.
Comment expliquer une telle différence entre la baisse des cours et la baisse des prix à la pompe ? D'une part, les taxes sur le carburant nivellent naturellement l'effet sur les prix. Hors taxe, le gazole a perdu 20% depuis juin. D'autre part, et c'est là le plus important, la nette remontée du dollar pèse sur nos importations.
Les cours du pétrole sont libellés en dollar. La monnaie européenne achète de moins en moins de billet vert. Les 60 $ du baril valent de plus en plus d'euros. Les entreprises européennes, pas plus que les stations-service, ne peuvent répercuter la même baisse que les firmes américaines.
Après l'euro fort qui pénalisait nos exportations, on subit désormais l'effet inverse. Il était peut-être irrationnel de plaider pour une hausse du pouvoir d'achat et récriminer contre une monnaie unique forte. À l'inverse, les prix de l'essence au Canada connaissent un plus bas depuis septembre 2007 passant sous la barre des 1 $ canadien, soit environ 0,62 euro. L'Europe est très loin de retrouver de tels niveaux.
Un risque à long terme En pensant le marché sur le long terme, on peut s'inquiéter de ce reflux du prix de l'or noir. À de tels niveaux, certains puits ne sont plus rentables. C'est le cas des gisements en eaux profondes et dans les sables bitumineux du Canada, sans compter les quelques exploitations en France. Ce désamour pour ces sources onéreuses pourrait provoquer de fortes turbulences à l'avenir. Les risques de pénurie au moment d'un redémarrage économique sont d'autant plus grands.
La baisse du cours risque également de pénaliser les investissements en recherche et développement ainsi qu'en exploration nouvelle. L'industrie pétrolière, après avoir surfé sur la vague d'un baril à plus de 100 $, est désormais lourdement pénalisée en bourse. Le fleuron tricolore, Total, a ainsi perdu près de 30% depuis trois mois à la Bourse de Paris. |
La récession sous le sapin |
Les mois se suivent et... se ressemblent. Du rouge sur les marchés, dans nos portefeuilles et bientôt sur le costume du papa Noël.
Depuis le début de l'année, à Wall Street, le Dow Jones abandonne 39% et le Nasdaq 47%. En Europe, Paris chute de plus de 46% sur 11 mois et l'indice Euro Stoxx 50 de 49%. Dégringolade également pour le Nikkei : -49% depuis le 1er janvier dernier. N'en jetez plus. De toute façon, il ne reste plus grand-chose à jeter à ce rythme là.
Qu'y a-t-il dans la hotte des banquiers centraux ? Même la Banque centrale américaine n'a plus que quelques cartouches en main pour sauver son économie, elle qui a réduit son taux à 1%. Mais vu le dérapage de l'économie, Ben Bernanke n'exclut pas de toucher à nouveau au taux directeur, "même si la politique des taux traditionnelle est limitée par le fait que les taux d'intérêt nominaux ne peuvent tomber en deçà de zéro".
A la Banque centrale européenne, la frilosité est toujours là. Pourtant, "la BCE n'a pas d'autres choix que de baisser ses taux", argumente Jérôme Revillier, dans l'Edito Matières Premières & Devises de lundi. "Et le repli de l'inflation lui permet de frapper fort. La vraie question est de savoir quelle sera l'ampleur de la baisse. Le consensus table sur un repli du taux directeur de la BCE de 50 points de base. Mais la probabilité d'une baisse plus forte, de 75 points de base, semble également très plausible." Dans l'un ou l'autre cas, il ne faut pas s'attendre à un miracle. "Quelle que soit la décision prise, elle devrait peser négativement sur l'euro", prévient Jérôme Revillier.
Les banquiers centraux ont beau se creuser la tête et appeler à des plans de relance énergiques, la sortie du tunnel est encore loin. Le patron de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, a averti les marchés lundi : "la durée probable de la tourmente financière est difficile à apprécier et de ce fait les incertitudes entourant les perspectives économiques sont exceptionnellement amples. Mais même si le fonctionnement des marchés financiers continue de s'améliorer, les conditions économiques resteront sans doute faibles pendant un moment". En clair, c'est grave et nous ne sommes pas sortis d'affaire.
Les Etats-Unis sont en récession depuis 12 mois déjà. Eh oui, malgré un bilan plutôt positif au premier semestre, l'économie américaine a trébuché dès décembre 2007, selon le Bureau national de la recherche économique (NBER).
Il n'en fallait pas plus lundi, premier jour de décembre, pour précipiter à nouveau les marchés dans le rouge. Les places américaines ont respectivement perdu 7,70% pour le Dow Jones et 8,95% pour le Nasdaq.
Des cadeaux et des lingots Ne croyez pas que la ruée dans les magasins américains vendredi dernier, lors du Black Friday, soit le signe d'une reprise outre-Atlantique. Bien au contraire, les consommateurs américains étranglés par la récession se sont uniquement jetés sur les rabais qui ont atteint 70%. Bilan : 372 $ dépensés en moyenne par tête de pipe, soit une hausse de 7,2% par rapport à 2007, et un employé mort piétiné dans les allées d'un Wal-Mart.
"Selon la National Retail Federation, association professionnelle des détaillants, l'Américain moyen consacrera cette année 816,69 $ à ses achats de fêtes de fin d'année, soit seulement 1,9% de plus qu'en 2007. Il s'agit de la plus maigre progression depuis 2002", rapporte Le Figaro.
Chez nous, le budget Noël subira lui aussi un tour de vis : -5% à 527 $, selon le cabinet Deloitte. Dont 291 $ pour les cadeaux (-6,7%) et 159 $ pour la ripaille (-2%). Selon le baromètre du vendeur de joujoux La Grande Récré, c'est plutôt 221 $ qui seront consacrés aux cadeaux par foyer.
Cette année, le cadeau sera utile, prédit Deloitte dans son étude. Alors pourquoi ne pas s'offrir un petit baril ? En ce moment, le pétrole est bradé. Les cours sont tombés à des niveaux jamais atteints depuis 2005, autour des 46-47 $. Un niveau insoutenable pour le cartel pétrolier de l'OPEP qui ne peut que constater son impuissance à influencer sur les prix.
Ou bien un lingot, très pratique en presse-papiers ou pour caler des ouvrages dans une bibliothèque. A 772 $, l'or aussi est soldé. "Depuis le début du XXIe siècle, le métal précieux est entré dans une phase prodigieuse, s'appréciant en une décennie à peine de près de 280% de sa valeur", analyse Marc Dagher dans Le Billet du Trader. L'or devrait tirer son épingle du jeu, prévient-il : il y a encore 100 à 150% à prendre sur l'once d'or.
Les Français veulent de l'argent à Noël. Offrez-vous de l'or. C'est sans doute un des meilleurs moyens pour se refaire une peau. |
Grande distribution : une pilule difficile à avaler |
Inflation, déflation, quelles que soient les circonstances, le secteur de l'alimentaire fait grise mine. Petit coup d'oeil sur les géants du secteur.
Les distributeurs étranglés Avec la chute du pouvoir d'achat, nous n'avons pas hésité à couper toutes les dépenses possibles. La nourriture n'a pas fait exception. Résultat, les distributeurs ont du mal à garder la tête hors de l'eau, et le paient en Bourse.
Carrefour a ainsi vu son cours s'effondrer de 46% depuis le début de l'année et a perdu près de 37% en cinq ans. Autre Français, Casino a chuté de plus de 37% depuis janvier, et totalise une baisse de 40% sur cinq ans. Même le champion du secteur, le Britannique Tesco, n'est pas à la fête. La chaîne de supermarchés a pourtant réalisé une hausse de plus de 16% à la bourse en cinq ans – nettement mieux que ses concurrents français donc, mais a perdu 39% depuis le 1er janvier dernier.
Le cours de Tesco se porte tout de même mieux que celui de ses concurrents anglais Sainsbury (-34% depuis le 1er janvier, et -6% en cinq ans) et Morrison, mais le distributeur commence à sentir le vent de la crise. D'après les analystes, son cours pourrait encore chuter de 20%. D'ailleurs, nombreux sont ceux qui le recommandent à la vente, comme Clive Black, de Shore Capital, et Tom Gadsby de la Société Générale.
Le modèle de Tesco, qui avait jusqu'ici fait son succès, est désormais à la peine. Le distributeur a en effet misé sur une stratégie d'expansion géographique, mais voit ses ventes ralentir dans les pays qui avaient pourtant contribué à son succès. Ainsi, il traverse une période difficile en Hongrie, en Pologne et en Corée du Sud. A tel point que Tesco a affirmé à Shore Capital qu'il prévoyait une croissance de ses ventes de seulement 2%, contre 3 à 4% prévus initialement.
Relativisons tout de même, Tesco reste l'un des acteurs du secteur en meilleure santé. Surtout comparé à l'indice distribution-alimentation de la Zone euro. Il a fait -43% depuis le début de l'année et -33% sur cinq ans.
De l'air ! Afin de regagner une certaine marge de manoeuvre et de respirer à nouveau, les distributeurs cherchent à reporter la pression qu'ils subissent sur d'autres, c'est-à-dire sur leurs fournisseurs.
Tesco a ainsi récemment tenté de faire passer les délais de paiement à ses fournisseurs de 30 à 60 jours. "Plus grande sera la détresse dans le domaine de la distribution, plus nous assisterons à ce genre de choses", note David Stoddart, analyste chez Altium Securities. Quand ils ne parviennent pas à négocier de délais auprès des fournisseurs, les distributeurs tentent d'obtenir des rabais de leur part. Leur objectif est double. Ils cherchent à faire baisser les prix afin d'être ensuite eux-mêmes en mesure d'offrir des promotions à la période de Noël. Ils espèrent aussi disposer de plus de fonds afin d'éviter d'emprunter aux banques, voire même pour certains de parvenir à les rembourser.
Au début de l'année, les producteurs avaient augmenté leurs prix, à la suite de la hausse des cours des matières premières. Maintenant que ces derniers sont redevenus plus raisonnables, les fournisseurs subissent une pression accrue de la part des distributeurs afin de réajuster à la baisse leurs étiquettes. Une situation qui peut donner lieu à des blocages, comme cela a récemment été le cas en France, alors que les agriculteurs ont déclaré être pris à la gorge.
Le débat ne fait de toute façon que commencer : face à des consommateurs en demande d'une baisse des prix, fournisseurs et distributeurs se rejettent la responsabilité et s'accusent mutuellement d'en profiter pour augmenter leurs marges.
Quelle que soit la part de responsabilités, la situation s'annonce difficile pour les fournisseurs.
En Angleterre, le magazine anglais Investors Chronicle cite plusieurs fournisseurs alimentaires à éviter : Uniq, qui a déjà annoncé un avertissement sur résultats, Robert Wiseman, qui affirme avoir besoin d'augmenter le prix de son lait pour faire face à l'inflation, Tate & Lyle, lourdement endetté, ou encore Premier Foods, Finsbury Food et Zetar. Une liste suffisamment longue pour comprendre qu'il faut se tenir à l'écart du secteur pour l'instant.
En France, si vous possédez des actions d'entreprises alimentaires, comme Entremont, Duc, LDC, Brossard, Bonduel… surveillez-les de près. |
Le chômage, ennemi public numéro 1 |
Le pouvoir d'achat n'est plus la première préoccupation des Français. Le sondage TNS Sofres/La Croix le révèle : en octobre, le chômage lui est passé devant pour 33% des Français, toutes catégories socioprofessionnelles, régions ou âges confondus. Une crainte qui malheureusement n'est pas sans fondements.
Des chiffres alarmants Ainsi, le directeur général du Bureau international du travail a donné la mesure du problème le 20 octobre : "D'ici la fin 2009, le monde devrait compter 210 millions de chômeurs ou plus, en fonction de l'impact de la crise financière." C'est 20 millions de plus qu'en 2007. Entre-temps, la crise financière est passée par là. Elle est à l'origine "d'une crise sociale qui s'annonce longue et sévère", selon Juan Somavia.
Les derniers chiffres de l'Unédic confirment que l'Hexagone ne passera pas à côté du fléau. Fin 2008, 46 000 personnes viendront grossir les rangs des chômeurs. Et contrairement à ce qu'espérait l'assurance chômage, la décrue ne sera pas pour la fin de l'année mais pour... 2011. Pour l'OCDE, le taux de chômage en France pourrait s'élever à 7,6% en 2009, contre 6% dans la zone euro.
Des PME fragiles Le pessimisme s'explique. Avec un pouvoir d'achat en berne, les Français limitent leurs dépenses. Les résultats des entreprises en subissent les conséquences. Pour faire face à leurs charges, à leurs investissements, elles ont besoin de crédits.
Mais les banques au bord de la faillite jouent les abonnés absents. Selon une enquête de la chambre de commerce et d'industrie de Paris, 20% des petites et moyennes entreprises avouaient ressentir le durcissement des conditions de crédits. Un problème qui risque de faire vaciller ces entrepreneurs, qui trop souvent jouent le rôle de banquiers pour les plus grandes entreprises, à en croire le Comité Richelieu. "Vu la longueur des délais de paiement, les PME supportent la trésorerie des autres", évoque cette association française de PME innovantes.
En France, on recense 1,3 million d'entreprises de moins de 10 salariés, 236 000 emploient de 10 à 50 salariés. En février 2008, le ministère de l'Economie et l'Oseo estimaient que 55% de la population active travaillaient dans les PME. Ces dernières ont été à l'origine de 2,3 millions de nouveaux emplois sur un total de 2,8 millions, au cours des vingt dernières années.
Alors si les PME s'écroulent, la menace du chômage devient plus aiguë. Mais se sachant fragiles, les patrons se refusent à embaucher. En région parisienne, selon la CCI, ils ne sont que 18% à envisager un recrutement dans les six prochains mois. C'est 6% de moins que l'an passé.
Pas de croissance. Pas d'embauches Le feront-ils ? Le ralentissement économique est bien réel. Croire en 1% de croissance dans l'Hexagone, c'est être optimiste aux dires même de bien des membres du gouvernement. Pour le FMI, un simple 0,2% est plus plausible. De quoi faire hésiter les employeurs à investir sur l'avenir.
D'autant qu'ils peuvent en cas de sursaut d'activité faire appel à l'intérim – aujourd'hui en chute libre – ou mieux aux heures supplémentaires défiscalisées. Selon Eric Heyer, de l'Observatoire français des conjonctures économiques, cité dans L'Expansion, "en période de ralentissement économique, on constate normalement une diminution des heures supplémentaires. Là au contraire, on constate une progression, alors même que le volume d'heures travaillées diminue." Ainsi, la mesure gouvernementale destinée à augmenter le pouvoir d'achat des Français amplifie la montée du chômage.
L'efficacité des mesures en question Reste qu'en pleine tourmente, le gouvernement n'a pas souhaité rester les bras croisés à attendre la chute des PME. Un plan de 22 Mds€ a été annoncé. Ce montant sera mis à disposition des banques pour qu'elles renforcent leurs crédits aux entreprises. Des sommes qui seront "sous haute surveillance", promet Hervé Novelli, secrétaire d'Etat chargé entre autres des PME.
Parallèlement, au niveau européen, la banque européenne d'investissement va mettre à disposition 30 Mds€, dont 3 à 4 sont destinés à la France pour aider les PME. Les représentants des PME préféreraient que les organismes d'Etat diffèrent d'un ou deux mois la collecte de leurs impôts, comme l'a décidé l'Unédic. Une mesure qui pourrait coûter 12 M€ à l'assurance chômage. Si la Sécurité sociale devait faire de même, la facture s'élèverait à 10 Mds€ selon Eric Woerth, ministre du Budget. Ce n'est pas à l'ordre du jour.
Pour distiller son aide, l'Etat fait confiance aux banques. Auront-elles à coeur de réparer leurs erreurs ? En attendant, le chômage grimpe.
Première parution : 23/10/08 |
Qui veut encore de mon baril de pétrole ? |
Si les membres de l'OPEP étaient à Vienne ce week-end, ce n'était pas pour danser une valse. Pourtant, la "réunionite" du cartel pétrolier est aussi répétitive qu'une valse à trois temps.
De cette derrière réunion, on connaissait déjà la musique. L'OPEP, qui contrôle environ 40% de la production mondiale, fait des cauchemars depuis que le prix du baril a chuté autour des 50 $ et que ses principaux clients sont à la diète forcée. Les rentrées de pétrodollars ont fondu et l'organisation menace de fermer ses robinets en espérant que les prix remontent.
Menaces sans grands effets. En octobre, le cartel a réduit sa production de 1,5 million de barils par jour (mbj pour les intimes) sans que les prix repartent à la hausse. La production totale de pétrole dans le monde était de 86,5 mbj au troisième trimestre 2008, selon l'Agence Internationale de l'Energie (AIE). La réduction de l'OPEP correspond à moins de 2% de ce total. L'organisation peut bien menacer, force est de constater qu'aujourd'hui son influence s'est réduite à peau de chagrin.
Si l'OPEP seule serre un peu plus ses robinets, les prix ne reviendront pas pour autant sur le chemin de la hausse.
Spéculation et récession, le couple infernal Durant toute la première moitié de l'année, les prix du brut se sont envolés, jusqu'à flirter avec les 150 $ le baril. L'OPEP n'y était pas pour grand-chose. Le pétrole faisait alors figure de valeur refuge. Les spéculateurs s'étaient entichés du baril, qui les protégeait contre la chute du dollar. L'or noir était devenu, comme l'or jaun | |